Manque de professeurs : Pap Ndiaye propose un système de compensation entre collègues

Face à la pénurie annoncée de professeurs à la rentrée prochaine, les académies multiplient les initiatives. Pap Ndiaye propose, quant à lui, un système de compensations des heures entre collègues qui a suscité l’opposition des syndicats.

Pénurie d'enseignants : les candidats manquent à l'appel

Si tous les candidats aux concours classiques n'ont pas été retenus pour devenir professeur ou enseignant, encore faut-il que le métier suscite encore des ambitions de carrière. Et face au manque d'attractivité du professorat, la baisse du nombre de postulants aux concours de l'enseignement est criant, preuve que le métier attire beaucoup moins la jeune génération. Le Capes externe de mathématiques qui compte 1035 postes n'a reçu que 816 candidats en 2022 contre 1 706 admissibles l'année précédente. Du côté des profs d'allemand, on compte 83 admissibles pour 215 postes, soit la moitié par rapport à 2021. Les concours sont donc loin de faire le plein, et l'approche de la rentrée scolaire fait craindre un manque d'enseignants. Une crise de vocation qu'il est urgent de pallier pour certaines académies, qui passent désormais par des méthodes de recrutement à mille lieues du protocole institutionnel.

Job dating pour devenir prof : l'académie de Versailles crée la polémique

Les enseignants ayant suivi des études supérieures et passé des concours pour devenir enseignant ou professeur des écoles se retrouvent face à de nouveaux collègues, avec un profil bien moins protocolaire. Leur poste ? Ils l'auront obtenu avec un seul entretien de 30 minutes, lors d'un job dating organisé par l'académie de Versailles. La condition : prouver l'obtention d'un bac +3, soit deux ans de moins que selon les règles officielles qui exigent un master 2. La gauche et les syndicats enseignants n'ont pas manqué de réagir face à cette sélection nonchalante, exprimant vivement leur désaccord. Sur son compte Twitter, le SNES-FSU y voit une manière de contribuer à "précariser toujours plus nos métiers et à brader le service public" et exige une "revalorisation sans contreparties et non ce pitoyable écran de fumée". De même, les parents d'élèves du groupe de parents "Écoles et Familles oubliées" se sont insurgés contre cette méthode de casting, "Indignés et en colère", ils interpellent directement la nouvelle Première Ministre Elisabeth Born et le ministre de l'Education Pap Ndiaye via leur compte Twitter, sur l'habilitation de cet embauchage.

Comment se passent les entretiens de job dating ?

Si l'idée d'un seul entretien de 30 minutes pour devenir prof suscite un tollé médiatique, celui-ci est assorti d' autres conditions… qui semblent néanmoins peu exigeantes. Outre la preuve d'un bac +3, l'Académie de Versailles, contactée par le Journal des Femmes, précise que pour devenir professeur des écoles, une étude de dossier est aussi menée suite au job dating, réalisé par deux inspecteurs. Une réponse est ensuite donnée au candidat dans les quinze jours maximum suivant l'entretien. Quant à l'obtention d'un poste de professeur dans le second degré, "un entretien avec un inspecteur et un chef d'établissement ou personnel RH est réalisé. Si un avis favorable est donné, alors un second entretien avec un inspecteur de la discipline est proposé au candidat" nous précise l'académie de Versailles.

Pénurie d'enseignants : les candidats manquent à l'appel

Cette année, le nombre de candidats au concours d'enseignants a fortement diminué par rapport aux années précédentes, preuve que le métier attire beaucoup moins la jeune génération. Le Capes externe de mathématiques qui compte 1035 postes n'a reçu que 816 candidats en 2022 contre 1 706 admissibles l'année précédente. Du côté des profs d'allemand, on compte 83 admissibles pour 215 postes, soit la moitié par rapport à 2021. Les concours sont donc loin de faire le plein, et l'approche de la rentrée scolaire fait craindre un manque d'enseignants. Une crise de vocation qu'il est urgent de pallier pour certaines académies, qui passent désormais par des méthodes de recrutement à mille lieues du protocole institutionnel.

Le ministre de l'Education en déplacement à Marseille pour le libre-recrutement

A Marseille, où doit se rendre le 2 juin 2022 le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye, c'est le libre-recrutement des professeurs par les établissements eux-mêmes qui est expérimenté, et qui fera d'ailleurs l'un des motifs essentiels de la visite du Président de la République et de Pap Ndiaye dans la cité phocéenne. Là encore, cette méthode de recrutement ne convainc guère. La CGT Éduc'Action y voit une manière d'opacifier tout un système en favorisant le clientélisme, et de territorialiser l'école. De fait, les communes les plus riches pourraient se payer les meilleurs profs, entraînant inégalités scolaires et sociales. 

  • Qu'est-ce qui change à la rentrée de septembre 2022 ?

    Mardi 14 juin, le ministre de l'Education Pap Ndiaye a annoncé que la grande concertation sur l'école commencera en septembre, et prendra la forme d'un débat. Quels sujets seront abordés et quels changements annonce-t-elle ? On fait le point.

Seuls 22% des enseignants recommanderaient leur métier à un jeune

Fatigue, colère, déprime, résignation, isolement… Voici les termes qui ressortent lorsque les enseignants abordent leur métier et leur état d'esprit. Après plusieurs années ponctuées par le Covid-19, les professeurs ont dû tant bien que mal s'adapter aux différents protocoles sanitaires, sans ressentir de véritable reconnaissance et de respect dans leur pratique professionnelle. Selon une étude publiée ce 23 mai et menée par le syndicat Unsa Education auprès de 42 836 enseignants, seulement 22% d'entre eux recommanderaient leur métier à un jeune. Mais cela ne signifie pas qu'ils n'apprécient pas leur métier : ils sont en effet 92% à aimer la profession. Pour autant, "29% ne trouvent plus de sens à leur mission, et 38% se disent prêts à changer de métier vers le public, et 29% vers le privé" précise l'étude. Ce qu'il faudrait améliorer selon eux ? Le pouvoir d'achat pour 68% des sondés, la charge de travail (45%), les perpectives de carrière (41%) ou encore les relations hiérarchiques (23%). Enfin, 87% sont en désaccord avec les choix politiques et 9 enseignants sur 10 estiment qu'ils sont trop peu rémunérés.

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