« Rien ne peut rivaliser avec le succès de "Game of Thrones" »

Quand il vous tend la main et plante ses yeux bleu acier dans les vôtres, on sent immédiatement que celui qui est connu dans le monde entier pour son rôle de chevalier à la main en or, a un cœur en or. C’est avec beaucoup de générosité et d’humilité que Nikolaj Coster-Waldau, président du jury de la
saison 04 du Festival International des Séries de Cannes, s’est prêté au jeu des questions-réponses devant une poignée de journalistes, dont 20 Minutes. Rencontre avec l’inoubliable interprète de Jaime Lannister de Game of Thrones.

Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être président du jury de CanneSeries ?

Etre ici, avec les autres membres du jury de CanneSeries, est un véritable honneur. Je suis très heureux parce que j’aime les histoires, les bonnes histoires ! Grâce au streaming, je regarde des séries venues de pays auxquels je n’avais pas accès auparavant. Quand on pense à toutes les craintes que l’arrivée des plateformes de streaming a suscitées ! Avant, on pensait que pour qu’une série voyage, il fallait qu’elle soit anglo-saxonne. En fait, c’était juste une question d’accès. Qui aurait pu imaginer qu’une production sud-coréenne soit en passe de devenir la série la plus regardée au monde ? C’est exactement ce dont nous avons besoin actuellement. Nous vivons dans un monde polarisé, plein de peurs et de diabolisation des autres. Et quand on regarde une série venue d’ailleurs, on comprend qu’on partage tous, malgré les différences culturelles, la même expérience humaine. Nous luttons tous pour les mêmes choses.

Êtes-vous familier avec l’univers du cinéma et des séries françaises ?

Je me souviens d’avoir vu jeune le film 37°2 le matin, de Béatrice Dalle et de cette bande originale incroyable ! J’avais une vingtaine d’années et ce film me semblait si romantique. J’ai vu de nombreux films français dans une salle de cinéma dédié au cinéma français quand j’étais jeune. Le cinéma français a eu un impact énorme sur le monde du cinéma. Je n’ai pas vu beaucoup de séries françaises, mais grâce au streaming, j’ai pu voir et j’ai beaucoup aimé Dix pour cent. A CanneSéries, j’ai découvert votre grand succès, Validé.

Sur quels critères allez-vous juger les séries en compétition ?

Très simplement. Est-ce que je me retrouve dans l’histoire et dans les personnages ? Est-ce que j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça un million de fois, ou est-ce que c’est quelque chose de nouveau ?

La multiplication des diffuseurs change-t-elle votre métier d’acteur ?

Lorsque j’ai débuté en tant qu’acteur il y a près de trente ans, la télévision était un peu le mouton noir et était plutôt mal vue. CanneSeries n’existait pas, il n’y avait que le festival du film à Cannes. C’était là où l’on produisait l’art véritable. Avec l’explosion de la créativité, de la narration originale et de l’innovation à la télévision grâce au câble et, plus tard, au streaming, ces barrières ont disparu. Les plus grands réalisateurs de cinéma font de la télévision, et vice versa. En tant qu’acteur, je veux des scénarios qui m’enthousiasment, personnellement, je ne me soucie pas vraiment de savoir si c’est pour le cinéma ou la télévision.

Vous avez tourné en moyenne deux films par an pendant toute la production de « Game of Thrones ». Avez-vous souffert en tant qu’acteur que Jaime Lannister fasse de l’ombre à vos autres performances ?

Pour moi, cela n’a pas fait d’ombre à quoi que ce soit ! C’était presque l’inverse. Jusqu’aux deux dernières saisons, qui étaient plus prenantes, j’avais environ vingt-cinq jours de tournages sur Game of Thrones, et j’avais plus de jours sur d’autres projets. Aucun film ne peut rivaliser avec le succès de Game of Thrones. Évidemment, la plupart des gens me connaissent grâce à Game of Thrones. C’est tout à fait logique. Pour moi, ce n’est ni une question, ni un problème.

Que pensez-vous de la fin de votre personnage ?

J’ai trouvé cela superbe d’être enfoui sous les décombres. C’est toujours comme cela que je l’ai imaginée.

Vous n’avez jamais envisagé une fin heureuse pour Jaimie ?

Au premier Comic Con de San Diego, on m’a posé cette question et j’ai répondu : « J’imagine Cersei et Jaime voguant vers le soleil couchant et finir leurs vieux jours ensemble ». Ce n’est pas exactement ce qui est arrivé ! (rires) Il y a eu beaucoup de controverses autour de la fin de Game of Thrones. C’est la fin que les créateurs de la série ont toujours imaginée.

Quelle est la chose la plus dingue qui vous est arrivée grâce à « Game of Thrones » ?

Et bien, je suis le président du jury de CanneSeries, je crois qu’il y a un lien ! J’ai vécu des choses géniales, j’ai voyagé partout dans le monde. Mais le truc le plus dingue, c’est que je suis devenu ambassadeur de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). J’ai voyagé pour aider à sensibiliser le public au travail qu’ils font dans le monde. Et j’ai rencontré des gens incroyables vivant dans des conditions très difficiles et essayant de rendre le monde meilleur. Cela a été une telle bénédiction pour moi d’en faire l’expérience.

A part « Game of Thrones », quelle est votre meilleure série de tous les temps ?

Je ne sais pas s’il y a une meilleure série de tous les temps, il y a de très nombreuses très grandes séries. Mais, si je dois en choisir une, ce serait la série danoise de Lars von Trier The Kingdom, que j’ai vu jeune et trouvé incroyable, originale, drôle et effrayante. Une histoire de fantômes dans un hôpital. Quand on tournait Game of Thrones, j’étais obsédé par Breaking Bad. J’aime aussi la comédie Veep. Et je recommande la série de Michaela Coel I May Destroy You, une série incroyable ! En fait, me demander de choisir qu’une seule série, c’est comme si vous me demandiez laquelle de mes filles j’aime le plus.

J’ai lu que vous ne vouliez plus jamais jouer de chevalier, quel serait le rôle de vos rêves ?

Je n’ai pas de rôle de mes rêves. Je jouerai à nouveau un chevalier si le personnage est intéressant. Au début de Game of Thrones, j’ai reçu beaucoup de propositions pour jouer des chevaliers ou des combattants à l’épée. Mais je trouvais que les scénarios n’étaient pas intéressants. Mais si un bon scénario se présentait, je sauterais sur l’occasion. Peut-être pas un chevalier armé d’une seule main !

 

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