La robe rouge d’Isabelle Adjani dans “La Reine Margot” | Vogue Paris

Avant la diffusion ce soir sur France 5 de “La Reine Margot” de Patrice Chéreau, Vogue revient sur l’histoire d’une des robes rouges les plus légendaires du cinéma.

Malgré les critiques mitigées de l’époque, l’oeuvre de Patrice Chéreau est devenue culte. Avec un budget de 140 millions de francs, La Reine Margot s’est parfaitement exporté à l’étranger où le film a réalisé presque deux millions d’entrées. Isabelle Adjani, sublime en Marguerite de Valois, incarne une souveraine à la garde-robe pleine de symboles. Amour, violence, complot… Le film inspiré du roman d’Alexandre Dumas s’exprime au travers du jeu des acteurs mais aussi de leurs costumes, orchestrés par la costumière de théâtre Moidele Bickel. Une tenue en particulier attire l’attention de tous : la robe de mariée écarlate de la Reine Margot.

Le présage du massacre de la Saint-Barthélemy

Au-delà de l’histoire d’amour entre Margot et La Môle, le film de Patrice Chéreau est avant tout basé sur les conflits à la cour et le drame qui en découla : le massacre de la Saint-Barthélemy. Cette sanglante opposition entre les catholiques et les protestants transparaît clairement dans la scène du mariage. Alors que l’union est censée apaiser les tensions entre les deux branches du christianisme, le clivage perdure à la fois dans l’aversion que les époux ont l’un envers l’autre, mais aussi dans leurs vêtements. Tout comme la robe écarlate de Scarlett O’Hara, le rouge porté par Margot possède une symbolique importante dans la narration. Si les protestants sont vêtus de couleurs sombres et d’habits sobres, les catholiques ont pour coutume de déployer tous leurs atours. Le contraste est d’autant plus saisissant entre Margot et Henri de Navarre : lui est en noir, les cheveux hirsutes, elle, richement vêtue et parfaitement coiffée. Comme une augure aux évènements qui vont suivre, la future souveraine porte une robe rouge à brocarts, un long collier de perles et une coiffe fastueuse ornée de rubis. Marguerite de Valois, qui avait refusé de se convertir au protestantisme avant son mariage, affiche donc clairement son désaccord autant par son attitude désinvolte que par son choix de tenue. Cette alliance forcée n’aura d’ailleurs pas suffi à réconcilier les deux parties puisque le massacre de la Saint-Barthélemy sera lancé seulement six jours après « l’union exécrable ».

La Reine Margot

© Netflix

Une robe tout droit sortie d’un rêve

Plutôt que de s’enfermer dans le carcan du réalisme, la chef costumière Moidele Bickel a préféré privilégier la création artistique. En s’inspirant de divers artistes et de nombreuses sources provenant du XVIè siècle, elle a réussi à créer une garde-robe riche et impactante pour créer un ensemble harmonieux mais historiquement incorrect. Les experts s’accordent d’ailleurs à dire que les costumes de La Reine Margot piochent vaguement dans toute la période Renaissance. L’objectif était d’apporter une théâtralité marquante même au travers des vêtements. La scène du mariage entre Marguerite de Valois et le futur Henri IV, incarné par Daniel Auteuil, en est l’apothéose. Bien avant que la Reine Victoria ne lance la mode du mariage en blanc, les robes de mariées étaient fastes et colorées. Marguerite de Valois épouse Henri de Navarre en août 1572 et la coutume veut que l’habit de noces des nobles soit richement décoré. Le but : montrer sa richesse et sa prospérité. En suivant ce schéma-là, Moidele Bickel crée pour Isabelle Adjani une robe majestueuse. Manches longues et bouffantes aux épaules, col haut, fraise de dentelle et traine de sept mètres… le tout, fabriqué en soie légère afin que l’actrice ne soit pas gênée par le poids de la robe. Après le costume de mariage, le rouge fait son retour dans La Reine Margot avec la robe blanche tachée de sang qu’Isabelle Adjani porte sur la mythique affiche du film. Plutôt que de souiller le tissu immaculé, Moidele Bickel a choisi de créer une robe pré-imprimée de rouge. Ces créations et tant d’autres auront valu à l’artiste de recevoir le César des Meilleurs Costumes en 1995 ainsi que deux nominations aux Oscars et Golden Globes de la même année.

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