Les souvenirs de Juliette Gréco, dont un rarissime tableau de Gainsbourg, aux enchères à Drouot

Bijoux, meubles et objets d’art, tenues de couturiers et accessoires de mode : au total ce sont plus de 750 lots ayant appartenu à Juliette Gréco, disparue en septembre 2020, qui sont mis en vente par sa petite-fille Julie-Amour Rossini avec les commissaires priseurs Crait et Müller à l’Hôtel Drouot (Paris), du jeudi 18 novembre au samedi 20 novembre.

Parmi les souvenirs dispersés de la chanteuse, actrice et muse de Saint-Germain-des-Prés dans les années 50, on remarque, au milieu d’une profusion de bijoux, un ravissant carnet d’adresses en or de Van Cleef & Arpels (estimé 2000 à 3000 €) qui se déploie en éventail et sur lequel sont notés de sa main les numéros de téléphone et adresses de ses connaissances de l’époque, de Françoise Sagan à Philippe Noiret, en passant par Chanel et Jacques Chazot.

Gainsbourg peintre avait offert un de ses tableaux rescapés à Gréco

Le contact de Gainsbourg y est également consigné. Le musicien avait rencontré Juliette Gréco dans l’émission de radio Soyez les bienvenus en 1959, alors qu’elle était déjà une vedette et lui encore un chanteur en devenir qui menait la vie de bohème et s’adonnait à la peinture, cet art « majeur » étant son « seul amour« , comme il le déclarait dans cette émission. Car avant d’abandonner les arts plastiques pour la chanson, Gainsbourg fut d’abord élève aux Beaux-Arts et membre de l’Académie de Montmartre.

Peu après leur rencontre, Serge Gainsbourg avait débarqué chez l’interprète de Jolie môme avec un cadeau sous le bras : une de ses toiles. Une vraie rareté. « Il est venu chez moi et m’a dit : J’ai tout brûlé, tout détruit, je vous donne ça. C’est la seule qui reste…« , racontait Juliette Gréco en 2010. « C’est une toile très touchante. C’est sa sœur et lui petits dans un jardin, en train de jouer dans une allée de sable« , précisait-elle.

Estimé 30 000 à 50 000 € , Enfants au Square, signé « Ginsbourg », est le clou de cette vente et pourrait s’envoler bien au-delà de l’estimation.

Seule une petite poignée de toiles de Gainsbourg existent aujourd’hui

De fait, Gainsbourg ayant effectivement détruit à l’époque la plupart de ses toiles, il ne resterait en circulation aujourd’hui que cinq de ses tableaux, dont celui-ci, auquel tenait beaucoup sa propriétaire. 

« J’adore cette toile. Elle a été au-dessus de mon lit mais je la promène un peu partout dans la maison. C’est plus qu’un tableau, c’est une partie de lui« , confiait-elle à José Arthur en 1987. La figure de l’existentialisme et Gainsbourg étaient amis. En 1963, il lui avait offert un autre précieux cadeau : le tube La Javanaise.

« La petite Gréco au chat » de Foujita

La toile de Gainsbourg (33 cm sur 45,5 cm) n’est cependant pas la plus importante mise à prix de cette vente. Un très beau dessin au pinceau à l’encre de Chine sur papier de Foujita, La petite Gréco au chat, que le peintre offrit en cadeau de mariage à Juliette Gréco et Philippe Lemaire le 25 juin 1953, est estimé 60 000 à 80 000 €.

Les bourses moins fournies pourront se tourner vers un dessin d’Henri Matisse (2500 à 3 000 €) ou une édition originale de J’irai cracher sur vos tombes de Vernon Sullivan alias Boris Vian avec dédicace et dessin au crayon de Jean Boullet (1500 à 2000 €).

Les amateurs de musique pourront opter pour une lettre de Georges Brassens adressée à Juliette Gréco en 1966 (600 à 800 €) ou un ensemble de tickets de concerts et de pass d’accès aux coulisses (300 à 400 €). Pour un souvenir personnel à chérir sans trop se démunir, on cherchera plutôt son bonheur dans les dizaines de foulards, de gants et de sacs (estimés à partir de 30 €).

Succession Juliette Gréco, vente aux enchères publiques de jeudi 18 novembre à samedi 20 novembre 2021
(Jeudi 18 novembre à 18h vente des bijoux, Vendredi 19 à 13h30 vente des souvenirs, meubles et objets d’art, Samedi 20 à 13h30 vente des tenues et accessoires de mode)
Exposition en libre accès dès mercredi 17 et jusqu’à vendredi
Hôtel Drouot, 9 rue Drouot Paris 9e, salles 14 et 15

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