Texas : une loi interdit l’avortement après six semaines de grossesse

Le Texas vient d’interdire la grande majorité des avortements. Une loi est officiellement entrée en vigueur ce 1er septembre interdisant l’IVG après six semaines de grossesse, même en cas de viol et d’inceste.

La nouvelle est alarmante, alors que plusieurs États du pays ont déjà pris des mesures restrictives similaires sous la présidence Trump. Dans ce bastion conservateur, 85% des femmes avortent après six semaines de grossesse, avance l’AFP, relayée par Le Parisien.

  • IVG : le comité national d’éthique favorable à un allongement des délais à 14 semaines
  • Nathalie Trignol-Viguier : “En France, les avortements clandestins existent encore”

Les citoyens encouragés à porter plainte

Cette nouvelle loi texane, signée par le gouverneur républicain Greg Abbott en mai, et entrée en vigueur ce 1er septembre, interdit désormais aux Texanes d’avorter après six semaines de grossesse, sauf en cas de problème de santé mortel pour la femme. C’est le moment à partir duquel les premiers battements de coeur du foetus peuvent être entendus.

À six semaines de grossesse, la grande majorité des femmes ignore être enceinte. 85% avortent plus tard. 

Le texte stipule que les autorités texanes ne seront pas en charge de faire respecter la loi, et n’appliqueront pas de sanction pénale. En revanche, l’État encourage ses citoyens à porter plainte au civil contre les femmes avortant et les organisations les aidant dans leurs démarches, précise CNN.

Les personnes avortant et celles les ayant aidées devront payer une amende de 10.000 dollars, ou plus. En cas de condamnation, la somme sera remise comme récompense aux personnes ayant pratiqué la délation.

Avant même l’entrée en vigueur de la loi, les onze centres du Planning familial texans ont arrêté de programmer des IVG au-delà du 1er septembre, avance NBC News

“Sans secours, à partir de demain, 7 millions de femmes texanes en âge de procréer n’auront plus accès à l’avortement après six semaines de grossesse, obligeant celles qui cherchent à mettre fin à leur grossesse à parcourir des centaines de kilomètres hors de l’État pour se faire avorter, si elles en ont les moyens. Cette loi inconstitutionnelle est une attaque à grande échelle contre les patients, leurs prestataires de soins de santé et leurs systèmes de soutien”, a réagi Alexis McGill Johnson, présidente du Planning familial, auprès du média américain.

La Cour suprême saisie 

L’État conservateur du sud du pays n’est pas le premier à vouloir quasiment interdire l’IVG. Douze États ont déjà adopté des lois similaires. La Cour suprême a jusqu’ici toujours annulé les lois fédérales les plus restrictives, notamment celles de la Géorgie et de l’Alabama, estimant que l’avortement doit être autorisé jusqu’à 22 à 24 semaines de grossesse, tant que le foetus n’est pas viable.

Plusieurs associations de défense des droits des femmes ont saisi la Cour suprême lundi 30 août, lui demandant d’interdire la loi texane. L’instance suprême ne s’est pas encore prononcée. Les autres tribunaux fédéraux n’ont pas examiné les recours déposés. 

Depuis la nomination d’Amy Coney Barrett, en septembre 2020, succédant à Ruth Bader Ginsburg, la Cour suprême est composée de six juges conservateurs sur neuf. Trois d’entre eux ont été nommés pendant la présidence de Donald Trump.

Au printemps, l’instance a annoncé qu’elle examinera à l’automne un loi promulguée dans le Mississippi, interdisant presque totalement l’avortement après quinze semaines de grossesse. Début 2021, l’Arkansas avait déjà interdit l’avortement, même en cas de viol et d’inceste. 

  • Les pays où l’avortement est encore interdit
  • Pologne : les restrictions rendant l’avortement quasiment interdit entrent en vigueur

Source: Lire L’Article Complet