La chanteuse populaire Rika Zaraï, connue notamment pour son tube "Sans chemise, sans pantalon", est morte à 82 ans

La chanteuse franco-israélienne Rika Zaraï, connue notamment pour son tube Sans chemise, sans pantalon, est décédée à 82 ans, a appris franceinfo auprès de l’ambassade d’Israël, mercredi 23 décembre. Elle avait connu un fort succès en France dans les années 1960 et 1970 avec des titres comme Casatschok ou des interprétations de Hava Nagila et Tournez manèges.

France 2

“Elle a chanté Israël et Jérusalem avec passion et dévouement. C’est une des plus belles voix d’Israël en français qui s’est éteinte”, a déclaré l’ambassade d’Israël dans un tweet.

Rika Gozman était née le 19 février 1938 à Jérusalem sous mandat britannique, d’un père russe et d’une mère polonaise. Premier prix de piano au conservatoire, elle obtient son premier succès à l’armée, dans une comédie musicale composée par Yohanan Zaraï, qui deviendra son premier mari.

Elle débarque à Paris en 1959 pour faire carrière dans la chanson mais ses débuts sont difficiles. Le directeur de l’Olympia Bruno Coquatrix refuse de l’engager, car elle ne parle pas français. Elle commence par chanter dans des cabarets, en hébreu, apprend vite la langue de Molière et se faire rapidement remarquer. Elle signe un contrat avec le producteur Eddie Barclay.

Bruno Coquatrix lui offre finalement en 1961 la première partie de Jacques Brel à l’Olympia, où elle sera tête d’affiche trois années de suite, en 1970, 1971 et 1972. Ses chansons sont diffusées à la radio et à la télévision, elle chante aussi à Bobino en première partie de Jacques Brel.

En tournée avec Gilbert Bécaud

Elle effectue sa première grande tournée avec Gilbert Bécaud en 1965. Elle est connue pour des tubes comme Casatchok, Sans chemise, sans pantalon, Alors je chante. Elle popularise aussi des chansons populaires israéliennes comme Hava Nagila, Yerushalayim shel zahav ou Hallelujah. En 1969 un grave accident de voiture l’immobilise pendant des mois mais elle récupère complètement et remonte sur scène.

Parallèlement à la musique, Rika Zaraï s’intéresse aux médecines non conventionnelles et publie en 1985 Ma médecine naturelle, un livre qui lui vaut des critiques du milieu médical ainsi que de nombreux sarcasmes car elle y recommande les bains de siège. Elle publiera plusieurs autres ouvrages sur la question.

En public en février dernier

En 2007, elle participe à la deuxième année de la tournée Âge tendre et têtes de bois, qui réunit des stars des années 1960 et 1970, avant un AVC qui la terrasse en 2008 et l’empêche de remonter sur scène. Pour la première et dernière fois depuis, le 3 février 2020, sur un fauteuil roulant, elle avait chanté un de ses succès, Prague, lors de la soirée la Nuit de la déprime organisée par Raphaël Mezrahi, aux Folies Bergère à Paris.

“C’était si bon de retrouver le public, de voir tous ces visages, ces cœurs allumés (…). Quand on est née comme moi pour être sur scène, ne pas pouvoir monter sur scène pendant onze ans, c’est tellement long. C’est une éternité !”, confiait-elle au Parisien après cette soirée.

La scène, “plus importante que les disques”

“Dès le surlendemain de mon AVC, j’ai commencé à travailler avec un orthophoniste pour retrouver la parole. J’étais à moitié paralysée, la moitié de ma langue était paralysée. C’était affreux. Bavarde comme je suis, je ne pouvais pas vivre comme ça. L’orthophoniste m’a donné deux mois et demi de son temps, trois fois par semaine. Tous les soirs, je faisais douze à quinze fois ses exercices, jusqu’au bout de mes forces. Je disais : toi, ma langue, je t’aurai ! Et je l’ai eue. Après deux mois et demi, j’étais la seule de ses patientes à avoir retrouvé la voix. Il n’avait jamais vu ça”, confiait-elle.

Elle disait alors qu’elle avait du mal à rester longtemps debout et que sa mémoire l’inquiétait, mais elle espérait toujours remonter sur scène : “Cela a toujours été plus important pour moi que les disques”, disait-elle.

Rika Zaraï avait publié une quinzaine d’albums studio, trois live, plus de 20 compilations dont la dernière, Anthologie 1959-2000, était sortie en 2019, ainsi qu’une dizaine de livres, dont ses mémoires, L’espérance a toujours raison (Michel Lafon), en 2006

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