J’ai 10 ans. Oxmo Puccino : "Une enfance assez laborieuse"

Oxmo Puccino est un amoureux des mots. Passionné, ce rappeur idéaliste propose des mélodies puristes qui nous transportent. De poète du hip-hop, il est devenu artiste universel.

S’il commence à écrire pendant son adolescence, c’est à 20 ans que son nom apparaît sur différents projets musicaux. En 1998, le titre Mama Lova le fait connaître du grand public. Dans la foulée, sort son  premier album studio, Opéra Puccino qui sera certifié disque d’or.  

Après la sortie de son troisième opus en 2004, Cactus de Sibérie, il part faire une grande tournée de concerts dans toute la France. En  2006, dans Lipopette Bar, il rend hommage à la chanteuse de jazz Billie Holiday. Il remporte deux Victoires de la Musique du meilleur album de musique urbaine, pour ses disques  L’arme de Paix (2010) et Roi sans carrosse (2013).

Son premier roman Les réveilleurs de soleil vient de paraître chez Jean-Claude Lattès, dans la collection la Grenade. Ce conte humaniste est un voyage au sein d’un pays imaginaire où les plantes ne poussent plus car le soleil a décidé de ne plus se lever…

Dans la chambre de mon ami Gaël, il y avait pas loin de la fenêtre, posé par terre, ce petit synthétiseur. On l’a allumé, j’ai joué avec et ce jour-là j’ai pris un choc qui ne m’a jamais quitté.

franceinfo : “Assez laborieuse”,  c’est en ces termes que vous qualifiez votre enfance, pourquoi ?

Oxmo Puccino : Je me suis toujours senti décalé dans le monde dans lequel j’évoluais. Je pense qu’il a fallu que je plonge dans l’acceptation du statut d’artiste pour que j’accepte ce décalage. 

Vous étiez donc un petit garçon du genre rêveur ?

J’étais très pensif, rêveur et en manque de réponse sûrement. Avec le temps, le manque de réponses, et la confrontation, fait qu’on devient un peu plus agressif, et c’est ce qu’il s’est passé. 

Vous avez vécu vos toutes premières années de vie au Mali. Quels souvenirs vous reste-t-il de ces moments ?

L’ocre, c’est-à-dire la poussière rouge, la terre rouge du Mali, de Ségou. Cette poussière qui rentre dans les malles fermées à clé. J’ai souvenir des couleurs, des caméléons, du singe qui était dans la cour de ma grand-mère. De mes cousins, de mes cousines, des gens qui parlent fort. Des moutons aussi !

Votre passion c’était la musique. Votre rêve de gosse était d’avoir un synthétiseur et un ordinateur…

Tout simplement, un synthétiseur, j’en parle tout le temps parce que je me rappelle très bien de la chambre de mon ami Gaël que je fréquente encore. Il va kiffer que je parle de lui ! Il habitait au huitième ou douzième étage, on ouvrait la porte au fond du couloir à droite, il y avait sa chambre et pas loin de la fenêtre, par terre, était posé ce petit synthétiseur. On l’a allumé, j’ai joué avec, et ce jour-là j’ai pris un choc qui ne m’a jamais quitté. 

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