Record de femmes autrices dans la sélection officielle à Angoulême

Ce n’est pas encore la parité, loin de là, mais c’est une avancée : le Festival d’Angoulême, qui doit donner son palmarès en janvier 2021, a dévoilé ce mardi 17 novembre sa sélection officielle, qui comporte 26 % d’autrices, selon un calcul effectué par 20 Minutes. Soit 16 femmes sur 61 auteurs et autrices. C’est mieux que sur les quatre années précédentes (2020, 2019, 2018 et 2017), où 20 Minutes a décompté respectivement 17 %, 20 %, 19 % et 17,5 % de femmes.

C’est surtout mieux qu’en 2016, où l’évènement avait déclenché une intense polémique après avoir dévoilé une sélection officielle ne comptant… aucune femme. Un collectif d’autrices avait appelé au boycott du vote, ainsi que plusieurs auteurs nommés.

Des autrices féministes et des héroïnes à foison

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, #MeToo est passé par là, et cela se voit (un peu). La sélection accueille par exemple cette année Lisa Mandel, autrice féministe et engagée qui fait partie du Collectif des Autrices de BD contre le sexisme. Ou Lucie Quéméner, jeune dessinatrice franco-chinoise de 22 ans, qui raconte dans Baume du Tigre l’histoire d’une famille d’immigrés où le grand-père, garant des traditions, « règne en patriarche tyrannique sur trois générations », selon la présentation de l’éditeur.

Les héroïnes sont là. La sélection a mis à l’honneur l’écrivaine Anaïs Nin, racontée par Léonie Bischoff. Irena retrace le parcours d’une « Juste » qui a sauvé plus de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Peau d’homme est album poétique et engagé sur l’identité sexuelle, qui conte l’histoire d’une jeune fille revêtant une « peau d’homme » lui permettant de s’introduire dans la société masculine et de mieux connaître son futur mari. Avec Pucelle, Florence Dupré la Tour explore les tabous de la sexualité et avec Flipette & Vénère, Lucrèce Andreae raconte le parcours de deux jeunes femmes confrontées à un avenir incertain.

Les minorités sexuelles, le thème du handicap et du racisme sont aussi présents dans la sélection. Comme avec Black Out, de la scénariste et romancière Loo Hui Phang, accompagnée de l’auteur de BD Hugues Micol. Une BD en noir et blanc qui est décrite comme un « négatif hanté par la mémoire du racisme aux origines d’Hollywood ». Ou encore Le taureau par les cornes, qui raconte l’histoire d’un père confronté au handicap de son fils trisomique. Enfin Chinese Queer narre le parcours de Tian Fushi, un étudiant gay qui aurait voulu devenir artiste, mais qui abandonne ses études et cherche entre sexe et alcool le sens de sa vie.

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