Concert réunionnais à République, soirées électro dans les bars, fanfare, danses et transes dans les rues : voici notre Fête de la Musique 2022 à Paris

Pour son 40e anniversaire, la Fête de la Musique a plus que jamais retrouvé ses marques dans les rues de Paris : les chanteurs amateurs ont fait leur show, les groupes installés ont enchaîné leurs tubes, et le public a dansé avec frénésie. Nous avons sillonné quelques quartiers de Paris pour prendre la température. Du rock à Saint-Michel, de l’électro à Belleville, des rythmes arabo-andalous à l’Institut du monde arabe, chaque périmètre a son style. Et son public. Suivez-nous. 

18h : l’EF Festival se prépare dans le 15e arrondissement

Alors que de nombreux Parisiens sortent du travail, les organisateurs des différents concerts s’agitent pour régler les derniers préparatifs dans les cafés, les restaurants ou sur les places de leur quartier. Dans le 15e arrondissement, encore calme en ce début de soirée, on peut déjà voir les pancartes qui annoncent les multiples programmes.

Mais l’événement à ne pas manquer se trouve sur le parvis de la mairie, pour la nouvelle et sixième édition de l’EF Festival, consacré à la musique électro. Un groupe de jeunes installe la grande scène et la buvette, tout en veillant à ce qu’il y ait assez d’espace pour accueillir tout le monde. En 2019, 15 000 personnes étaient au rendez-vous, ils en espèrent autant cette année. « Qu’est-ce qui va se passer ce soir ? », demande une jeune maman, son bébé dans les bras. « C’est une soirée électro. Mais électro gentil ! », répond l’un des bénévoles pour tenter de la convaincre de venir. Au programme : Faut & Maud, Life Like ou encore Nicolas Monier ont répondu présent pour animer le quartier.

19h : on pousse la voix à Montmartre et à Belleville

« Si certains veulent venir chanter leurs compositions, ils sont les bienvenus ! Tout est permis avec la Fête de la Musique ». Un trio de jeunes artistes s’est installé à la sortie du métro Abbesses pour présenter leurs créations devant quelques curieux attroupés. L’enceinte grésille, le volume sonore du micro varie… Malgré tout, Hortense, jeune chanteuse, s’installe devant les spectateurs, sa guitare à la main. « Vous m’excuserez, je commence à peine la guitare », dit-elle doucement. Des conditions de représentation difficiles et pourtant la magie opère : sa voix angélique, son vibrato serré séduisent les passants qui s’arrêtent pour la filmer.

« Elle a une voix magnifique », nous confie Chantal, émue derrière son masque. « La Fête de la Musique, je la ferais ici, dans mon quartier. Je préfère éviter les endroits trop fréquentés ». Après Hortense, un jeune rappeur prend le micro et commence son morceau. « C’est un bon crash test, cette soirée », nous assure la musicienne débutante. « Ça permet de prendre confiance en soi ».

Plus haut, place Emile Goudeau, un homme tape en rythme une canette de soda sur les pavés, accompagné de son ami guitariste. « C’est aussi ça la musique. C’est de la débrouille », crie-t-il, en riant.

A Belleville, les DJ s’installent devant les bars et se préparent pour une soirée qui promet d’être assez électro. Plusieurs associations ont organisé une série de concerts dans le parc du quartier. Myriam, âgée d’une soixantaine d’années, ouvre la danse. Des petites lunettes de soleil sur le nez, un chapeau violet posé sur la tête et une robe à motif, elle chante nonchalamment des chansons d’Amy Winehouse, mais avec une voix puissante et maîtrisée. Dans le public, les parents sont venus avec leurs enfants. La petite Maé secoue une maraca pendant que d’autres se roulent sur la pelouse. « C’est hyper important cette fête. Ça permet aussi de sensibiliser les plus jeunes à la musique dans une ambiance plus décontractée qu’un concert classique en intérieur », nous explique sa mère.

Une ambiance qui ne plaît pourtant pas à tout le monde. « Le but de la fête de la musique, c’est faire de la musique, pas mettre la musique forte ! », ronchonne un passant. « La soirée va être longue ! ».

20 h : rythmes réunionnais à République, silence à Bastille

Boum boum boum. La place de la République vibre aux sons des platines faisant venoir à elle un public plus jeune. A la brasserie A La Bonne Bière, le DJ, dans sa chemise à fleurs, savoure le moment autant que le public, qui danse sur les trottoirs et sur la route. Devant les bars, les gens font la queue pour prendre des boissons à emporter.

Sur la place de la République, l’île de la Réunion est mise à l’honneur. « Bonsoir La Réunion ! Koman i lé ? », hurle dans son micro Maroni, animateur de l’événement, acclamé par les spectateurs. La soirée commence à peine et déjà un bon groupe s’est formé autour de la scène. « J’attends ces concerts depuis plusieurs jours ! », nous raconte Marie, parisienne d’origine réunionnaise. « C’est rare que ces artistes viennent en Métropole ! ». Les chanteurs Médérice, Junior ou encore Zanmari Baré ont fait le déplacement.

Côté Bastille, l’ambiance est un peu différente. Alors que la soirée devait être animée par l’une des plus importantes formations de gospel française, le Total Praise Mass Choir, un silence tonitruant règne sur la place de la colonne de Juillet. La raison ? Un problème de compteur électrique. Les micros et les enceintes ne fonctionnent pas. Habillées en noir, les membres du groupe ne perdent pas espoir : elles tapent dans les mains, chantent fort face à un public qui n’entend pas grand-chose. « Il y a de la musique partout dans Paris et on choisit forcément le mauvais endroit », râle une bande de jeunes. Si les micros marchent par intermittence, une partie du public ne tient pas longtemps avant d’aller voir d’autres concerts un peu plus loin.

21h : la transe à Institut du monde arabe

Du rock, de la musique classique ou de la chanson française, d’un bar à l’autre, les styles musicaux s’opposent sans se mélanger. À l’Institut du monde arabe (IMA), le public est au rendez-vous. Le groupe algérien Cheikh Sidi Bémol chante sous un tonnerre d’applaudissements presque constant. Un peu plus loin, une troupe en tenue traditionnelle chante et joue entourée d’un public en transe qui se mêle à la danse.

En bas de l’institut, les quais aussi ont du succès. Face au DJ Jacques Fromage, il est impossible de se faufiler tant il y a de monde. Sur les péniches, des amateurs de Mark Ronson et Bruno Mars dansent sur Uptown Funk.

Ed Sheeran, Michael Jackson, AC/DC… Une large palette d’artistes résonne dans la rue de la Huchette et sur la place St Michel. Un burger ou des frites en main, de petits groupes se forment un peu partout et passent de bar en bar. « J’aime bien aller d’un quartier à l’autre. Le 6e est plus tranquille, plus posé. Mais pour danser, il faut aller à Châtelet ! », nous explique Martin, venu avec des amis.

22h : la fanfare à Châtelet-Les Halles

Effectivement, les rues de Châtelet et du quartier des Halles sont animées. Et noires de monde. « Où veux-tu qu’on aille ? C’est toi qui choisis ! », souffle un jeune homme à sa copine, tous les deux un peu perdus face aux multiples propositions. Rue des Lombards, il faut marcher en crabe pour pouvoir avancer. Ce qui n’empêche pas les passants de s’arrêter pour chanter et danser sur It’s Raining Men.

Nous avons eu un coup de cœur pour la fanfare La Rôtisserie devant le bar Le Bigo, rue Berger. De Umbrella de Rihanna à Bande organisée de 13’Organisé, la joyeuse formation adapte les tubes américains et français, récents et plus anciens, avec des cuivres et des percussions. Le public, déchaîné, est complètement conquis.

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