Sexo : nos kilos, c’est vraiment un poids pour lui ?

Impitoyables avec nous-mêmes, nous jetons un regard sévère sur nos formes qui, au fil des ans, sont venues modifier notre silhouette. Mais notre homme, lui, déteste-t-il tant que ça nos rondeurs ? Pas si sûr…

Restez informée

Persuadées que nous devons les éradiquer, nous attaquons régulièrement nos bourrelets à coups de régime drastique. Il est bien sûr important pour notre bien-être et notre santé de ne pas souffrir d’un surpoids excessif. Mais n’en faisons-nous pas trop ? Si nous étions plus fines, serions-nous plus heureuses et notre chéri davantage comblé (qu’il ne l’est déjà !) au lit ? Pour répondre à ces questions, mettons-nous deux minutes à sa place : peut-être est-il tout bonnement rassuré par nos kilos. Ainsi, il se sent moins seul face à sa petite bedaine et ses pectoraux en berne. Il vieillit, nous vieillissons, au moins, pas de jaloux !

“Les changements corporels liés à l’âge, sans être un drame, ne sont pas toujours faciles à accepter, souligne Valérie Cordonnier, sexothérapeute. Il faut réussir à renoncer aux exigences (souvent disproportionnées) que nous avons envers nous-mêmes et envers l’autre. Vivre cette expérience à deux est non seulement consolateur mais cela peut aussi nous rapprocher : encore une chose qu’on aura réussi à traverser ensemble main dans la main.” Il est également fort possible que notre amoureux considère nos kilos avec attendrissement, comme les signes tangibles de la longévité de notre amour. Ne tombons donc pas dans une attitude absolutiste en nous acharnant à effacer nos formes, de même que nos rides d’ailleurs. Cette radicalité nous conduirait à nier tout un pan de nous-même et de notre histoire.

C’est la ouate qu’ils préfèrent

Et puis, notre partenaire de jeu n’est peut-être pas contre un certain moelleux dans les étreintes. Certes, un corps svelte est esthétique… mais pas forcément très confortable ni engageant. “Si, à 30 ans, la minceur est faite de chair et de muscles, elle peut devenir plus anguleuse passé 60 ans. Tandis que les rondeurs – et même une certaine mollesse, osons le dire ! – sont souples et élastiques sous la main de qui les caresse. Elles sont un véritable appel à s’y lover, s’y enfouir, palper et pétrir. Elles autorisent notre homme à effectuer un petit voyage régressif vers ses toutes premières émotions libidinales, à l’aube de sa vie quand, bébé, il tripotait le sein de sa mère gonflé de lait”, analyse Valérie Cordonnier.

On ne va quand même pas le priver de ça ? Et scoop d’entre les scoops : il n’est pas impossible qu’il soit même excité par un peu de cellulite. Comme les peintres ou sculpteurs d’antan, qui affichaient leurs penchants pour les femmes aux courbes généreuses, bien loin des représentations lisses et retouchées des corps féminins dans les magazines d’aujourd’hui. “Avec ses irrégularités, ses creux et ses bosses, donc ses imperfections, la cellulite rend le corps féminin plus accessible – et donc promesse de plaisir”, observe la sexothérapeute Alors, prenons conscience que nos kilos peuvent aussi être sexy. Et entreprenons de faire (enfin !) disparaître cette obsession pour le poids.

Oui à la légèreté du plaisir

Cette préoccupation ne fait pas bon ménage avec une sexualité épanouie. Elle nous conduit à nous regarder faire l’amour et à jouer les censeurs intraitables. Cette position, c’est niet : on voit trop mon “gros” ventre. Et celle-ci aussi : elle expose la cellulite sur mes cuisses. Résultat, on s’interdit tout et on est stressée. Un état d’esprit incompatible avec le lâcher-prise indispensable à la volupté.

“Sans compter que ce regard anxieux que nous posons sur nous se reflète dans nos expressions faciales, poursuit la sexologue. La bouche pincée, les sourcils froncés et le visage fermé ne sont pas particulièrement excitants, ni pour nous ni pour notre amant, et ont tendance à nous couper de notre propre plaisir ! Au contraire, si on réussit à faire l’amour en oubliant ses rondeurs, le corps se sent plus léger, plus libre, le visage s’ouvre, les postures deviennent plus lascives et stimulantes, on reprend contact avec ses sensations.” Bref, la félicité peut s’inviter sous la couette !

L’extase à portée de mains

Mais comment faire bon usage de nos formes et en jouer ? Commençons par flécher le parcours pour notre chéri. Peut-être n’ose-t-il pas agripper à pleines mains les parties justement les plus pleines de notre anatomie. De peur de nous vexer ou de passer pour un ruffian. Autorisons-le, guidons-le aux bons endroits, sur notre ventre, nos fesses, nos hanches, nos cuisses. “Pour une femme, il peut être très excitant d’être ainsi “attrapée”, de sentir tout le désir de son homme dans ce geste gourmand et un brin possessif. Dans ce scénario finalement très archaïque, c’est notre côté animal et pulsionnel qui parle en nous, tout comme le lion agrippe la lionne par la nuque pendant l’acte sexuel !”, décrypte Valérie Cordonnier. C’est peut-être aussi le bon moment, grâce à notre poitrine devenue plus opulente, de tester enfin la fameuse “cravate de notaire” et d’enserrer entre nos seins le sexe de notre homme. Une variante est également possible avec les fesses.

“Tous ces petits jeux sont les bienvenus pour ceux qui veulent réinventer une sexualité non centrée sur la pénétration”, insiste-t-elle. Si nos courbes rebondies nous ouvrent de nouveaux horizons sensuels, comment ne pas les accepter ? Et même les aimer…

A lire aussi :

⋙ Sexo après 50 ans : oui aux caresses !

⋙ Sexo + 50 ans : au secours, mon chéri a décidé de… s’épiler !

⋙ Sexo + 50 ans : 6 choses à ne jamais lui dire au lit !

Source: Lire L’Article Complet