Retraite : le rachat de trimestre, mode d’emploi

Vous partez en retraite mais sans obtenir le taux plein ? Voici comment faire pour racheter les trimestres manquants.

Avec Nicolas Strady, directeur des opérations retraite de Ma Réforme des Retraites

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Quand vous atteindrez l’âge légal de départ, il vous manquera des trimestres pour obtenir le taux plein mais vous n’envisagez pas de travailler au-delà ? Jusqu’à 67 ans (60 ans pour les fonctionnaires), on peut racheter un à douze trimestres manquants pour nos années d’études ou incomplètes (chômage non rémunéré, stages, temps partiel, apprentissage pour les assistantes maternelles réalisé entre janvier 1975 et fin décembre 1990, etc.). Le coût varie selon votre âge, vos revenus et en fonction de l’option choisie : « rachat du taux seul » (option 1) ou « rachat du taux + durée d’assurance » (option 2). En 2022, à 60 ans, il faut ainsi débourser 3 275 €* à 4 367 € pour racheter un trimestre avec l’option 1, entre 4 854 € (ce tarif vous concerne si vos revenus sont inférieurs à 30 852 €) et 6 472 € avec l’option 2.

Je calcule la rentabilité

« Le rachat du taux seul, moins onéreux, est souvent plus rapide à rentabiliser« , constate Nicolas Strady, de Ma Réforme des Retraites. Il diminue ou évite la décote, tandis que la seconde option augmente en sus le montant de la retraite de base. Procédez à des simulations sur le site lassuranceretraite.fr ou demandez conseil à un cabinet spécialisé pour calculer le nombre d’années nécessaires à l’amortissement de la mise. Vous devez prendre en compte le coût de cette opération, le futur gain annuel sur la retraite de base et la complémentaire (un rachat donne accès au taux plein pour cette dernière) mais aussi l’avantage fiscal : les sommes dépensées pour récupérer des trimestres sont en effet déductibles des revenus imposables. Si l’opération est rentabilisée en moins de sept à neuf ans, foncez ! Sinon, à vous d’apprécier si le pari vaut le coup…

Je tiens compte des situations particulières

Vous êtes en train de négocier une rupture conventionnelle ou de quitter votre entreprise dans le cadre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi ? Essayez de négocier la prise en charge d’un rachat de trimestres dans votre « package » de départ. Vous êtes chef d’entreprise, artisan, commerçant ou exercez une profession libérale ? Un rachat peut vous permettre d’obtenir votre retraite avec le taux plein, puis de retravailler en cumulant emploi et retraite sans plafond : c’est souvent plus rentable que de repousser la quille. Enfin, si vous envisagez de partir avant 62 ans dans le cadre d’un départ anticipé pour carrière longue ou autre, inutile de réfléchir à un rachat : les trimestres validés de la sorte ne comptent pas dans l’examen des conditions d’éligibilité !

Je remplis le formulaire

Compléter la demande de rachat (à télécharger sur lassuranceretraite.fr ou bien à réclamer au 39 60) n’engage à rien. La caisse de retraite vous retournera quelques semaines plus tard des simulations pour chaque option. La demande de rachat n’est effective que si vous renvoyez le devis. Pour un unique trimestre, le paiement se fait comptant mais, au-delà, on peut être prélevé mensuellement pendant un à cinq ans, ce qui permet aussi de lisser l’avantage fiscal.

Les conseils de l’expert

« Plus on vieillit et plus le coût du rachat grimpe. Mais ce n’est pas une raison pour racheter trop jeune : à 50 ans, on n’a pas toujours une vision très claire de la fin de sa carrière. Si on se retrouve au chômage à 62 ans, on peut ainsi avoir finalement droit au chômage jusqu’à l’obtention du taux plein, ce qui rend un rachat antérieur inutile.« 

Merci à Nicolas Strady, directeur des opérations retraite au sein de Ma Réforme des Retraites.

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