Le premier défilé haute couture de Demna Gvasalia pour Balenciaga fera date dans l’histoire de la mode

Le défilé le plus attendu de cette semaine de la haute couture a eu lieu ce mardi matin dans le salon historique de la maison, avenue George-V. Une collection inédite totalement ancrée dans l’époque et qui marque le retour de la légendaire maison dans la confection exceptionnelle.

Attention événement : cinquante-trois ans après la fermeture des portes de sa maison de couture, Balenciaga renaît ce mercredi sous la houlette de Demna Gvasalia, directeur artistique de la griffe, qui a déjà porté le prêt-à-porter sur les sommets. «Plus d’un demi-siècle plus tard, il m’apparaît comme étant mon devoir créatif envers l’héritage inégalable de Monsieur Balenciaga de faire renaître la couture en sa maison. C’est le fondement même de cette maison centenaire», a déclaré en préambule le créateur georgien. Toute la fashionsphère était dans les starting-blocks en attendant de voir ce que ce designer visionnaire, chantre du streetwear, allait réaliser dans cet exercice inédit pour lui.

Car si cette collection couture est officiellement la 50e de la maison, c’est la toute première de Demna Gvasalia. Dans les salons historiques de la maison, avenue George-V, Anna Wintour, assise à côté de Salma Hayek et de son époux, François-Henri Pinault (PDG du groupe Kering à qui appartient Balenciaga) patientent, sans doute impatients, tout comme, sur les rangs d’en face, les rappeurs Kanye West et Lil Baby ainsi que le joueur de basket James Harden.

Codes de la rue et du salon

Eliza Douglas, la muse artiste de Demna Gvasalia, s’avance, dans le silence, avec ses lunettes carrées, cheveux lissés, peu maquillée. Elle est vêtue d’un tailleur pantalon de lainage noir, couleur signature du maître Cristobal Balenciaga. Elle est suivie par un homme -Demna Gvasalia avait prévenu qu’il y aurait plusieurs silhouettes masculines- en pantalon de smoking et veste cintrée. De cette collection totalement inédite qui mêle les codes de la rue et du salon, on reconnaît les constructions du maître fondateur de la maison – volumes cocons et lignes sculpturales – et les codes et compositions totalement modernes de Demna Gvasalia. Ce dernier propose une nouvelle attitude, une nouvelle élégance moderne, une nouvelle haute couture, en somme.

Il y a d’abord cette introduction inédite aux tenues décontractées, ces jeans amples de denim japonais, ces tee-shirts matelassés, ces survêtements et sweats à capuche qui ont été traduits dans un langage tailleur et qui semblent comme tenir en suspension autour du corps. Il y a aussi les tissus utilitaires et techniques du vestiaire d’aujourd’hui et des concepts informels qui ont été transposés dans du hautement sophistiqué, comme ces manteaux ceinturés en cuir aux allures de peignoirs en tissu éponge. Sans oublier ces manteaux opéras rouge, vert ou rose fuchsia aux constructions parka qui donnent un sentiment de nouveauté absolu.

Héritage maison

Très couture, les cravates de soie noires sont brodées à la main des initiales C.B., une jupe en trompe-l’œil de cuir noir est recouverte d’écailles de crocodile et certains mannequins portent d’incroyables chapeaux noirs qui ressemblent à des soucoupes volantes laquées (des créations du chapelier Philip Treacy). Plusieurs silhouettes font aussi référence aux codes coutures iconiques de Balenciaga : une robe en tulle et dentelle, des gants d’opéra, et même une robe du soir au motif floral brodé inspirée par une pièce d’archive réalisée à l’origine pour Jacqueline Kennedy.

En finale, la robe de mariée est une adaptation d’une des dernières créations de Cristobal Balenciaga présentée il y a cinquante-quatre ans. Entièrement recouverte d’un voile, elle semble comme ressurgir du passé mais rayonne aussi d’une beauté actuelle quasi surnaturelle.

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