TEMOIGNAGE. Ophélie Lacroix : "Être agricultrice est une fierté, on nourrit la France"

À 22 ans, Ophélie Lacroix est agricultrice dans l’âme. Elle élève vaches et moutons et ne s’en laisse pas conter dans ce métier d’hommes. Le dimanche 20 septembre, TF1 consacre une numéro de Reportages découverte à ces femmes agricultrices dans "Agricultrices, envers et contre tout".

Télé Star D’où vous vient cette vocation pour l’élevage de vaches ?

Ophélie Lacroix : Depuis toute petite, j’aime les animaux. J’avais de la famille qui vivait dans des fermes et j’y passais mes vacances scolaires. J’ai toujours «baigné» dans les vaches. Et aujourd’hui, je fais vaches et moutons.

Ça ne vous fait pas mal au cœur de vendre des veaux et des agneaux que vous avez chouchoutés pendant des mois ?

Non, c’est mon gagne-pain. C’est grâce à eux que j’arrive à vivre. J’élève pour vendre et gagner de l’argent. Quand on est agriculteur, on sait qu’on n’a pas le choix, que c’est comme ça. C’est le sens de la vie.

Vous avez commencé à 14 ans comme stagiaire chez Gérard. Aujourd’hui, vous possédez 45 % de son exploitation et il compte sur vous pour lui succéder. Il dit qu’il vous considère comme sa fille…

Ça fait plaisir. (Pause.) J’ai du mal à recevoir des compliments. Pour moi, il est comme un oncle, quelqu’un de très proche. C’est rare des personnes, comme lui, qui vous apprennent le métier de A à Z.

Étiez-vous consciente de toutes les difficultés du métier avant de vous lancer dans cette voie ?

(Rires) Non, pas du tout. J’étais jeune, insouciante. Je me disais que tout était beau et rose. En travaillant vraiment dedans, je me suis rendu compte de la réalité. Ce qui fait le plus mal, c’est ce qu’on pense de nous, les agriculteurs. C’est blessant d’entendre dire qu’on est des pollueurs, des assassins et qu’on se plaint la bouche ouverte. Pour moi, être agricultrice est une fierté, on nourrit la France. Ce métier demande du physique et surtout beaucoup de mental pour encaisser tous ces petits trucs. Mais ce qui me fait tenir, c’est l’amour de mon métier.

Est-ce plus difficile pour une femme ?

Au lycée agricole, j’étais la seule fille, c’était dur. J’en ai vu de toutes les couleurs, mais je voulais leur prouver que j’étais aussi capable qu’eux. Et aujourd’hui, je le prouve. J’ai ma ferme. Eux sont ouvriers et ne sont donc pas plus haut que moi. Quand j’ai commencé sur l’exploitation, c’était très difficile, personne ne me connaissait. J’étais très jeune.

Ça va mieux désormais ?

Maintenant, nos représentants en animaux et nos maquignons me connaissent, tout se passe beaucoup plus facilement. Quand quelqu’un me dit qu’il veut parler au patron et pas à la fille, je réponds que je suis co-gérante et qu’il peut me dire la même chose qu’à mon associé. Il faut avoir du caractère dans ce métier.

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