Une association niçoise fait de l'urbex pour apprendre à faire de la photo

  • Âgés de 50 à 77 ans, les membres de l’association Vagues de Soleils ont participé à l’activité d’initiation à la photographie en faisant de l’urbex.
  • Cette pratique, qui veut dire exploration urbaine, est née au début des années 1980 et consiste à visiter des bâtisses abandonnées, chargées d’histoires. Anciennes casernes, usines désaffectées, ces lieux atypiques, sont souvent photographiés et parfois secrets.
  • Pour le groupe, « la technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte et surtout, les souvenirs à partager. »

Rachel, Roselyne, Roselina, Henri, Evelyne, Marie-Ange et Dominique ont entre 52 et 77 ans. Équipés de leur appareil photo, ils se sont réunis au belvédère de la « Tête de chien », à la Turbie, à une quinzaine de kilomètres de
Nice. En contrebas, plusieurs bâtiments en ruines. « Ce sont des anciennes casernes militaires italiennes », indique Henri, qui est déjà venu. Ces bases désaffectées servent maintenant de toile aux
street artistes. « Ce spot est parfait pour l’activité », affirme Alexandre, 28 ans, qui va animer une initiation à la photographie pour ces membres de l’association Vagues de Soleils.

« Ça me rappelle mon enfance »

Pendant deux heures, ces amoureux de voyage vont faire de l’Urbex, « urban exploration ». Une pratique qu’on n’associe pas forcément à leur génération, et pourtant… « Ça m’évoque des souvenirs d’enfance, lance Marie-Ange. On allait dans des châteaux abandonnés près de chez ma grand-mère et on créait des histoires d’aventure. On était les rois du monde. C’était génial même s’il n’y avait pas de graffitis comme ici ». Henri ajoute : « La première fois qu’on a fait ce genre d’activité avec l’association, c’était à Ibiza. On a visité une boîte de nuit abandonnée, c’était fabuleux. » Devant une œuvre de plusieurs mètres de long, Rachel s’exclame : « Je n’aimerais pas qu’on fasse ça sur mon mur, mais c’est joliment transformé. Là, où ces artistes font des graffitis, ils le font bien ! »

« La technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte »

Le terrain de jeux est validé par le public. Tout le monde s’éparpille, l’œil collé à l’objectif, pour capturer l’esthétisme du lieu « entre l’art, la lumière naturelle et la végétation ». Le professeur du jour alterne entre conseils et anecdotes pour satisfaire les attentes de chacun. « D’accord pour faire des photos, mais si elles sont bien c’est mieux », plaisante Dominique. L’aînée du groupe a déjà fait deux stages dans le domaine. « Je m’y suis intéressée quand mon mari est décédé, c’était son truc. S’il me voyait de là-haut, il rigolerait ! » De son côté, Roselyne aimerait savoir faire des portraits « avec du flou derrière ». Roselina, elle, veut que « ça aille vite ». « Si je suis dans un groupe de vacances, ils seront déjà partis le temps que je fasse tous les réglages ! », s’amuse-t-elle.

Le groupe conclut autour d’un verre de l’amitié que « la technique, c’est bien mais c’est la sensibilité qui compte et surtout, les souvenirs à partager. »

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