Les 4 spots pour plonger, surfer ou nager de manière éthique

Comment plonger, surfer ou nager sans nuire à la faune et à la flore sous-marines ? Chartes, associations, adresses… On découvre les initiatives green destinées aux fans de grand bleu pour des vacances responsables.

«On aime ce qui nous émervelle et on protège ce que l’on aime», disait le commandant Cousteau. C’est aussi le credo de son ancien conseiller scientifique, l’océanographe et plongeur émérite François Sarano, qui s’est fixé pour objectif de «réconcilier l’humain avec la vie sauvage». Pour cet hyperpassionné, la magie des océans est la clé. «Je suis convaincu que si chacun pouvait planter son regard dans celui d’un cachalot ou d’un requin, réaliser tout ce que ces merveilleuses créatures marines ont à nous apprendre, le respect pour elles et leur environnement serait acquis.»

En 2002, il cofonde avec son épouse l’association afin de sensibiliser le grand public à la nécessité de préserver ce patrimoine universel qu’est l’océan et de fédérer autour d’un code éthique un maximum d’usagers de la mer. Une Charte internationale du plongeur responsable, la première du genre, est établie et diffusée à travers le monde en 25 langues (d’autres suivront, celles de l’apnéiste responsable, du plaisancier responsable…). Dix ans plus tard, un Guide international des centres de plongée écoresponsables est créé permettant à qui souhaite d’apprendre la discipline auprès de personnes engagées et respectueuses.

Bien choisir ses prestataires

Chaque année, près d’un million de nouveaux plongeurs fréquentent les mers et les océans de la planète, indique l’initiative Green Fins. Cette émanation du département Environnement des Nations unies, coordonnée par la Fondation, propose, elle aussi, un code de conduite, quinze pratiques écologiques, faciles à mettre en œuvre. La pression de l’industrie du tourisme (1,5 milliard de voyageurs internationaux en 2018) sur les écosystèmes marins, même si la pandémie a freiné un temps son expansion, ne devrait pas fléchir, loin de là. Alors, pour vos prochains voyages, choisissez bien vos prestataires et participez à la sauvegarde de la mer et des océans.

Misool, le miracle indonésien

Un somptueux dédale d’îlots karstiques sur fond de lagons turquoise. Une biodiversité remarquable. Et, posé sur son île au sud de Raja Ampat, un écolodge comme une cachette de Robinson (40 hôtes maximum dans les 8 bungalows et 9 villas de luxe). Plastic free, autonome et recyclant ses déchets, le Misool Eco Resort démontre qu’un tourisme raisonné peut être l’allié de la nature. À travers leur fondation et en accord avec les communautés locales, les propriétaires ont créé une réserve marine privée de 120.000 km2 sur laquelle veillent 15 rangers de la mer. La pêche y est prohibée depuis 16 ans. Résultats ? Mesures scientifiques à l’appui, à l’extérieur du sanctuaire, les pêcheurs ont vu les ressources halieutiques se régénérer tandis qu’à l’intérieur, la vie marine est 250 à 600 fois plus abondante qu’avant. Aux premières loges pour contempler le spectacle, les hôtes plongeurs de Misool sont, eux, aux anges.

On apprécie : la fondation Misool a également collecté et recyclé 1860 tonnes de déchets et plastiques entre Raja Ampat et Sorong.

À partir de 4968 € le séjour de 7 nuits en pension complète à Misool (1 nuit de transit à Sorong), vols et transferts inclus. Avec Ultramarina.

Aux Maldives, protéger les coraux, les tortues et les raies manta

Atolls émeraude sertis de sable poudre, mer chaude et translucide, aquarium à ciel ouvert… Un décor de carte postale, malheureusement menacé. Dans ce paradis fragile, le groupe Four Seasons gère les luxueuses propriétés de Kuda Huraa et Landaa Giraavaru, deux hôtels chics et engagés. Ces adresses ont lancé les cures ayurvédiques et les stages de yoga les plus pointus de l’archipel mais aussi les premiers programmes de préservation de la vie marine impliquant les clients, il y a plus de vingt ans.

En partenariat avec Reefscapers, Four Seasons Maldives invite ses hôtes à participer à un projet de transplantation de coraux, devenu un modèle international pour l’utilisation d’échantillons destinés à protéger les récifs du réchauffement climatique. La barrière de corail située à proximité de l’hôtel redevient un habitat pour d’innombrables poissons colorés et autres espèces marines.

On apprécie : à Kuda Huraa, la mission sauvetage des tortues visant à soigner, protéger, élever les petits reptiles avant de les libérer. À Landaa Giraavaru, le soutien à l’association Manta Trust Maldives (Mantatrust.org/Maldives) pour son travail de recherche sur les raies Manta, initié par Guy Stevens avec l’aide de la fondation Save Our Seas.

À partir de 4735 € le séjour de 7 nuits avec les petits-déjeuners au Four Seasons Kudaa Huraa, vols et transferts inclus. Avec Kuoni Émotions.

À Langkawi, un cercle vertueux

Récemment rénové, The Datai, le premier resort de luxe de Malaisie, a opéré une véritable révolution verte. Une initiative remarquable dans un pays qui n’est pas réputé pour son grand souci de l’environnement. Au nord-ouest de Langkawi, au pied de la plus ancienne formation rocheuse de l’Asie du Sud-Est, blottie dans une anse bleu céladon recouverte par la forêt primaire, l’écoretraite a fait de la préservation de la nature son but ultime.

Balade dans la canopée de la forêt primaire du resort The Datai, sur l’île de Langkawi, en Malaisie.

Elle s’appuie sur 4 piliers : développement durable, éducation, protection de la vie sauvage et du parc marin, afin de créer un cercle vertueux et pérenne. Innovant, The Datai a fondé un des plus fabuleux «Nature Centre» d’hôtel. Balades contées par un naturaliste, observation de la faune et de la flore endémiques, sorties avec des chercheurs, conférences avec des scientifiques, travaux pratiques et «leçons de choses» passionnantes.

On apprécie : les activités d’«edutainment» (contraction d’éducation et d’entertainment) dont raffolent les enfants (mais pas que…). Pas de kids club, mais un panel de mini-excursions scientifiques suivies d’ateliers intelligents pour petits biologistes en herbe.

À partir de 400 € la nuit avec petit-déjeuner et activités – la moitié des expériences sont offertes. Sortie scientifique avec des chercheurs de l’université de Kuala Lumpur spécialistes des dauphins : 75 € par personne (de 8 heures à 13 heures). The Datai Langkawi.

Aux Açores, dans le sillage des baleines

Isolé au cœur de l’Atlantique nord, à l’abri des flux de la marine marchande et autres pollutions, l’archipel portugais est l’un des meilleurs postes d’observation des cétacés. Vingt-huit espèces fréquentent ses eaux, cachalots, dauphins et rorquals pour les plus assidus. Haut lieu de la pêche aux baleines durant un siècle et demi, on vient aujourd’hui aux Açores pour les contempler bien vivantes au large de la volcanique Pico notamment.

Séance d’observation du grand cachalot, en pleine mer.

Au sud de l’île, à Lajes do Pico, Espaço Talassa met ses trente ans d’expertise du milieu marin au service de la découverte, de la recherche et de la préservation. Une véritable approche pédagogique et éthique des cétacés (pas plus de 3 bateaux autour d’un animal, à 150 mètres de distance) et la possibilité de contribuer à des missions scientifiques, comme le comptage des tortues de mer, qui transforme l’excursion en expérience mémorable.

On apprécie : l’hydrophone embarqué pour écouter le chant des baleines.

À partir de 1100 € les 8 jours/7 nuits, vols inclus. Avec Étendues Sauvages.

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