« Je suis unique mais pas outsider », affirme Bilal Hassani

  • Bilal Hassani dévoile son deuxième album, Contre-Soirée, ce vendredi.
  • Le chanteur y raconte trois périodes de sa vie, de son enfance à son entrée dans la vie d’adulte.
  • « Je sais que je peux surprendre le public encore très longtemps parce que je n’ai rien montré pour l’instant », assure-t-il à 20 Minutes.

Un disque qu’il imagine comme « un film qui s’écoute ». Ce vendredi, Bilal Hassani dévoile
Contre-Soirée, son deuxième album. À travers ses douze titres, le chanteur révélé au grand public
grâce à sa participation à l’Eurovision veut prouver qu’il a sa place dans le paysage musical français. Pour cela, le jeune homme a puisé dans sa formation en chant au conservatoire et a accordé davantage de temps à la confection de ses morceaux, en comparaison de son premier opus.

Contre-Soirée, c’est l’histoire d’un rêve que Bilal Hassani a fait une nuit de janvier à
New York. L’allégorie d’une fête avec un début et une fin, et qui représenterait l’histoire de la vie. Le chanteur s’est confié à 20 Minutes sur ce nouvel album, sa dimension autobiographique et les nombreux projets qu’il garde en tête pour atteindre son but : être la plus grande des popstars.

L’album est scindé entre trois parties. Pourquoi ce choix ?

Ce sont trois périodes de ma vie. La première partie représente bien la naïveté de mon enfance et de mon adolescence, mon envie de faire plein de choses. La deuxième représente mon entrée dans la vie adulte, c’est pour ça que je parle de sexe, de trucs plus adultes mais de manière sulfureuse et un peu plus dark parce que c’est la maturité. Et la troisième partie de l’album, ce sont des chansons plus introspectives et qui englobent ma « coming-of-age story » [récit initiatique], ce truc plus personnel qui vient du fond de mon cœur.

L’an dernier, tout est allé très vite pour vous entre l’Eurovision, votre album, la tournée. Vous avez pris plus de temps pour faire ce deuxième album ?

Ça n’a rien à voir. Pour le premier, il y avait la précipitation de le sortir, j’étais très excité à l’idée de commencer ma carrière et j’avais beaucoup d’idées que j’ai un peu sorties d’un coup. Avec le deuxième album, je me suis forcé à prendre plus de recul sur les morceaux. On prenait entre trois semaines et un mois pour chaque titre, avec beaucoup de travail de son. Je voulais avoir un produit premium et que même ceux qui avaient les écouteurs les plus pourris ressentent qu’il y avait quelque chose de qualitatif.

On imagine qu’il y a des titres inspirés de votre vie, mais est-ce que c’est un album totalement autobiographique ?

Tout est autobiographique. Toutes ces choses, je les ai vécues avant de les écrire ou pendant que je les écrivais. Tout est vrai, c’est imaginé de manière fantasmée et mis dans un décor mystique et un peu fabuleux parce que j’aime bien ce côté Alice au pays des merveilles, mais tout est vrai.

Est-ce que vous vous sentez à part dans le paysage musical en France ?

Il n’y a plus trop cet a priori aujourd’hui, je pense que je me suis fait comprendre avec Kingdom [son premier album]. Il y a une période où j’étais inquiet de la perception que les autres allaient avoir de moi. J’avais peur qu’ils se disent que ce n’était que de la façade, qu’il y avait beaucoup de travail de look et que je ne faisais pas vraiment de la musique. Il fallait que je me détache de ça. Au début, je me concentrais sur l’avis des autres pour forger mon truc à moi, et quand je me suis détaché de ça, c’est là que j’ai pu réaliser de vraies prouesses artistiques. Me mettre de côté m’a beaucoup aidé. En réalité, je ne dirais pas que je suis un outsider encore aujourd’hui. Je suis unique mais pas outsider.

Est-ce qu’il y a une tranche différente de la population qui suit vos projets, qui écoutent vos chansons, peut-être plus adulte qu’auparavant ?

En réalité, j’ai toujours eu un public assez large. Quand je suis arrivé à l’Olympia et que j’ai vu la tête de mon public, j’étais surpris. Je pense que je rassemble les marginaux, ceux qui ne se sentent pas spécialement à leur place dans la société. Les gens comme ça, il y en a tellement de tout âge que j’ai parfois des rangées avec plein de seniors dans mes concerts. Ça sort de leurs goûts habituels, je fais sortir les gens de leur zone de confort et c’est vraiment le truc le plus kiffant pour un artiste.

Il y a des choses dans cet album que vous ne vous seriez pas permis de faire dans le premier ?

Je me suis beaucoup plus poussé vocalement parce que sur le premier album, j’avais peur de faire des choses en studio que je n’allais pas pouvoir assumer en live après. J’avais une énorme pression par rapport à Roi qui est une chanson assez compliquée à chanter, et j’ai eu un moment de grosse redescente émotionnelle à la demi-finale de Destination Eurovision où j’avais trouvé que c’était catastrophique. Tout le monde avait dit que c’était horrible et j’avais l’impression de ne pas savoir chanter. Donc quand tu rentres en studio pour faire ton album juste après, tu oses moins. Je suis parti en tournée, ça s’est très bien passé. Et tout était live, pour ceux qui pensent le contraire (rires). On a beaucoup travaillé sur ma voix, donc j’ai pu plus me lâcher sur Contre-Soirée. Je m’entraînais à faire la chanson en full live avant de l’enregistrer. Si j’étais sûr de moi, j’y allais.

Des concerts auraient-ils dû normalement suivre la sortie de l’album ? Qu’est-ce que vous avez en tête ?

Je vais remonter sur scène, c’est sûr et certain. Comme l’album a trois couleurs distinctes, j’ai écrit trois spectacles qui ont une chronologie et une histoire. C’est une vraie comédie musicale et on pourra vivre l’expérience de ces trois shows, et il vaut mieux voir les trois. Ce seront trois shows à part entière, on a assez de chansons, ça va. Je les ai écrits, on a avancé dessus et j’aimerais bien les emmener partout, du mieux que je peux. Je me suis rendu compte que j’avais une bonne endurance, que je peux faire les trois en une journée.

On vous a vu sur Netflix dans The Story of Fire Saga. Est-ce que ça vous donne des envies de documentaires sur vous comme plein d’autres artistes aujourd’hui ?

J’adorerais mais j’ai beaucoup d’idées. Il y a des choses dont je ne peux pas encore parler mais j’ai été formé au conservatoire, au théâtre depuis l’âge de six ans. Je joue la comédie et il y a peut-être des choses qui vont arriver. Je sais que je peux surprendre le public encore très longtemps parce que je n’ai rien montré pour l’instant. On est en train d’enregistrer le troisième album, j’ai trouvé mon rythme et je m’éclate, j’arrive à faire tout ça sans être fatigué. Je prépare des trucs de ouf.

20 secondes de précision

Depuis l’organisation de cette interview, Bilal Hassani a révélé dans un tweet qu’un documentaire autour de la création de son deuxième album était à prévoir pour 2021.

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