COS se lance dans le filon de la seconde main

La seconde main, nouvel edorado de la mode ? Le groupe H&M s’y met via COS, sa marque à succès qui mise sur le chic minimaliste. Ce mois-ci, elle lance une plateforme dédiée à la revente de ses vêtements.

On y vend et on y achète des pièces COS, exclusivement. Voici l’idée de Resell, la plateforme en ligne de seconde main, lancée par la marque londonienne ce mois de septembre. Dans le principe, les personnes inscrites pourront vendre d’anciens vêtements et acheter des pièces d’archives de la marque lancée il y a treize ans. Mais à l’heure du lancement, tout le monde n’y aura pas accès. La plateforme sera d’abord ouverte au Royaume-Uni et en Allemagne. L’accès sera ensuite élargi à la France dans le courant de l’automne, seulement pour l’achat des pièces vintage. Concernant la revente, il faudra encore attendre.

Pour autant, l’envie d’occuper le terrain est bien là. Il faut dire que les chiffres ont de quoi convaincre. En 2019, le marché de la seconde main a rapporté plus de 28 milliards de dollars aux États-Unis, et pourrait atteindre les 53 milliards de dollars d’ici à 2023, selon une étude de thredUP, un site spécialisé dans la revente. Chez Vinted, c’est la même envolée. En quelques mois, l’application de revente de vêtements entre particuliers a revendiqué 8 millions de membres en France, sur 21 millions d’inscrits à l’international, avec 23.000 nouveaux comptes par jour en moyenne.

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Modèle circulaire

Preuve s’il en fallait que le marché de la seconde main se porte bien. Si bien que bon nombre de marques s’y mettent, à l’instar des enseignes à bas prix Gémo et Kiabi qui ont ouvert à la rentrée des espaces de ventes de pièces d’occasion dans les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et en Ile-de-France. Ces lieux sont gérés par la société Patatam, spécialisée dans la collecte de fripes auprès de particuliers, qui les trie et leur redonne une seconde vie. Ici, toutes les marques de la fast fashion ont droit de cité à prix uniques : 8 euros pour une robe, 10 euros pour un manteau.

La seconde main fait aussi réfléchir les grands noms de la mode qui font face à une urgence écologique (l’industrie est la plus polluante après celle du pétrole) et à une clientèle de plus en plus volage. «Il n’existe pas une seule solution face à nos enjeux, il y en a plein. Certaines sont simples, d’autres complexes», explique sur le site web de la marque Nopor Stuart, responsable mondiale du développement durable chez COS. Ainsi, l’enseigne teste une autre manière de consommer la mode, basée sur la «circularité». Derrière ce mot : la volonté affichée du groupe H&M de le devenir à 100 % d’ici à 2030. Ce qui implique de repenser le système de vente et les produits de façon à ce qu’ils soient réemployés ou complètement décomposés ou recyclés.

Qualité et longévité

Au sein du groupe suédois, COS ne cache pas son ambition de devenir une référence en matière de mode durable. Dès ses débuts, la ligne a pris le parti de limiter le nombre de collections par an, de miser sur la qualité et la longévité des vêtements, ou encore de tester récemment la location de vêtements avec YCloset, une plateforme chinoise dédiée qui compte 15 millions d’utilisateurs. Le lancement de Resell vient appuyer ce pari sur l’avenir.

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