La révolte iranienne s'embrase après la mort de Kian Pirfalak, garçon tué en marge d'une manifestation

Kian Pirfalak, âgé entre 9 et 10 ans selon les témoignages, est lui aussi devenu l’un des visages de la révolte iranienne, mais aussi de la violence des répressions sanglantes du régime. Le petit garçon a été abattu par balles mercredi 16 novembre 2022 écrit Le Monde, en marge d’une protestation dénonçant les Mollahs, chefs religieux iraniens.

Depuis trois mois, le pays est traversé par une révolte des femmes et de la jeunesse. Celle-ci a éclaté à la suite de la mort en garde à vue de Mahsa Amini, 22 ans, le 16 septembre 2022. La jeune femme est décédée après avoir été arrêtée par la police des moeurs iranienne qui jugeait que son voile était mal mis.

Kian Pirfalak tué par balles dans la voiture de ses parents

Dans nuit du 16 au 17 novembre dernier, lors d’un rassemblement particulièrement réprimé dans la ville d’Izeh, au sud de l’Iran, sept personnes ont trouvé la mort, dont Kian Pirfalak et un autre enfant de 13 ans, soulignait The Guardian. À propos de ce dernier, d’autres manifestants évoquent plutôt le nom de Sepehr Maghsoudi, adolescent de 14 ans tué ce soir-là.

« [Kian] rentrait chez lui avec son père et a été visé par des balles par le régime corrompu de la république islamique. Leur voiture a été attaquée des quatre côtés », a dénoncé un homme qui se présente comme un membre de la famille du petit iranien sur Radio Farda, station persane financée par les États-Unis et basée à Prague, citée par le journal britannique.

Au cours des funérailles de l’enfant décédé, organisées le vendredi 18 novembre, sa mère Zeinab Molayi-Rad a elle aussi accusé le régime et plus particulièrement des membres de la force paramilitaire iranienne Basij, habillés en civils, d’avoir ouvert le feu. « Ils ne devraient pas dire que c’était des terroristes, ils mentent », a-t-elle déclaré à la foule présente à l’enterrement, relate The Washington Post.

Elle explique que sa famille était en voiture et tentait de quitter le chaos qui régnait au milieu de la colère anti-gouvernementale. En se dirigeant vers les policiers, qu’elle pensait présente afin d’assurer leur sécurité dit-elle, Zeinab Molayi-Rad dit avoir reçu une salve de tirs de leur part. « J’ai dit aux enfants de se mettre sous les sièges », a-t-elle poursuivi.

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Un petit garçon victime d’une répression sanglante

Mais la version officielle du gouvernement iranien est celle ci : Kian a été tué par « des terroristes armés » à moto. Selon Le Monde, les autorités assurent que l’État islamique a revendiqué l’attaque et que trois djihadistes avaient été arrêtés au nord-est de l’Iran dans le cadre de l’affaire.

Sur les réseaux sociaux, pris d’assaut par la révolte iranienne pour dénoncer les exactions du gouvernements, les sympathisants reprennent massivement la formule « au nom du dieu des arcs-en-ciel », prononcée par Kian Pirfalak dans une vidéo virale de lui jouant avec un bateau en bois qu’il avait conçu. 

En plus des manifestations et éclats de violences, de nombreux Iraniens, notamment des commerçants de la capitale, se mettent également en grève contre le gouvernement, note The Guardian. L’État iranien, lui, prétend que ce sont des groupes armés qui ont fait fermer les échoppes par la menace.

L’ONG Iran Human Rights comptabilise au moins 378 personnes tuées par les forces de l’ordre locales depuis le début du soulèvement en Iran, dont 47 enfants. Parmi les manifestants décédés, l’histoire de Yalda Aghafazli a traversé les frontières. La jeune iranienne de 19 ans s’est suicidée le 11 novembre 2022. Quelques jours plus tôt, elle était libérée après voir passé plusieurs semaines en prison, du 29 octobre au 9 novembre. Elle était incarcérée pour avoir manifesté à Téhéran et avait confié y avoir subi des tortures.

D’après la justice iranienne, mercredi 16 novembre, trois manifestants ont été condamnés à mort à Téhéran, puis encore un autre le week-end d’après. Pour autant, la révolte ne semble pas s’éteindre et la mort du petit Kian a conforter la colères du peuple iranien.

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