Cette pétition réclame un salaire vital pour tous les travailleurs de la mode

Les associations Fashion Revolution et Max Havelaar lancent, le 19 juillet 2022, l’initiative citoyenne européenne "Good Clothes, Fair Play" afin de réclamer un salaire vital pour celles et ceux qui fabriquent des vêtements dans le monde entier.

Un salaire vital, pas minimal

Si Fashion Revolution et Max Havelaar s'emparent de cette thématique, c'est parce que les travailleurs de la mode, à 80% des travailleuses, perçoivent en moyenne un salaire deux fois moins important que ce qui leur est nécessaire pour vivre dignement selon les chiffres de l'organisation Clean Clothes Campaign. Bien loin du salaire vital qui fait l'objet de la pétition "Good Clothes, Fair Pay". Mais alors, un salaire vital, qu'est-ce que c'est ? "C'est un droit humain inscrit dans la déclaration universelle des droits de l'homme", rappelle Valeria Rodriguez, responsable plaidoyer de Max Havelaar France. "C'est aussi un calcul précis et technique, ajusté selon le niveau de vie de chaque pays qui établit le montant dont une famille moyenne a besoin pour vivre décemment, avoir accès à la santé, à l'éducation, se vêtir, manger à sa faim, épargner pour faire face aux imprévus… Il est souvent supérieur au salaire minimum, qui existe dans de nombreux pays", poursuit-elle. "Au Bangladesh, par exemple, où sont fabriqués de nombreux vêtements, le salaire minimum est de 85 euros par mois alors que le salaire vital devrait s'établir entre 250 et 300 euros", ajoute Catherine Dauriac, présidente de Fashion Revolution France. Une situation qu'il est urgent de régler, encore plus lorsque l'on sait que "le salaire moyen des personnes travaillant dans le secteur du textile et de la mode ne représente que 0,6% du coût d'un T-shirt de fast fashion", précise la militante, autrice de l'ouvrage Fashion sur l'impact social et écologique de la mode.

Pour une mode durable

Mais la pétition portée par Fashion Revolution et Max Havelaar ne concerne pas seulement l'aspect social de l'industrie du textile. En fait, "Good Clothes, Fair Pay" est aussi un moyen de questionner la société de consommation et les conséquences sur l'environnement de la mode. A-t-on vraiment besoin de dizaines de T-shirts à 4 euros dont la fabrication a nécessité des produits chimiques reversés dans la nature, a ravagé des écosystèmes et a engendré l'exploitation d'êtres humains ? "Le modèle de la fast fashion, c'est une surconsommation sur le dos de la planète et d'êtres humains qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille. Pour nous en Europe, la mode est un plaisir, faire du shopping est un loisir censé nous rendre heureux pendant qu'autre part, ce modèle de production repose sur la misère humaine et environnementale", s'insurge Valeria Rodriguez. Le message qu'elle et Catherine Dauriac aimeraient faire passer aux consommateurs : "Demandez-vous qui a confectionné les vêtements que vous voulez acheter, dans quelles conditions, grâce à quelles matières, avec quel impact sur l'environnement…". Des questions à se poser avant chaque achat pour adopter un mode de consommation conscient et réfléchi.

Source: Lire L’Article Complet