L’âge tendre selon Claudine Doury

Membre de l’agence VU’, Claudine Doury explore depuis vingt ans le monde de l’adolescence. Dans le cadre du festival Portrait(s) de Vichy*, on retrouve des instantanés solaires de beautés blondes réalisés en Crimée, des portraits délicats et intériorisés de jeunes garçons pris à Saint-Pétersbourg, des photos de sa propre fille Sasha, évoluant comme un elfe dans les bois de Sologne, endossant une féminité timide et nervalienne.

Des portraits délicats

De 1994 à 2003, la photographe séjourne dans le camp de vacances Artek, en Crimée, réservé aux enfants de la nomenklatura.

La fugacité et l’instabilité de l’adolescence sont figurées souvent autour d’un principe d’éblouissement : transparence d’une blouse d’été, éclat de lumière sur un visage endormi ou encore blondeur de cheveux à la fois déliés et disciplinés, libres et contraints, comme l’étaient les jeunes “pionnières” d’Artek.

Une étape charnière

“À l’adolescence se pose la question cruciale du rayonnement : sera-t-on dans la lumière ou dans l’obscurité ?”, écrit Amélie Nothomb dans Le voyage d’hiver (Albin Michel). Étape charnière, ce moment où se fabrique l’identité, l’individualité de chacun·e fascine.

Creusant une palette de couleurs délicates, Claudine Doury révèle les paradoxes de cet âge vulnérable, entre repli sur soi et exubérance, illusions et désillusions.

Des visions chorales

Deux autres artistes, améri-cain·es, se sont aussi passion-né·es pour le monde adolescent : Alessandra Sanguinetti, avec sa série “Les aventures de Guille et Belinda”, et Larry Clark, qui a fait scandale en 1971 avec le livre choc Tulsa, où il chronique une adolescence droguée, violente et perdue.

Du 5 septembre au 25 octobre, festival Portrait(s). Nostalghia, au centre culturel de Vichy

15, rue du Maréchal-Foch

ville-vichy.fr

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