Poutine, héros de manga avec « The Ride-on King » ? Oui mais pas vraiment

  • Le manga The Ride-on King de Yasushi Baba est sorti jeudi chez Kurokawa et met en scène Ploutinov, président à vie de la Prussie
  • Mais il ne s’agit pas d’un portrait ou d’une satire de Poutine, puisque le personnage évolue dans un univers d’heroic fantasy
  • Le titre appartient à l’« isekai », un genre très populaire qui voit ses héros projetés dans un monde imaginaire

Un guerrier à queue de singe, un pirate élastique, un super-héros chauve… Le manga en compte des héros chelous mais puissants (mais chelous), mais connaissez-vous Ploutinov ? Dans un recoin de l’Asie centrale, une nation a su gagner le respect et la crainte de ses voisins grâce à un seul homme, celui qui a dompté le pays d’une main de fer : Alexandre Ploutinov, président à vie de la République de Prussie. Voici le pitch du
manga The Ride-on King aux éditions Kurokawa, et toute ressemblance avec une personne existante serait tout à fait volontaire. Ou plutôt avec
un mème vivant.

Ploutinov ne pense qu’à chevaucher des trucs

En effet, le mangaka Yasushi Baba évoque moins le vrai Vladimir Poutine que le montage photo le montrant torse nu à dos d’ours (en réalité, un cheval). « J’avoue que les mèmes internet m’ont inspiré, explique-t-il à BFM TV, et je me suis dit que ce serait amusant d’avoir un personnage qui ne pourrait résister à l’envie de monter des animaux. » Son héros ne pense ainsi qu’à ça, chevaucher des trucs, des tigres, requins, chars, et pourquoi pas une fusée spatiale. C’est alors qu’il est victime d’une attaque terroriste et se réveille… dans un univers d’heroic fantasy avec plein de dragons et autres centaures à dompter ! Pardon ?

Le « isekai », nouveau genre à la mode en manga et animé

The Ride-on King effleure la satire avec son Ploutinov surpuissant, impassible et un peu ridicule il faut le dire, d’ailleurs « au Japon, le titre est considéré par les lecteurs comme un manga d’humour avant tout », concède Yasushi Baba. Sa série appartient en fait à un genre très précis, le « isekai », littéralement « autre monde », qui, sur le principe du poisson hors de l’eau et de références comme Alice au pays des merveilles ou Le Magicien d’Oz, voit son héros ou héroïne être transporté dans un autre univers, de son vivant (on parle de « isekai ten-i ») ou par réincarnation après sa mort (on parle de « isekai tensei »). Le genre, très à la mode en manga et japanime, obéit à des codes précis, proches de ceux d’un jeu vidéo de rôle, quand le personnage n’est pas projeté dans un jeu vidéo (Sword Art Online, The Rising of the Shield Hero, Overlord).

Qui veut être un slime ou une araignée ?

L’offre « isekai » est plus importante que jamais, et au regard de ses ambassadeurs les plus connus, Ploutinov passe presque pour un petit joueur. Dans Moi quand je me réincarne en slime (Kurokawa), un employé de bureau se réincarne… bah en slime, tandis que dans So I’m A Spider, So What ? (Pika), bah c’est aussi dans le titre. Mushoku Tensei (Doki Doki), lui, voit un loser trentenaire réincarné en bébé magicien, Tanya The Evil (Delcourt/Tonkam) un businessman en orpheline de la Première Guerre mondiale, et ce n’est pas fini avec bientôt Les Racailles de l’autre monde chez Ki-oon le 1er avril, et le j’ai-tout-compris Réincarné dans un autre monde chez Delcourt/Tonkam en juin, qui mêle jeu vidéo, slime, dresseur et magie. Y a même pas de président, nul.

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