Maladies nosocomiales : comment se transmettent ces infections ?

Chaque année, on comptabilise près de 7.500 infections nosocomiales dans des établissements de santé. Selon l’âge, l’état de santé ou les soins accordés, certains patients sont plus susceptibles de développer ces pathologies.

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Selon l’Inserm, 5% des patients qui séjournent à l’hôpital développent une infection après leur admission. Au moment de l’hospitalisation, les infections nosocomiales sont absentes. En général, elles se déclarent au minimum 48 heures après l’arrivée du patient dans l’établissement de santé. Il est possible qu’elles surviennent avant ce délai des deux jours. On estime alors que cette infection était en incubation.

L’environnement et le personnel hospitalier ne sont pas des sources de contamination. Le patient est infecté par ses propres germes émis pendant des soins médicaux. La contamination est possible pendant des actes chirurgicaux, la pause de sondes urinaires, l’installation d’un cathéter ou d’une respiration artificielle. Les soignants peuvent donc être de fait des vecteurs de transmission des infections nosocomiales.

Infection nosocomiale : quels sont les facteurs de risque ?

Une infection nosocomiale peut-être favorisée par l’état de santé du patient. Les personnes âgées de plus de 65 ans et les nouveaux-nés sont plus susceptibles d’être atteints par ce type d’infection. Les patients exposés à une maladie sévère ou avec un traitement lourd (VIH, séropositivité, chimiothérapie) peuvent plus facilement contracter une infection nosocomiale pendant la durée de leur hospitalisation.

Dans certains cas, l’équipe médicale doit réaliser des interventions dites invasives comme la pose d’une sonde urinaire, d’un cathéter ou d’une ventilation artificielle. Ces actes médicaux ainsi que les opérations chirurgicales peuvent dans certains cas entraîner une contamination par une bactérie.

La durée du séjour a également un impact sur ces maladies infectieuses. Toujours d’après l’Inserm, les patients hospitalisés pendant 30 à 89 jours développent 15 fois plus d’infections nosocomiales. Les malades dont l’hospitalisation dure de 2 à 7 jours sont beaucoup moins touchés.

Quelles sont les infections les plus courantes ?

Trois bactéries sont responsables de plus de la moitié des infections nosocomiales. On recense :

  • Escherichia coli (E.Coli) : qui vit naturellement dans les intestins
  • Staphylococcus aureus : cette bactérie est installée dans la muqueuse du nez, de la gorge et chez certains individus (de 15 à 30%) sur leur périnée.
  • Pseudomonas æruginose : elle est présente dans les sols et les milieux humides tels que les robinets et tuyauteries.

Près d’environ 30% des patients sont atteints par des infections urinaires lors d’un séjour à l’hôpital. Elles sont souvent causées par la pose d’une sonde urinaire, mais elles sont rarement graves. Au cours d’une hospitalisation, les pneumonies sont récurrentes et elles sont souvent liées à une intubation ou à une ventilation assistée.

À la suite d’une intervention chirurgicale, il est possible que des contaminations aient lieu dans la salle d’opération. Les septicémies sont également des infections nosocomiales fréquentes. Dans certains cas graves, les infections pulmonaires et les septicémies peuvent causer le décès d’un patient.

Comment prévenir la survenue des infections nosocomiales ?

Quelques mesures d’hygiène permettent de diminuer les risques d’une infection nosocomiale. Le personnel hospitalier doit notamment se désinfecter ou se laver les mains après chaque soin et porter des gants pendant un contact avec des produits d’origine humaine. Une équipe médicale nettoie et désinfecte également le matériel et les surfaces après le passage d’un patient.

Concernant les patients, une bonne hygiène corporelle est primordiale pour lutter contre les risques d’infections nosocomiales. Il est conseillé qu’ils évitent de toucher les dispositifs invasifs installés dans leur chambre. Avant une opération chirurgicale, un malade peut prendre une douche antiseptique afin d’éliminer les microbes et les bactéries.

Pour les visiteurs, il est recommandé qu’ils se nettoient les mains avant et après un passage dans la chambre d’un patient. Les autorités sanitaires leur déconseillent d’aller voir un proche s’ils sont porteurs d’une infection des voies respiratoires ou d’une autre maladie transmissible. Ils doivent également suivre les mesures d’isolement instaurées pour certains malades pour limiter la transmission des germes résistants aux antibiotiques ou la propagation de microbes transmissibles par voie respiratoire.

Sources : L’inserm, le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assistance publique des hôpitaux de Paris

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