Lymphocytes bas : que peut signifier un taux de lymphocytes bas ?

On parle de lymphopénie lorsque le nombre de lymphocytes en circulation dans le sang est anormalement bas. Le point avec un pro.

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Lymphocytes : de quoi s’agit-il exactement ?

Première chose à savoir : dans notre sang circulent 3 grandes familles de cellules – les globules rouges (érythrocytes), les globules blancs (leucocytes) et les plaquettes (thrombocytes). Principalement chargés de défendre l’organisme contre les agents pathogènes (virus, bactéries…), les globules blancs se divisent eux-mêmes en 5 sous-familles : on y trouve notamment les monocytes, les polynucléaires neutrophiles et les lymphocytes.

Les lymphocytes sont des globules blancs extrêmement importants et nombreux : ils sont essentiels pour notre immunité car ils luttent contre les agents infectieux – mais pas seulement ” explique le Dr. François Blanchecotte, docteur en pharmacie et président national du Syndicat des Biologistes (SDB).

À savoir. Tous les lymphocytes ne sont pas identiques : ” certains ont des fonctions particulières, comme les lymphocytes T (pour ” Thymus “) qui détruisent les cellules reconnues comme infectieuses ou les lymphocytes B à mémoire qui se ” souviennent ” des infections pour accélérer la réponse immunitaire en cas de récidive ” développe le Dr. Blanchecotte.

Lymphocytes bas (lymphopénie) : qu’est-ce que ça signifie ?

À savoir. Le dosage sanguin des lymphocytes se fait à l’aide d’une prise de sang – il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Il s’agit d’un examen biologique ” de routine ” qui est réalisé de façon fréquente, dans le cadre d’une numération formule sanguine (NFS) ou hémogramme.

L’hémogramme est un bilan sanguin réalisé très couramment : cette photographie de l’état du patient à un instant T permet d’avoir un aperçu de la répartition des 3 grands secteurs cellulaires du sang ” précise le Dr. François Blanchecotte.

Lymphocytes : quelles sont les valeurs de référence ? Chez la femme, le taux sanguin de lymphocytes doit être compris entre 1,3 giga/L et 3,6 giga/L de sang ou entre 1300/mm3 et 3600/mm3 de sang.

Définitions. Lorsque le taux sanguin de lymphocytes est inférieur à 1 giga/L, on parle de lymphopénie (manque de lymphocytes). Lorsqu’il est supérieur à 4 giga/L, on parle de lymphocytose (excès de lymphocytes).

Lymphocytes bas (lymphopénie) : quelles peuvent être les causes ?

Une lymphopénie, c’est-à-dire un manque de lymphocytes dans le sang, peut résulter de deux causes principales : ” soit il y a un problème de production au niveau de la moelle osseuse, il s’agit alors d’une cause centrale, soit le renouvellement des lymphocytes est insuffisant car ils sont ” consommés ” trop rapidement par l’organisme ” explique le Dr. François Blanchecotte. On parle alors d’un excès de catabolisme.

Causes. Plusieurs pathologies peuvent être à l’origine d’une lymphopénie :

  • Une infection. Le plus souvent, elle est provoquée par un virus : ” en cas de lymphopénie, c’est la cause la plus fréquente ” remarque le spécialiste. Peuvent ainsi être en cause : une grippe, un zona, une pneumopathie, une hépatite ou encore le Sida (infection par le VIH) qui entraîne une destruction accrue des lymphocytes.
  • Un cancer. Le cancer métastatique constitue une cause centrale et grave de la lymphopénie ” remarque le Dr. Blanchecotte. La maladie ” bloque ” alors la fabrication des lymphocytes.
  • Une carence en zinc. La carence en zinc est responsable d’un défaut de production des lymphocytes par l’organisme : celle-ci peut résulter d’une malnutrition, d’une pathologie rénale ou gastro-intestinale, ou encore d’une intoxication alcoolique chronique (alcoolisme).
  • Une maladie auto-immune. La polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, la maladie de Crohn ou encore la myasthénie peuvent ainsi être à l’origine d’une lymphopénie.
  • Les médicaments. Certains traitements peuvent entraîner le développement d’une lymphopénie : c’est notamment le cas des corticothérapies, des chimiothérapies, des radiothérapies ou encore des traitements immunosuppresseurs.

Et aussi… Le syndrome de Wiskott-Aldrich, une maladie rare qui atteint entre 1 et 9 personnes sur 1 million, est responsable d’une lymphopénie héréditaire – on observe surtout un déficit en lymphocytes B et en lymphocytes T. En résultent des infections fréquentes (surtout respiratoires), de l’eczéma et une thrombopénie (manque de plaquettes dans le sang).

À savoir. La lymphopénie constitue un facteur de risque qui favorise le développement de certaines pathologies – cancers ou troubles auto-immuns, notamment.

Merci au Dr. François Blanchecotte, docteur en pharmacie et président national du Syndicat des Biologistes (SDB).

Source : Laboratoire d’hématologie du CHU d’Angers

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