Migraine chronique : "cette maladie a tout détruit"

La migraine est un mal de tête courant chez les adultes et les enfants. Lorsque les crises migraineuses sont de plus en plus intenses et persistent pendant plusieurs jours et durant des mois, la pathologie devient handicapante et a un fort retentissement sur la qualité de vie. C’est que nous explique Joana, migraineuse chronique, qui depuis sa tentative de suicide a retrouvé “un peu d’espoir”.

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Parmi les différents maux de tête dits primitifs, on retrouve on retrouve la céphalée de tension et l’algie vasculaire de la face. Autre type de céphalées : la migraine. Selon l’Assurance Maladie, cette affection touche 11 millions de personnes, 12% des adultes seraient concernés et 5 à 10% des enfants en seraient atteints.

Cette maladie se traduit par un mal de tête d’intensité variable, “lancinante” ou “pulsatile”, à savoir battante. Cette douleur se localise d’un côté de la tête. Cette pathologie bénigne se caractérise par la répétition des crises migraineuses. Ces dernières peuvent survenir de temps en temps mais également se manifester de manière chronique.

Quand cette maladie est chronique, elle représente un réel handicap à cause de la fréquence, de la durée et de l’intensité des crises. Elle “altère la qualité de vie des personnes atteintes, avec un retentissement sur leurs relations affectives et leurs activités professionnelles”, indique l’Assurance Maladie. Une situation que confirme Joana, migraineuse chronique.

“La migraine a tout changé chez moi dont ma personnalité”

Joana est devenue une migraineuse chronique à la suite d’une opération, suivie d’une mauvaise prise en charge de ses douleurs par son médecin traitant. Sa migraine chronique a été diagnostiquée par un neurologue, une fois arrivée en région parisienne, après deux ans “d’errance médicale”. “La migraine a tout changé chez moi dont ma personnalité. À 26 ans, j’étais une fêtarde, j’étais pleine de vie, j’avais toujours le sourire. J’étais connue pour ça d’ailleurs et aujourd’hui, je suis tout l’inverse”, témoigne-t-elle.

“Le parcours d’un migraineux ne va être que des essais de médicaments”

Joana explique que les migraineux sont considérés comme “sévères” à partir de 8 jours de crises par mois et “nous sommes migraineux chroniques à partir de 15 jours de crises par mois”. Le temps, l’alimentation, le sommeil et les hormones peuvent déclencher ces crises migraineuses. Selon elle,“c’est une maladie qui va toucher beaucoup plus de femmes”.

En général, les crises s’accompagnent de plusieurs symptômes. Elles se manifestent par “un très fort mal de tête qu’on peut assimiler à des clous qu’on enfoncerait doucement, cruellement dans la tête”. D’autres signes, tels que des nausées, des vomissements et des vertiges, se présentent aussi, quand on souffre de cette affection. “On est très sensible à la lumière, aux odeurs. La moindre odeur devient une tempête pour nous. Nous sommes aussi sensibles au bruit. Une cuillère qui tombe pour nous, c’est un concert”, a-t-elle détaillé.

“Le parcours d’un migraineux, ça ne va être que des essais de médicaments, je le comprends très vite”, raconte Joana. La migraineuse a tout essayé pour calmer ces crises : des antiépileptiques, des antidépresseurs, des anxiolytiques, des neuroleptiques et des bêtabloquants. “À aucun moment on a un anti-migraineux”, regrette-t-elle.

Migraine chronique : “15% avaient déjà pensé au suicide”

“Cette maladie a tout détruit”, déplore Joana, qui s’estime chanceuse d’avoir un conjoint qui ne l’a pas connu pas malade et qui est toujours à ses côtés. D’après la migraineuse chronique, la difficulté de cette pathologie est si grande que l’association de patients, la Voix des migraineux, a fait un sondage qui concerne uniquement les migraineux sévères et chroniques.

“Il en est ressorti que 15% avaient déjà pensé au suicide. Depuis ma tentative de suicide, je retrouve déjà un peu d’espoir, je me tourne vers l’avenir, c’est-à-dire qu’au lieu de regarder le présent, de regarder le passé, j’essaie enfin de me résilier à ma maladie et d’aller de l’avant”, a-t-elle développé. Elle considère que “c’est important de témoigner aujourd’hui parce que la maladie nous enferme dans une solitude très lourde alors que la Voix des migraineux existe. (…) Nous sommes là pour vous et il faut se battre, il faut survivre pour vivre”.

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