«J’aurais aimé petite voir des joueuses dans "FIFA"», confie Lisa Freestyle

Il est bien là, comme chaque année, à la même période. FIFA 21 est disponible depuis vendredi sur PS4, Xbox One et PC, et devrait s’imposer comme le jeu le plus vendu de l’année. Mais la génération actuelle de consoles étant en fin de vie, il ne faut pas non plus s’attendre à une grande révolution (ce sera peut-être pour les PS5 et Xbox Series). L’édition 2021 approfondit ainsi ce qu’elle avait mis en place l’année dernière, avec l’incontournable FIFA Ultimate Team, le nouveau mode carrière et surtout Volta football, qui ramène les joueurs dans la rue et donc au bon souvenir de FIFA Street.

Ils croiseront sur leur lancée, ou plutôt se prendront un petit pont par, la Française Lisa Zimouche, alias Lisa Freestyle, reine du foot freestyle, des réseaux sociaux et maintenant personnage à part entière de FIFA 21, à défaut d’être jouable (comme le DJ Diplo ou le boxeur Anthony Joshua). Après
l’intégration d’équipes féminines dans FIFA 16, Lisa Zimouche est la preuve, avec d’autres joueuses et ambassadrices, que la franchise s’ouvre à plus de diversité et d’inclusivité. A son rythme. 20 Minutes l’a rencontrée pour une interview hop hop, c’est le but, vous avez rien vu.

Comment est née cette passion pour le foot ?

Je viens de banlieue parisienne, d’un quartier où il y avait des city stades et pas grand-chose d’autre à faire. Tous mes amis et amies jouaient au foot. J’ai commencé à toucher le ballon petite, avant de m’inscrire en club à 7 ans, tout en continuant à jouer tous les jours en bas de chez moi. Sans oublier le foot à la télé, la Coupe du monde, la Ligue 1.

Vous êtes ensuite passée du foot au freestyle, pourquoi ?

J’ai commencé le freestyle vers 10 ans, en parallèle du foot en club. J’étais en U16 au PSG, avec des joueuses actuellement en Division 1. A un moment, je faisais tout, trop, avec l’école, le foot, le freestyle… Il fallait faire un choix, et ce fut naturel. Le freestyle me ressemble plus, cela reste avec un ballon, dans le milieu du foot, mais il y a une liberté que j’aime bien, il n’y a pas de règle, pas de coach. Tu es ton propre coach.

Mais au fait, c’est quoi le foot freestyle ?

Le freestyle est un mélange d’art et de sport. C’est très physique, cela demande d’être en forme, d’avoir un bon cardio. On a le ballon, et on fait ce dont on a envie avec, on joue avec la musique, on fait des shows, des Panna, c’est-à-dire des petits ponts. Il y a même des compétitions, à l’image des battles de danse, avec les meilleurs tricks

Vous vous êtes fait connaître avec des caméras cachées, où vous piégez des joueurs comme Luis Suárez ou Ronaldinho…

Au départ, le but était de mettre des petits ponts aux footballeurs professionnels ou amateurs. J’ai commencé en 2014, j’étais dans la rue, et les gens me regardaient bizarrement, genre « je ne joue pas avec une fille ». Les vidéos ont commencé à tourner et marcher sur les réseaux sociaux, et maintenant ils viennent me voir, mais pour me défier.

A quel moment les équipes d’EA et de « FIFA » vous ont approchée ?

FIFA 20 a marqué le retour du foot de rue, du foot à 5 ou 3, avec le mode Volta. Ils m’ont dit « voilà, le street foot est de retour, on voudrait que tu participes à la promotion, en tant qu’ambassadrice ». Je n’étais pas la seule, il y avait d’autres street players, des pointures comme Rocky ou Jayzinho. J’étais honorée, encore plus en tant que joueuse de FIFA.

FIFA 21 est l’étape d’après, j’apparais dans le jeu. Le joueur peut me croiser dans le mode histoire de Volta lorsqu’il arrive sur Paris. J’ai été mocapée, j’ai prêté ma voix, en français comme en anglais. Je suis contente du retour, d’une certaine manière, de FIFA Street avec Volta. Je jouais au premier sur la GameCube d’un pote. C’était aussi une demande très forte de la communauté.

Il a fallu attendre longtemps avant d’avoir des footballeuses dans « FIFA », vous en pensez quoi ?

Les femmes sont en effet arrivées très tard, sur FIFA 16, on pouvait alors jouer avec les équipes nationales féminines. Maintenant, il est possible de créer son avatar, de croiser des stars du foot féminin, mais ce serait bien d’avoir les Ligues féminines, d’arriver doucement à la parité. C’est important pour les femmes de voir qu’on peut être représentées. J’avais des modèles dans le foot féminin, comme Louisa Cenib, mais j’aurais aimé, petite, voir des joueuses dans les jeux de foot, comme voir également les matchs des ligues féminines à la télé. Cela bouge, la Coupe du monde 2019 a bien aidé, il y a eu une vraie ferveur, mais
il y a encore beaucoup de travail à faire. Dans le foot en particulier, et dans le sport en général.

Et une footballeuse ou Lisa Freestyle sur la jaquette d’une prochaine édition ?

Ah ah, c’est toujours la question de l’année : qui sera en couverture de FIFA ? [
c’est Kylian Mbappé pour FIFA 21]. Il y a de plus en plus de joueuses connues, aux Etats-Unis avec par exemple Megan Rapinoe, mais aussi au Brésil et en France. Donc pourquoi pas.

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