Une seconde chance pour la Cité de la gastronomie de Lyon

  • Fermée en juillet 2020, dix mois après son inauguration, la Cité de la gastronomie de Lyon n’a jamais trouvé son public.
  • La métropole de Lyon a annoncé jeudi qu’elle allait gérer les lieux pendant deux ans pour relancer l’établissement.
  • Voici les contours du projet.

De l’aveu de chacun, la cité internationale de la gastronomie de Lyon, ou du moins son projet initial, a été « un échec ». « Presque un fiasco », avance Bruno Bernard, le président de la métropole lyonnaise. L’établissement,
inauguré au mois d’octobre 2019,
a fermé dix mois plus tard sans jamais avoir pu trouver son public, notamment en raison d’un prix d’entrée trop élevé.

« La crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus n’a pas aidé mais globalement le projet manquait de sens. Il n’y avait, par ailleurs, aucune association des décideurs lyonnais », décrypte encore l’élu qui a présenté jeudi les contours du nouveau projet. Pendant deux ans, la métropole de Lyon va gérer les lieux, assurant le coût de fonctionnement évalué à un million d’euros. Deux ans durant lesquels, les équipes vont plancher sur une nouvelle organisation tout en prévoyant en parallèle des événements grand public afin de monter en puissance.

« On ne peut pas se louper une deuxième fois »

Un comité d’experts (le comité Rabelais) a été désigné pour donner le cap et construire une programmation. Il rassemble désormais 30 personnes, parmi lesquelles 5 grands chefs mais aussi des représentants du monde agricole, des experts en nutrition et en alimentation, des élus. « La première fois, on s’est focalisé sur la scénographie mais ça a été un échec. On ne peut pas se louper une deuxième fois », alerte le chef trois étoiles Régis Marcon, parrain de la Cité de la gastronomie de Lyon.

« Ce lieu doit être ce qui était prévu depuis le début. Ce n’est pas un musée ici, rappelle-t-il. La ville de Lyon avait été choisie (parmi les quatre cités françaises de la gastronomie) pour un thème bien spécifique : la gastronomie, la nutrition et la santé. »

Une exposition permanente repensée

Exit donc l’exposition permanente. Du moins pour le moment. « On va la repenser entièrement pour construire quelque chose qui tienne la route. L’espace Bocuse était ridicule, avec tout le respect que je lui dois. C’était de la prétention. On avait besoin d’histoire, d’interactivité, on ne peut pas se contenter d’appuyer sur un bouton pour que ça marche. Quand je voyais des pattes de poulet en plastique dans une cocotte et un couteau de Marcon, j’avais honte », poursuit le grand chef, désireux de multiplier également les expositions temporaires. « On pourrait imaginer une exposition sur un produit comme le blé ou sur une autre culture culinaire comme le Japon », précise-t-il.

La nouvelle équipe ambitionne aussi de multiplier les conférences, colloques ou autres événements comme de repas en musiques avec des « œuvres adaptées aux recettes ». Sans oublier l’essentiel : des ateliers interactifs avec le public afin de « créer une dynamique autour de la nutrition », avec par exemple des thématiques articulées autour de l’alimentation des personnes diabétiques ou la découverte d’un métier de bouche. « Cela doit être un point fort du lieu. Quand on parle de la gastronomie, il faut goûter, sentir , poursuit Régis Marcon », assurant que le ticket d’accès sera « modique ».

Quant au mode de gestion des lieux, il n’a pas encore été défini. Tout comme le futur prix d’entrée. En attendant, la cité de la gastronomie est ouverte gratuitement au public le premier dimanche de chaque mois.

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