Mort de Coolio : ce que vous ne saviez peut-être pas sur son tube "Gangsta's Paradise"

Violons, voix d’anges… et texte « conscient ». Avec la mort de Coolio, rappeur américain, impossible de passer à côté de Gangsta’s Paradise sorti en 1995. Véritable classique du hip hop américain, le tube a une histoire bien particulière et restera à jamais le plus grand titre du musicien récompensé d’un Grammy Award, retrouvé inconscient par son agent à Los Angeles, à l’âge de 59 ans.

Pourtant, Gangta’s Paradise est loin d’être le premier morceau d’Artis Leon Ivey Jr, le nom civil du rappeur né le 1er août 1963, qui a grandi à Compton, près de Los Angeles, d’où viennent bon nombre de poids-lourds du rap US. Après avoir signé dès 1994 avec le label indépendant Tommy Boy Records, précurseur dans le monde du hip hop avec des artistes comme Queen Latifah ou De La Soul, Coolio sort un premier album It Takes a Thief, porté par le single Fantastic Voyage, qui se hissé à la troisième place du classement Billboard Hot 100. 

Mais c’est avec Gangsta’s Paradise, l’année suivante, que Coolio s’est fait un nom. Ou plutôt une voix : reprenant des paroles de la Bible dès le début, « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort… » (psaume 23:4), l’artiste revient sur sa vie quotidienne et ses regrets « Je regarde ma vie, et réalise qu’il n’en reste rien…« . Du « rap conscient », donc, de l’introspection avec un appel au calme à tous les « Gangsta« , trois ans après les émeutes de Los Angeles, avec ce refrain chanté par son acolyte Larry « L.V » Sanders  : « Dis-moi pourquoi sommes nous trop aveugles pour voir que ceux à qui nous faisons du mal sont toi et moi« .

Coup de foudre

Surtout, dès l’enregistrement du titre à Los Angeles, le producteur Doug Rasheed et le manager, Paul Stewart, et l’artiste lui-même sentent bien qu’ils tiennent un titre taillé pour la FM, avec une mélodie marquante et… pas de gros mots. Et pour cause : celle-ci est un sample de Pastime Paradise de Stevie Wonder, figurant sur son album Songs in the Key of Life, sorti en 1976, où se nichent les tubes Isn’t she lovely, Sir Duke ou AsSelon le rappeur, interrogé par Rolling Stone en 2015, le sample, bien que l’orchestration soit différente de l’originale, lui était inconnu : « Je ne connaissais pas vraiment Pastime Paradise, alors que j’adorais Stevie Wonder. Ma mère avait d’ailleurs cet album, mais aussi bizarre que cela paraisse, je ne connaissais pas ce titre. Quand je suis rentré dans la maison de manager pour aller aller aux toilettes, j’ai entendu cette chanson. Et en revenant dans le studio, j’ai demandé à Doug ce que c’était. Il m’a dit qu’il travaillait sur quelque chose… et Je lui ai dis qu’elle était pour moi !« 

Il n’en fallait pas plus : « Je me suis assis et j’ai aussitôt commencer à écrire. Ca venait tout seul, confiait-il à Rolling Stone. J’ai réfléchi à la première phrase une minute, puis j’ai écrit tout le reste de la chanson sans m’arrêter, du premier couplet au troisième couplet. J’aime à croire que c’était une intervention divine. Gangsta’s Paradise voulait naître, il voulait prendre vie et il m’a choisi comme messager, expliquait-il en 2015.

Michelle Pfeiffer

Reste que pour diffuser le morceau, Coolio a dû demander et faire écouter le titre à Stevie Wonder, qui refuse dans un premier temps. Le génial multi-intrusmentiste exige en effet de retirer les mots « fuck » et « nigga » utilisés à plusieurs reprises dans la première version.La conciliation se conclut finalement – sans doute avec un accord financier sur les ventes du single. Le producteur le propose alors à différents studios de cinéma, dans l’espoir d’apparaître sur une bande originale…Il s’agira finalement de Dangerous Minds (Esprits rebelles) avec Michelle Pfeiffer en 1995. Malgré les critiques cinématographiques peu amènes sur le film, qui revient sur les déboires d’une ex-membre des Marines devenue prof dans un établissement à la réputation sulfureuse, le succès est immédiat. Preuve de l’engouement incroyable : la star Michelle Pfeiffer accepte de participer au clip de Coolio, réalisant là un premier mélange inédit entre Hollywood et le rap. Sur Instagram, la star du cinéma confie avoir « le coeur brisé en apprenant la disparition du talentueux Coolio ». 

La suite, on la connaît : Gangsta’s Paradise se vend à des millions d’exemplaires dans le monde entier, atteignant le sommet des classements de musique dans 16 pays. Le rappeur se voit décerner le titre du « meilleur single de l’année » ainsi qu’un Grammy Award pour la meilleure performance rap solo. D’ailleurs, il existe un « featuring » entre le titre et son sample : en 1995, lors des Billboards Awards, Coolio interprète son tube avec Stevie Wonder sur scène, avec un orchestre et un choeur. 

Coolio n’a, par la suite, jamais reproduit le succès de son titre, malgré des chansons efficaces tels que 1, 2, 3, 4 (Sumpin’ New), Too Hot ou encore la réalisation du générique de la série télévisée Kenan & Kel.

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