Symptôme coronarien : comment détecter les premiers signes d’une maladie coronarienne ?

Qu’est-ce qu’une maladie coronarienne ? Quels sont les symptômes ? Qui est concerné ? Les réponses du cardiologue.

Restez informée

Maladie coronarienne : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant d’expliquer ce qu’est la maladie coronarienne, il est nécessaire de faire un détour du côté des artères coronaires. ” Ces artères, qui forment une ” couronne ” autour du cœur (d’où leur nom) sont au nombre de 3 ” explique le Dr. Mathieu Bernard-Le Bourvellec, cardiologue. À l’artère coronaire droite s’ajoute le tronc commun de l’artère coronaire gauche, qui se divise lui-même en deux branches, l’artère interventriculaire antérieure et l’artère circonflexe.

Les artères coronaires ont la particularité de se remplir de sang lorsque le cœur se relâche, tandis que les autres artères de l’organisme se remplissent lorsque le cœur se contracte ” remarque le cardiologue. Les artères coronaires sont assez fines puisqu’elles ne mesurent (en moyenne) que 3 mm de diamètre.

La maladie coronarienne (ou ” coronaropathie ” en langage médical) correspond à une atteinte de la paroi d’une (ou plusieurs) artères coronaires.

Car les parois des artères sont composées de 3 couches superposées : la couche externe s’appelle l’adventice, la couche interne s’appelle l’endothélium et entre les deux se trouve la média. Or, entre l’endothélium et la média, des dépôts (de cholestérol LDL, de calcaire ou encore de cellules spumeuses, c’est-à-dire de cellules immunitaires chargées de graisses) peuvent s’accumuler : on parle alors de plaque d’athérome.

Cette plaque d’athérome se met alors à grossir en épaisseur et/ou en surface, ce qui réduit progressivement le diamètre de l’artère, donc le passage du sang. ” Les artères coronaires sont plus propices que les autres au développement de plaques d’athérome ” souligne le Dr. Mathieu Bernard-Le Bourvellec.

Maladie coronarienne : quels sont les facteurs de risque ?

Coronaropathie : qui est à risque ? Les patients les plus susceptibles de développer une coronaropathie (ou maladie coronarienne) sont ceux qui présentent un risque cardiovasculaire important ” explique le Dr. Mathieu Bernard-Le Bourvellec.

Les facteurs de risque de la maladie coronarienne (ou coronaropathie) sont donc :

  • L’âge et le genre : la coronaropathie atteint plutôt les hommes après 50 ans et les femmes après 60 ans,
  • Le tabagisme,
  • L’hypertension artérielle (HTA),
  • Le diabète (qu’il soit de type 1 ou de type 2),
  • L’hypercholestérolémie (comprendre : l’excès de cholestérol dans le sang),
  • Le stress psychologique chronique,
  • La sédentarité,
  • Le surpoids ou l’obésité (caractérisés par un indice de masse corporelle supérieur à 25).

Symptômes coronariens : quels sont les symptômes de la maladie coronarienne ?

À savoir. Si le rétrécissement du diamètre de l’artère (à cause de la plaque d’athérome, donc) est inférieur à 70 % du diamètre total, la maladie coronarienne reste asymptomatique : il n’y a aucun signe visible de la coronaropathie.

En revanche, si le rétrécissement du diamètre de l’artère est supérieur à 70 % du diamètre total, on peut voir apparaître des symptômes spécifiques :

  • Des douleurs dans la poitrine, en particulier à l’effort (lorsqu’on court, lorsqu’on monte un escalier…),
  • Un essoufflement, en particulier à l’effort également,
  • Des palpitations cardiaques,
  • Des malaises ou des évanouissements…

L’infarctus du myocarde (que l’on appelle plutôt ” crise cardiaque ” dans le langage courant) est une complication possible de la maladie coronarienne : “ l’infarctus survient lorsque l’artère est complètement bouchée ” précise le cardiologue.

Maladie coronarienne : comment est-elle diagnostiquée et quels sont les traitements ?

Le diagnostic de la maladie coronarienne se fonde sur 2 types d’examens :

  • Les examens anatomiques visent à observer le rétrécissement artériel : il peut ainsi être question d’un coroscanner (comprendre : d’un scanner des artères coronaires, un examen qui ne dure qu’une vingtaine de minutes) ou d’une coronarographie (il s’agit d’une radiographie des artères du cœur) : “ la coronarographie nécessite une hospitalisation d’une journée puisque le patient doit être surveillé pendant 6 heures après l’examen ” souligne le Dr. Mathieu Bernard-Le Bourvellec.
  • Les examens fonctionnels permettent d’estimer l’impact du rétrécissement artériel sur le fonctionnement du cœur : une échographie d’effort (” qui consiste à faire pédaler le patient tout en réalisant une échographie du cœur et un électrocardiogramme “), un IRM de stress ou encore une scintigraphie myocardique pourront être proposés.

Le traitement numéro 1 de la maladie coronarienne, c’est l’angioplastie, c’est-à-dire la pose d’un stent : ” on pourrait dire que cela revient à ramoner une cheminée encrassée ” illustre le cardiologue. Pour empêcher le ré-encrassement de l’artère coronaire concernée, les médicaments sont indispensables : le traitement médicamenteux associe un fluidifiant sanguin et des statines. Sans oublier la correction des facteurs de risque…

Merci au Dr. Mathieu Bernard-Le Bourvellec, cardiologue à l’Institut Cœur Paris Centre (ICPC) et auteur de Le cœur notre autre cerveau (éd. Larousse).

Source: Lire L’Article Complet