Le fabuleux destin de Pierre Cardin, le "dernier empereur" de la mode

Jusqu’ici, il avait refusé toutes les offres de documentaires. Jusqu’à ce que les réalisateurs américains P.David Ebersole et Todd Hugues le persuadent du contraire et invite le monstre sacré de la mode futuriste à retracer sa vie légendaire. Pierre Cardin, le film, sort donc le 23 septembre au cinéma.

Prononcez son nom dans les parties les plus reculées de la planète et vous obtiendrez le même effet : tout le monde le connaît. Pierre Cardin, l’Italien, est un mythe planétaire, mais aussi l’une des grandes figures tutélaires de la France. Un immense couturier qui a construit un empire aux ramifications aussi vaste que les méandres d’un long fleuve agité. Mais derrière la légende et la griffe visionnaire, qui est vraiment Monsieur Cardin  ? C’est la question qui a guidé les réalisateurs américains P. David Ebersole et Todd Hughes pour leur documentaire qui sort au cinéma le 23 septembre.

Entre réinventions et révolutions

Forts des archives de la maison et des témoignages du créateur lui-même, ils ont retracé son fabuleux destin. Celui d’un autodidacte qui a d’abord appris son métier chez un tailleur de Vichy avant de faire carrière à Paris. Employé dans les ateliers de la maison Paquin, il travaille ensuite chez Schiaparelli puis devient premier tailleur chez Christian Dior. Ce dernier le parrainera lorsqu’il lancera sa maison en 1953. La suite ? Presque 70 ans de créations et autant de révolutions.

On lui doit les robes boules, les combinaison Cosmocorps, les formes géométriques minimales, les coupes et les couleurs audacieuses, les mythiques costumes de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir, les vestes Cylindres des Beatles mais aussi plus généralement la réinvention de la mode masculine, l’avènement du prêt-à-porter, l’ouverture du marché en Chine… Il est le parrain de l’industrie de la mode et le dernier grand couturier indépendant, propriétaire de sa marque à 100%.

Pierre Cardin et Jeanne Moreau en 1962.

Le créateur dans son atelier, au 118 rue du Faubourg Saint-Honoré, en 1957.

Dans son atelier, en 1960.

À son domicile, Quai Anatole France, en 1966.

Mutlifacette

Les réalisateurs du documentaire ont aussi interviewé aux quatre coins du monde les personnalités qui l’ont cotoyées dont Sharon Stone qui le rencontre alors qu’elle n’est qu’une jeune mannequin à Paris ou Naomi Campbell qui le place dans son panthéon de créateur préféré et le remercie pour avoir choisi des modèles de couleur bien avant les autres. Il y a aussi Jean Paul Gaultier qui, à l’âge de 17 ans, a été recruté dans l’équipe de design du couturier et qui souligne «J’ai appris chez lui la liberté». Philippe Starck, éditeur de meubles chez Pierre Cardin au début des années 70, affirme de son côté : «quand j’avais 17 ans, le seul homme moderne, c’était lui». Le film révèle aussi les deux grands amours de sa vie : Jeanne Moreau avec qui il vivra une idylle passionnée au début des années 60 et André Oliver, son compagnon et collaborateur qui décèdera du sida en 1993.

Derrière le créateur futuriste et avant-gardiste, le designer obsessionnel du rond, le mécène culturel, le propriétaire du mythique restaurant Maxim’s, l’homme d’affaires aux quelque 800 licences et l’Académicien, on découvre surtout un stakhanoviste de la création qui s’acharnera toute sa vie à bâtir la mode du futur tout en se faisant l’écho du monde contemporain. Et à 98 ans, il fourmille encore de projets, comme celui de construire une tour à Venise. Unique !

Pierre Cardin, de P. David Ebersole et Todd Hughes. Sortie le 23 septembre.

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