Sexo : nos odeurs sont-elles un tue-l’amour ?

Lingettes intimes, déodorants surpuissants ou douches décapantes : il ne fait pas bon laisser s’échapper nos effluves corporels. Pour les narines de notre entourage peut-être mais pour titiller les sens de notre chéri, rien n’est moins sûr !

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Nous sommes saisie d’effroi à l’idée que nous pourrions sentir un peu fort ! Normal, nous sommes en phase avec notre époque et le sens de l’histoire. Aujourd’hui, à la différence des siècles passés, la norme est le corps inodore. C’est le signe d’une bonne intégration sociale et d’un souci de soi. Avoir les aisselles ou les pieds malodorants est donc vécu comme l’humiliation suprême. Derrière cet acharnement à éradiquer nos sécrétions – pourtant parfaitement naturelles – peut aussi se cacher la volonté de lisser ce qui justement révèle notre animalité. Nous valons tout de même mieux que des bêtes se reniflant le postérieur, non ?

Surtout, nous pouvons en vouloir à nos senteurs corporelles de nous rendre un peu trop lisibles aux yeux des autres. « Elles sont en effet le reflet direct de nos émotions. Le stress dégage une odeur particulière, de même que la peur et bien sûr aussi le désir sexuel. Que leur désir soit perceptible aux narines d’autrui est insupportable pour beaucoup de femmes. Elles veulent bien être désirées mais ne sont pas forcément prêtes à assumer ouvertement le fait d’être désirantes, dans une société qui continue très largement à leur refuser cette liberté accordée aux hommes », analyse Valérie Cordonnier, sexothérapeute.

Laisser la libido s’exprimer

Il est hélas fort possible que notre folie du ménage corporel nous prive d’une jolie source d’excitation, pour nous-même et pour notre amoureux. Nos effluves, qu’on le veuille ou non, font partie de notre condition de mammifère. Ainsi, au niveau du pubis et des aisselles, les glandes sudoripares ne produisent pas une sueur banale mais des sécrétions laiteuses qui excitent la libido. Ce n’est pas pour rien que Napoléon prenait soin de prévenir Joséphine de son retour : « Ne te lave pas, j’accours et dans huit jours je suis là ! », lui intimait-il. Des expériences ont montré une réelle attraction des humains pour l’odeur du sexe – un savant mélange de sperme, de cyprine et de sueur – alors même qu’elle ne sent pas particulièrement la rose…

« Se récurer systématiquement avant l’amour donne aux étreintes le goût acidulé du gel douche. Cela peut nous sembler agréable mais il y a fort à parier que le cerveau, lui, n’en tire pas pleine satisfaction. Car il est programmé pour se repaître de l’odeur du sexe ! Une hygiène trop poussée a donc tendance à brider la sexualité de tous ses potentiels, à l’amputer de son aspect spontané et naturel. Si, au contraire, nous acceptons d’accorder une place à nos effluves, nos corps-à-corps gagneront en lâcher-prise et oseront sortir des scénarios un peu trop aseptisés », encourage Valérie Cordonnier

Se faire titiller les narines (et le reste)

Comment s’y prendre pour laisser une chance à nos exhalaisons naturelles, les nôtres et les siennes, de pimenter notre vie sexuelle ? Première étape : apprivoisons les nôtres. « En avançant en âge, du fait des variations hormonales, nos propres odeurs ont tendance à se modifier et à devenir plus présentes. Il peut donc être judicieux de les « réapprendre ». Quand nous nous déshabillons, osons par exemple enfouir le nez dans nos vêtements avant de les mettre au sale. Peu à peu, nous les intégrerons dans notre base de données olfactives et elles nous gêneront moins », propose la sexothérapeute. Quant à notre chéri, cessons d’exiger qu’il passe par la case douche avant de nous retrouver au lit. Si, dans un premier temps, nous craignons d’être incommodée, allumons une bougie parfumée à proximité, en privilégiant des senteurs sensuelles et même aphrodisiaques (musc, patchouli, bois de santal, jasmin…). Et dans les étreintes, commençons par humer des zones corporelles qui, a priori, ne sentent pas trop fort : le cou, le dos, les épaules, le torse.

Réagir quand ça sent le roussi !

Mais parfois, cela bloque vraiment et nous ne sommes pas loin du haut-le-cœur. Peut-être notre amoureux a-t-il réellement un souci d’hygiène et se néglige-t-il. « Cela ne veut pas dire qu’il se fiche de faire des efforts pour nous. Mais après des années passées à subir des contraintes quant à sa présentation dans le cadre de sa vie professionnelle, il peut avoir tendance à se laisser vivre à tout point de vue », analyse Valérie Cordonnier. Toutes les vérités n’étant pas bonnes à dire, surtout lorsqu’elles sont susceptibles de blesser profondément, nous n’allons surtout pas lui dire qu’il empeste ! Tâchons de nous montrer plus subtile : pour l’inciter à fréquenter plus souvent la douche, proposons-lui de l’y accompagner, si possible en donnant à notre invite un ton engageant et lourd de sous-entendus coquins.

Et si c’était plus grave, et si nous ne pouvions vraiment plus le sentir au sens métaphorique du terme ? Possible, nul couple n’est à l’abri d’une crise. « L’aide d’un sexothérapeute sera sans doute nécessaire pour comprendre pourquoi on n’a plus d’appétence pour l’autre et reconstruire un chemin vers lui », suggère-t-elle. Remercions finalement notre nez qui nous a envoyé un signal fort avant que la situation ne se dégrade trop…

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