Quand les défilés Kenzo étaient une fête

Kenzo Takada aimait la fête, il en donnait encore une pour ses 81 ans. Si bien que cet amour pour la bringue a laissé son empreinte sur la mode et la création.

Il y a évidemment les couleurs qui claquent, la lumière, la tempête des motifs végétaux et animaliers. Mais c’est aussi un sourire franc et libre qui a imprimé les rétines. Celui de Kenzo Takada, le créateur de mode japonais, mort ce dimanche à l’âge de 81 ans, qui aimait la nuit parisienne, la fête au Palace, et bien sûr, le vêtement en signe d’enthousiasme. Ce sourire, on le retrouve sur les visages des mannequins qui portaient ses créations sur les podiums en brisant les codes dits «classiques» des shows pendant les années 1970, 1980, et jusqu’à son tout dernier défilé en 1999, six ans après avoir vendu sa marque au groupe LVMH.

Ici, l’attitude est une religion et devient un événement. Elle prolonge l’effet du vêtement pensé pour être porté sans protocole, ou du moins, celui voulu par l’esprit créatif du moment. Avec une mode tout en profusion de fleurs, de matières naturelles (lin, coton…) et de couleurs fortes, Kenzo Takada tranche avec le chic austère de l’époque. Aux côtés de Sonia Rykiel ou encore de Dorothée Bis, il contribue à bousculer des podiums portés par des couturiers stars en donnant au vêtement une approche joyeuse et financièrement plus accessible.

En 1991, les mannequins défilent en mini-robes et boas colorés.

Le mannequin Jerry Hall défile pour la collection automne-hiver 1976-1977 à Paris, avec un long cardigan et une jupe rayés, un pantalon, des bottes alors et une bouteille de champagne sur la tête.

Joie et danses à l’occasion du défilé printemps-été 1976 à Paris. Les mannequins portent des pantalons, des vestes et des casquettes de la collection “Jungle Jap”.

Le créateur de mode japonais aimait la nuit parisienne, la fête au Palace, et bien sûr, le vêtement en signe d’enthousiasme

Il décrète donc ses défilés, fête pour tous. Ses filles défilent au Palace, dansent au château de Maisons-Laffitte, aux Beaux-Arts ou encore sous la rotonde de la Bourse du Commerce, jusqu’à un show de clôture gigantesque au Zénith où 4.000 personnes assistent aux adieux festifs du créateur japonais à la mode parisienne. Pour Kenzo Takada, toutes les folies sont permises, même les plus fantasques : mannequins sur des chevaux blancs (quand lui avance à dos d’éléphant), le Pont Neuf recouvert de fleurs à l’occasion du premier jour de l’été, le parvis du Centre Pompidou transformé en champs de coquelicots… Bref, Kenzo s’amuse. Et surtout, fait de cette euphorie continue sa fidèle signature créative.

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