L'album d'Adrien Gallo, comme un lien entre son père disparu et ses enfants

  • Là où les saules ne pleurent pas est le deuxième album solo d’Adrien Gallo, leader des BB Brunes.
  • L’artiste a écrit ses nouvelles chansons sur une période de six ans. Certaines lui ont été inspirées par le décès de son père en 2012. La naissance de ses enfants en 2019 a poussé Adrien Gallo à concrétiser l’album.
  • Adrien Gallo a enregistré l’album à l’ancienne, avec notamment un quintette de cordes : « Cela a été une chance de pouvoir le faire. Cela crée des aspérités et quelque chose de chaleureux. »

Le « bébé rockeur » a grandi. Adrien Gallo a désormais 32 ans au compteur. « La trentaine passée demande plus d’exigence et de travail. C’est un autre rapport aux choses », nous dit l’artiste dont le deuxième album solo, Là où les saules ne pleurent pas, sort ce vendredi.

En parallèle des morceaux signés pour son groupe, les BB Brunes, le chanteur a travaillé à ces chansons « au style intime » pendant six années. « J’en ai écrit plusieurs en pensant à mon père [le réalisateur Jean-Pierre Gallo], disparu en 2012. Elles me tenaient à cœur, je voulais les sortir un jour ou l’autre. »

« Devenir père a chamboulé ma vie »

En 2019, il est devenu lui-même papa, de jumeaux. « Cela a chamboulé ma vie. Je me suis affairé sur cet album lors de leur naissance. J’avais envie qu’il soit le lien entre mon père et mes enfants, qu’à travers ce disque, ils le rencontrent un petit peu. »

La chanson Là où les saules ne pleurent pas opère ce pont généalogique. Elle s’ouvre sur les babillages des petits et, dans les paroles, Adrien Gallo s’adresse à son géniteur né en 1934 («Tu avais l’art et la manière de faire oublier le traqueur, toute la guerre, toute la guerre, tout ce qui dans le dos fait froid »). Un père qui lui avait fait découvrir René Char et Jacques Prévert et qui était lui-même poète à ses heures. « J’ai beaucoup lu les poèmes qu’il écrivait vers la fin de sa vie, confie le chanteur. J’avais envie d’être à sa hauteur, entre guillemet. Je mettais la barre assez haut pour les textes. »

Une autre influence paternelle se ressent sur l’album, celle de la chanson française qui a accompagné sa vie. « Il écoutait beaucoup des artistes comme Georges Brassens ou Barbara, ces piliers qui ont encore une modernité. Je les ai beaucoup écoutés aussi. » Sur certains titres, on pense aussi à Anne Sylvestre ou William Sheller, inspirations tout autant revendiquées et expliquant la tonalité nostalgique et mélancolique émanant de l’album.

« Des aspérités et quelque chose de chaleureux »

Cette impression est renforcée par la réalisation « à l’ancienne » de l’opus, avec notamment un quintette de cordes – deux violons, un violoncelle, un alto et une contrebasse – en studio.  « Cela a été une chance de pouvoir le faire, car ça coûte plus cher que de simples programmations sur ordinateur, souligne l’artiste. J’ai écrit les parties de piano, puis de cordes et je me suis lancé dans l’écriture d’arrangements à tâtons. Cela crée des aspérités et quelque chose de chaleureux. »

La douceur s’impose d’emblée à l’auditoire, l’enveloppe et le caresse de titre en titre – dont les très beaux Les Jolies choses et Les clochettes de mai, interprétés en duo avec
Vanessa Paradis. Dans la frénésie et le chaos de cette rentrée, c’est un album qui fait du bien à l’âme.

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