"Olga" fait sa révolution

Elie Grappe n’a que 27 ans, aurait pu devenir musicien classique, a quitté Lyon pour la Suisse, et signe des débuts remarqués dans le cinéma.

Olga est une jeune gymnaste ukrainienne qui rêve de Jeux olympiques quand éclate la révolution de février 2014 qui fera une centaine de morts, et dont l’épicentre fut la place Maïdan, à Kiev. Parce que sa mère journaliste est menacée par le régime et qu’elle est suisse par son père, Olga peut se mettre à l’abri et poursuivre sa préparation avec l’équipe helvétique.

« Les images de la révolution de Maïdan filmées au portables sont fantasmatiques. »

à franceinfo

Mais la jeune femme est tiraillée entre son ambition personnelle et la tragédie qui se joue chez elle, et qu’elle suit frénétiquement sur les réseaux sociaux. Entre le confort feutré de son pays d’accueil et le chaos des manifestations en Ukraine, le contraste est saisissant, mais la dimension organique du film crée un lien inattendu.

Les scènes d’entrainement, remarquablement filmées – l’actrice principale, Anastasia Budiashkina, est elle-même gymnaste – résonnent avec les images de la révolution tournées au portable par les manifestants.     

Oranges sanguines de Jean-Christophe Meurisse

Jean-Christophe Meurisse est depuis 15 ans avec sa compagnie de théâtre, Les chiens de Navarre, un chroniqueur acide de l’époque, avec son deuxième film Oranges sanguines il va loin, très loin dans l’humour noir.

Une jeune femme violée qui torture avec délice son agresseur, un couple de retraités surendettés qui envisage le suicide comme acte de rébellion politique, un ministre de l’économie qui jure ne pas avoir planqué d’argent en Suisse, c’est bien de notre époque que parle Oranges sanguines, sans la moindre retenue quant à sa cruauté.

« Je n’ai pas de directeur de casting, j’ai acquis ma liberté au théâtre. »

à franceinfo

Tout y passe, les relations familiales, le cynisme de nos politiques, le patriarcat mais aussi le wokisme, et si c’est aussi jubilatoire c’est en grande partie grâce au casting : Blanche Gardin et Denis Podalydès côtoient des interprètes venus du théâtre et des ex-Deschiens.

Haut et fort de Nabil Ayouch  

Après les très remarqués Razzia et Much Loved, le réalisateur franco-marocain retourne à Sidi Moumen, banlieue de Casablanca où il a fondé un centre culturel, c’est là avec les jeunes garçons et filles qui viennent s’y évader, qu’arrive Anas, ancien rappeur devenu prof, convaincu que le hip hop sera un outil d’émancipation.

Tourné avec des non professionnels, Haut et fort déborde d’énergie, d’émotion, d’espoir, malgré le poids des familles et de la religion. C’est aussi un plaidoyer pour la transmission, Nabil Ayouch avoue qu’il doit beaucoup aux années passées à la MJC de Sarcelles, dans les années 80. Et une fois de plus, ce sont les filles qui ont le plus de raisons de dire Haut et fort qui elles sont.            

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