Pourquoi les rappeurs sont-ils fans des légendes de la variété française ?

  • En l’espace de quelques mois, Jul et Kalash Criminel ont fait part de leur respect pour Michel Polnareff.
  • Florent Pagny ou Mylène Farmer font aussi rêver les artistes de la jeune génération.

Si Michel Polnareff se fait plutôt rare ces derniers temps (en tout cas musicalement), nombreux sont encore ceux à porter sa musique dans leur cœur. C’est le cas de
Kalash Criminel et de
Jul qui, à quelques mois d’intervalles cette année, ont fait part de leur respect pour le chanteur, et l’ont catapulté par la même occasion dans le rapgame français. Pour le Marseillais, tout est parti d’un malentendu. Interrogé en avril dernier sur le rappeur, Michel Polnareff avait estimé que Jul n’avait « aucun talent », et n’était pas un « chanteur », avant de se rendre compte qu’il se trompait de personne. Il lui avait alors présenté ses excuses sur Twitter, immédiatement accepté par Jul, sans rancune. Au contraire.

De là semble être né une réelle complicité sur les réseaux sociaux entre les deux artistes, jusqu’à laisser entendre la possibilité d’un morceau en commun, Julnareff (qui on l’espère, figurera sur le prochain album de Jul dont la sortie ne devrait pas tarder).

L’interprète de Lettre à France ne serait bien évidemment pas le premier artiste de la chanson française à signer un feat avec un rappeur. Citons les plus connus : Calogero et Passi, Patrick Bruel et La Fouine ou encore Nicoletta et JoeyStarr. Des rencontres musicales parfois improbables mais pas si étonnantes que ça finalement. Et ce n’est pas la nouvelle génération de rappeurs qui dira le contraire.

« On ira tous au paradis »

Tout comme Jul, le sevranais Kalash Criminel a lui aussi un lien particulier avec Michel Polnareff. En 2017 sur une mixtape, il rappait « Polnareff nous a menti, on n’ira pas tous au paradis », sur un titre intitulé… Polnareff. Et rebelote sur son nouvel album Sélection naturelle (disponible le 20 novembre), où il lui fait de nouveau un clin d’œil sur le morceau Tarifs. Coïncidence, la semaine dernière, le chanteur ne l’avait pas attendu pour lui répondre dans un tweet « on ira tous au paradis », en le mentionnant directement.

« Moi-même j’étais un peu surpris, je n’étais pas au courant du tout !, explique Kalash Criminel à 20 Minutes à l’occasion de la sortie de son album. J’étais super content, il m’a envoyé un message, on s’est parlé… J’ai envie de faire un morceau avec lui direct ! »

Flatté par cette attention, l’artiste ne cache pas son admiration : « C’est un monument de la chanson française, ça va au-delà de la musique. Pour moi il représente la réussite dans la musique, il a des chansons incroyables qui ont traversé le temps. » Hormis Polnareff, Kalash Criminel cite d’autres monstres sacrés de la chanson française dans ses titres, Florent Pagny sur le premier album, Balavoine et Johnny sur le deuxième. « Ce sont des artistes que j’ai écoutés, que j’ai admiré et que j’admire toujours. En termes d’écriture c’était vraiment bien ce qu’ils faisaient, j’aime tout ce qui est bien écrit, pour moi c’est important », précise-t-il.

Et à ses yeux, la connexion entre le rap et la chanson française est une évidence : « C’est de la musique et c’est la musique qui parle. On l’a vu avec des titres comme Passi et Calogero… Il n’y a pas de blocage, pour moi tout est possible ». En ce qui le concerne, Kalash Criminel aimerait travailler avec Polnareff bien sûr, Florent Pagny ou Pascal Obispo, mais aussi avec la grande Céline Dion.

Se détacher de son univers

Un rêve que partage Dadju, ancien membre du duo The Shin Sekaï. Dans un registre R’n’B, l’artiste a déjà repris l’une de ses chansons, S’il suffisait d’aimer, et la considère comme l’une de ses « chanteuses préférées ». « J’ai grandi aussi avec la variété française parce que ma mère est une grande fan de cette variété justement », expliquait-il
sur le plateau de Laurent Delahousse sur France 2 le 8 novembre dernier. « J’aimerais toucher cette variété-là (…) J’ai eu la chance de pouvoir parler avec Jean-Jacques Goldman, je lui avais demandé aussi d’écrire un titre pour moi si l’envie lui venait. Voilà c’est vraiment un univers que j’apprécie énormément et que j’aimerais développer aussi », dévoilait l’artiste. Une volonté d’autant moins étonnante que comme son frère Gims, Dadju navigue aisément entre rap et chant.

Céline Dion n’est pas la seule chanteuse à faire rêver les rappeurs. Dans une interview accordée à Mcetv.fr en 2016, Damso avait quant à lui fait part de sa fascination pour Mylène Farmer, avec qui il aurait aimé faire un feat : « Quand j’écoute ses sons je vois vraiment quelqu’un qui aboutit musicalement parlant et artistiquement parlant donc ça me plaît. Je vois des titres un peu compliqués où on part dans des délires où tu sais pas où on va mais à la fin tu te dis « Wow putain, le son il est extraordinaire » ! Je vois vraiment un délire très artistique, bien fait, où les deux artistes savent se détacher de leur univers. Me mettre moi dans l’univers de Mylène Farmer et Mylène Farmer dans le mien ». Et on ne peut que rêver de cette collaboration.

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