"On repousse notre mort à demain" : quatre femmes racontent l’enfer des violences conjugales

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre, France 5 consacre un volet de la série documentaire Ils font bouger les lignes, à celles et ceux qui ont décidé de briser le silence sur les violences qui, en France, touchent une femme sur dix.

«J’étais devenue une petite chose incapable de se rebeller.» «On repousse notre mort à demain.» «Rester pour les enfants ça n’est pas possible.» «On entendait notre mère se faire taper toute la soirée.» Insultes, coups, humiliations, en France une femme sur dix est victime de violences conjugales et 149 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint en 2019. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre, France 5 consacre un volet de la série documentaire Ils font bouger les lignes à cette violence qui ronge notre société. Dans ce documentaire d’1h30, Olivier Delacroix est parti à la rencontre de Marie-Christine, Alison, Hélène et Camille qui ont choisi de témoigner et de s’engager pour mettre fin au «silence qui nourrit la violence».

Le premier amour et les premiers coups

À visages découverts, victimes et proches reviennent sur l’enfer que leur bourreau leur a fait endurer et sur leur combat pour s’en sortir et se reconstruire. Parmi elles Marie-Christine qui a reçu le premier coup le jour où elle a annoncé sa grossesse à son mari. Pendant près de 15 ans, elle encaisse les agressions physiques et verbales en silence, jusqu’au jour où son mari manque de la poignarder. Partie du domicile conjugal avec sa fille, elle porte plainte et lance une procédure judiciaire qui se terminera par la condamnation de son mari. Depuis, Marie-Christine se sert de son vécu pour inciter les témoins de violences à agir et à venir en aide aux victimes.

Camille a 16 ans lorsqu’elle rencontre son premier amour. En rupture avec sa famille, elle abandonne un bac pro en cuisine à la demande de son fiancé. Totalement isolée, elle devient son souffre-douleur. Brûlures de cigarettes, coups, insultes, durant 4 ans elle subit et «repousse la mort à demain», mais décide de fuir le jour où son tortionnaire lui met une arme dans la bouche. Se retrouvant à la rue, elle alterne alors entre les centres d’hébergement d’urgence et les hôtels sociaux. Aujourd’hui, Camille a trouvé un emploi en CDI mais vit cachée dans un foyer d’accueil, dans la crainte que son ex-compagnon ne la retrouve.

Le rêve vire au cauchemar

Séparée de son premier conjoint avec lequel elle a eu deux filles, Alison croit avoir retrouvé l’amour auprès de son «prince charmant». Tension, brutalité, reproches, le rêve vire rapidement au cauchemar. Terrorisée par son conjoint, Alison se retrouve incapable de se rebeller quand les premiers coups tombent. Témoins de ces violences, Lana et Laurine, alors âgées de 5 et 8 ans, craignent pour la vie de leur mère jusqu’au jour où l’homme lève la main sur l’une d’elles. La fois de trop pour Alison qui s’enfuit avec ses enfants. Aujourd’hui, à la tête de son association «Les Roses de l’espoir», elle organise des ateliers de sensibilisation auprès des jeunes et se bat pour que les enfants témoins de violences conjugales, obtiennent le statut de victimes et une prise en charge adéquate.

Parmi ces récits bouleversants, il y a aussi celui d’Hélène qui revient sur l’histoire de sa sœur, Marie-Alice assassinée par son compagnon, après 15 ans de vie sous son emprise psychologique. Comme 30% des victimes de féminicides, Marie-Alice n’avait reçu aucun coup avant que la police ne retrouve son corps dans une valise flottant sur l’Oise. Se retrouvant seule et démunie après la mort de sa sœur, Hélène a créé avec d’autres familles l’Union Nationale des Familles de Féminicides (UNFF), pour venir en aide aux victimes et à leurs proches.

Violences conjugales : la fin du silence, un documentaire d’Olivier Delacroix et Julie Ledru, produit par Katia Maksym, à voir le 24 novembre sur France 5 à 20h50.

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