Keith Haring pour les nuls

1. Il a sorti le graffiti du ghetto

Avant, les graffitis c’était juste des saloperies sur les murs. Et puis, à l’aube des eighties, Haring et son pote à dreadlocks Jean-Michel Basquiat se sont réappropriés les codes des bandes des rues, investissant tunnels de métro et murs de New-York. Ils finiront exposés dans des galeries traditionnelles. Aujourd’hui, Basquiat (mort en 1988) et Haring (mort en 1990) sont parmi les artistes les plus chers du monde (14,6 millions de dollars l’année dernière pour un Basquiat contre 2,5 millions chez Christie’s pour un Haring la même année).

2. Il jouait le clash des influences

Inspiré du graf, le style Haring l’est aussi de la bande dessinée, du graphisme publicitaire, mais aussi de l’art africain. Lignes continues, monochromes, motifs récurrents et simples, faussement joyeux : le trait Haring est aussi travaillé par la mort (l’artiste découvre sa séropositivité en 1988). Les motifs récurrents ? Le “Radiant Baby”, le “Barking Dog”, et aussi Mickey Mouse, symbole de la culture populaire.

3. Il a inventé les produits dérivés

Après s’être fait connaître grâce à ses dessins à la craie dans le métro new-yorkais (parfois jusqu’à 40 par jour), Haring adapta ses idées pour Swatch ou la vodka Absolut. Il ouvrit même en 1986 un “Pop Shop”, conçu comme une extension de son œuvre, où étaient vendus badges et tee-shirts avec ses créations devenues iconiques. Et fit des “murals” (des fresques gigantesques) de commande, l’une de ses spécialités (on en trouve à Sydney, à Rio, ou à l’Hôpital Necker, à Paris). Qui a dit “pop” ?

Galerie: Illustration DS 4 (2021) (motor1)


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