Un dixième album pour Les Fatals Picards : "C’est le public qui nous a faits"

Jean-Marc Sauvagnargues est auteur, batteur, manager, et chanteur du groupe atypique de comédie rock français Les Fatals Picards, qui aime jouer avec l’humour, le second degré, la musique française, mais aussi le punk et le rock. Les Fatals Picards ont su conquérir un public fidèle et engagé autour de 1 800 concerts, plus de 400 000 albums vendus en 22 ans de carrière.

Ce n’est pas terminé puisque les Fatals Picards viennent de sortir un10ᵉ album : Le syndrome de Göteborg. Jean-Marc Sauvagnargues sort un projet solo, en parallèle, un hommage à Michel Berger, Ton piano danse toujours.

franceinfo : Les Fatals Picards sont devenus des amis, des confidents pour ce public qui vous suit. Il représente quoi pour vous ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Il faut dire qu’on s’est vraiment créés sur la scène après près de 1 800 concerts. Et on les retrouve toutes les semaines, puisqu’on fait à peu près une centaine de concerts par an, avec le plus grand plaisir. C’est eux qui nous ont faits, vraiment.

Ce qui a plu, d’ailleurs, à ce public, c’est ce côté vrai, intègre, sincère que vous dégagez. C’est ce qui définit les Fatals Picards ?

Ça nous colle à la peau. De temps en temps, ça a créé des étiquettes terribles qui nous ont interdit certains médias, parce qu’on est, parfois, un petit peu engagés. Mais le fil rouge des Fatals Picards, c’est cet humour et c’est ce qui fait que les gens de 7 à 77 ans, on dit qu’on a « un public Ravensburger », nous suivent. Certains viennent pour faire un pogo, d’autres viennent juste pour écouter les textes ou se marrer. Il y a de tout.

Le groupe est né en 1996 et s’appelait Les fourmis violentes, qui deviennent les Fatals Picards en 1998. Les textes sont toujours plein de jeux de mots, je pense au titre : Les 11 y trônent (Léon Zitrone) en 1998, et vont vous attraper, de sorte que vous intégrez le groupe en 2002. C’est étonnant d’ailleurs, parce que vous êtes né très loin de la Picardie.

« Les Fatals Picards, c’est une vaste escroquerie puisqu’aucun de nous n’est picard. »

à franceinfo

À mon accent, ça s’entend, je suis cévenol. Mais il faut savoir qu’en Picardie, on est quasiment les Beatles.

Je voudrais qu’on parle de l’album Droit de veto (2003) parce que c’est un album qui est incontournable des Fatals Picards : Schizophrène, Goldorak est mort , Chasse, pêche et biture qui sont devenus des titres cultes au fil du temps. Ça aussi, c’est l’ADN des Fatals Picards ?

Oui. On a même des pistes cachées, comme La ferme, qui sont devenues cultes. C’est l’ADN, mais ça, ça se passe souvent sans nous. On n’arrive pas à expliquer pourquoi une chanson rentre dans l’imaginaire collectif.

Il y avait déjà d’autres groupes, mais personne n’a occupé cette place. Qu’est-ce qui fait la différence ?

Je suis certain que c’est qu’on ne s’est jamais pris au sérieux et que l’on retrouve les fans comme ça après le concert. Beaucoup sont devenus nos amis car autant de concerts, forcément, ça crée des proximités terribles. Il y en a qui parlent de « Fatals Thérapie » parmi nos fans, c’est quand même incroyable.

Vous avez sorti un album en 2009 : Le sens de la gravité. Est-ce que vous avez d’ailleurs mesuré le sens de la gravité ? J’ai l’impression que vous êtes loin de tout ça, que vous êtes dans la légèreté avec ce groupe.

Non. Parfois, on aime bien parler de sujets qui fâchent. Dans le dernier album, on parle, par exemple, des ventes d’armes, des complotistes, on parle de choses comme ça. Nos chansons paraissent toujours au premier degré, qu’il n’y a que l’humour, mais en fait, quand on va creuser, les textes sont souvent un petit peu plus profonds.

C’est quoi le syndrome de Göteborg ?

C’est une chanson. On a imaginé quelqu’un qui dirait tout haut ce qu’il pense tout bas. Donc ça nous permet de dire des choses qu’on ne peut pas dire facilement.

En parallèle de tout ça, vous avez eu à cœur de faire naître un projet que vous portez depuis très longtemps. Vous êtes fan de Michel Berger et vous sortez un album qui s’appelle Ton piano danse toujours dans lequel vous reprenez ce titre. On sent toute l’émotion que vous avez pour Michel Berger quand vous interprétez ces chansons-là. C’est dire qu’il a été un peu un guide pour vous ?

Je suis fan absolu. C’est mon idole. Il a été mon guide tout le temps.

Pour moi, Michel Berger est le mélodiste parfait. Tout est écrit, ciselé à la perfection.

à franceinfo

Quand je ne fais pas du rock’n’roll, moi j’aime les chansons d’amour, les chansons nostalgiques, mélancoliques, et il représente tout ce que j’aime dans la musique.

On a l’impression que vous avez « lâché les chevaux » avec cet album, que vous vous êtes découvert autrement.

Quand on chante Berger, il faut juste interpréter, penser au texte et laisser aller. J’ai essayé, mais ce n’est pas une bêtise, j’ai vraiment essayé d’être en connexion avec lui quand j’ai chanté ces titres-là.

Il représente quoi cet album pour vous ?

C’est l’album qui m’a permis de surmonter les confinements, cette période très difficile puisque j’ai décidé de le faire au début du premier. C’est au moment où la tournée des Fatals Picards s’arrête, celles des artistes que je défends s’arrêtent aussi. Je me suis remis au piano comme un malade, huit heures par jour pendant des mois jusqu’au moment où j’ai pu me dire : ça y est, tu peux le faire, tu en es peut-être capable.

Fier aujourd’hui ?

J’en suis très fier et maintenant, je ne pense qu’au volume 2.

Les Fatals Picards seront en concert le 25 juin à Vaiges, le 31 juillet au festival Musicalarue, le 16 septembre à l’Olympia etc.

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