"À la vie", "First Cow", et "Illusions perdues", nos choix cinéma de la semaine

À la vie, d’Aude Pépin, suit la sage-femme Chantal Birman qui à 70 ans ne sait plus précisément combien de jeunes mères elle a aidé à accoucher. Mais, infatigable féministe et défenseure des droits des femmes, elle a été de nombreux combats pour la contraception, les délais pour un avortement, et bien d’autres. C‘est à la fois à sa personnalité et à tout ce qu’elle représente que la réalisatrice Aude Pépin a voulu rendre hommage dans son documentaire. « Cela a vraiment été un coup de foudre intellectuel, et la sensation de rencontrer une icône, presque une rock-star même, qui n’avait pas encore été révélée au grand public », confie-t-elle à franceinfo. « Elle mettait des mots sur ce moment de la naissance et de la pré-naissance, sur la physiologie et la maternité, d’une puissance et d’une netteté que je n’avais jamais entendues », ajoute t-elle.

Le film suit Chantal Birman dans le département de Seine-Saint-Denis, auprès de plusieurs femmes d’origine et de statut social différents, et loin de peindre une réalité travestie où la maternité ne serait présentée que de façon positive et mièvre, il met volontairement l’accent sur la dépression post-partum, qui reste paradoxalement à la fois très répandue et encore taboue en France de nos jours.

Avec First Cow, de Kelly Reichardt, on change radicalement d’atmosphère et de paysages : direction l’État de l’Oregon, aux Etats-Unis, au début du XIXe siècle. L’Américaine Kelly Reichardt, qui continue de creuser depuis 15 ans sa veine singulière dans le cinéma indépendant américain, nous raconte cette fois l’histoire de deux amis cherchant fortune, qui pour faire et vendre leurs gâteaux volent le lait de la fameuse « première vache » du titre, littéralement la première vache sur le territoire américain à l’époque, qui appartient à un riche commerçant, ce qui n’est pas sans risques.

Après La dernière piste en 2011, Kelly Reichardt fait un second western à sa manière très personnelle. Elle contribue à renouveler le genre, qui selon elle, n’est plus regardable aujourd’hui : « Si vous montrez un western dans une école aujourd’hui, cela crée un malaise vu la façon dont sont exposés les femmes, les gens de couleur et les Indiens. Ce serait bien d’avoir des westerns avec d’autres points de vue. »

On attend toujours le film entièrement fait par des Indiens, où les seconds rôles seraient pour les blancs : cette histoire n’a pas encore été racontée

à franceinfo

Le célèbre roman Illusions Perdues, d’Honoré de Balzac, a été joué de nombreuses fois au théâtre, et adapté à la télévision dans les années 60, mais n’avait jamais fait l’objet d’un film. C’est désormais chose faite avec cette version plutôt réussie dirigée par Xavier Giannoli. L’histoire de Lucien Chardon, jeune provincial cultivé et poète à ses heures, qui part à la conquête de Paris au début du XIXe siècle, prend le nom de sa mère, plus noble, De Rubempré, et en guise de romans écrira surtout des articles dans un journal tapageur, son talent lui permettant une ascension fulgurante dans la bourgeoisie et les mondanités de la capitale.

Plutôt mordant et multipliant les références à notre époque, le film dépeint une société veule, vénale et corrompue, où les apparences et la réputation sont tout. Illusions perdues impressionne surtout par son casting pas loin d’être parfait, de Benjamin Voisin – révélé par Été 85 de François Ozon dans le rôle principal à Xavier Dolan, Jeanne Balibar, Vincent Lacoste, Jean-François Stévenin, parmi d’autres.

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