« À la fin, j’étais enragé », témoigne Mohamed, gagnant de « Top Chef »

  • Top Chef a achevé la diffusion de sa douzième édition ce mercredi soir, après dix-huit semaines de compétition.
  • Au terme d’une finale quasiment sans fausse note, Mohamed a été élu gagnant de la saison avec 54,86% des votes.
  • « Je n’y crois pas du tout à ce qui m’arrive, c’est trop beau pour être vrai », s’exclame-t-il dans son interview pour 20 Minutes.

Il a battu Pierre, vaincu Mathias et s’est imposé face à Sarah. Au terme de dix-huit semaines de compétition, Mohamed est reparti avec le titre de grand gagnant de la douzième saison de Top Chef. Il succède à
David Gallienne et offre une deuxième victoire consécutive à
Hélène Darroze. « À partir du moment où il ne restait que moi [dans la brigade], on a commencé à bien se connaître et bien s’entendre », explique le candidat à propos de celle qui l’a accompagné jusqu’à la ligne d’arrivée. Son état d’esprit avant de plonger dans la finale, sa constante progression au fil des semaines, le soutien du public derrière lui, Mohamed fait le bilan de son aventure pour 20 Minutes.

Comment se sent-on lorsque l’on est élu gagnant de Top Chef saison 12 ?

J’ai l’impression d’être sur un petit nuage. Je n’y crois pas du tout à ce qui m’arrive, c’est trop beau pour être vrai !

Que représente cette victoire pour vous ?

La réussite, en fait. Le Graal. La preuve que quand on veut, on peut. Il faut croire en soi et ne pas écouter ce qu’on nous dit et se donner les moyens de réussir surtout.

Avant d’aborder la finale, vous aviez l’air serein. Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Franchement, j’étais très serein parce que j’allais faire un menu qui ressemble à ce que j’ai l’habitude de faire dans un lieu dans lequel j’ai l’habitude de travailler. Je suis parti en mode : « Je vais faire un événement dans un établissement et il faut que tout se passe bien ». C’est ce qui a fait que j’étais assez détendu finalement. En plus, Sarah je l’apprécie beaucoup, il n’y avait pas d’adversité. Et puis c’était le dernier moment, j’ai voulu en profiter un maximum aussi.

Combien de temps avez-vous passé sur la confection de votre menu ?

On a eu que trois jours pour réfléchir, c’est chaud bouillant. En fait, j’ai réutilisé des recettes que j’avais l’habitude de faire pour créer des plats avec ces recettes-là. Je n’avais pas le temps de faire de tests, donc clairement, il fallait que je fasse des choses que j’avais déjà effectuées en termes de préparations, mais pas en termes de plats.

Jusqu’au bout, Hélène Darroze vous guide, notamment en vous demandant de vous occuper de vos sauces. Heureusement qu’elle était là ?

Bien sûr que oui ! J’étais très mal à l’aise sur le fait de devoir prendre la pagaie à Arnaud parce que c’est un pote et que je sais que ça peut être vexant. Mais c’est vrai que la sauce, c’est identitaire. Même si Arnaud est un très bon saucier, ça n’allait pas avoir le goût que j’ai l’habitude d’avoir. Quand Hélène Darroze me dit ça, elle a raison, c’est pour ça que j’ai réagi dans la foulée.

Comment qualifieriez-vous la relation que vous avez pu établir tous les deux au fil des semaines ?

Au début, c’était compliqué, c’était un peu « je t’aime moi non plus ». Il fallait que j’aie la pleine place dans l’équipe pour que les relations commencent à se créer. À partir du moment où il ne restait que moi, on a commencé à bien se connaître et bien s’entendre. C’est une femme merveilleuse, c’est une très, très grande cheffe, elle a toujours été de bon conseil avec moi, autant sur ma personne que sur ma cuisine. Ça m’a permis de me recentrer sur l’essentiel, d’enlever les fioritures. Elle m’a poussé dans mes derniers retranchements, elle m’a aidé à avoir confiance en moi, à ne pas baisser la tête et à ne pas lâcher le morceau. Elle a été indispensable.

Vous vous considériez comme le Poulidor de la saison en finissant souvent deuxième, puis votre fin de parcours a été fulgurante. Que s’est-il passé ?

C’est le thème des épreuves, finalement. À la fin, elles étaient plus adaptées à ma cuisine. Et puis c’est évident qu’après, on commence à se roder, à comprendre ce qu’on attend de nous et on connaît le plateau, forcément ça aide. À la fin, j’étais enragé. Au début, je m’amusais peut-être un peu trop, je n’étais pas assez sérieux. Au fil du temps, je me suis concentré, je me suis mis à fond dedans sérieusement et ça m’a aidé.

Sarah explique dans l’épisode être arrivée avec le syndrome de l’imposteur. Est-ce que c’est la même chose pour vous ?

Non, pas du tout. Je savais que j’avais toutes les capacités pour aller au bout sauf que j’avais toujours l’impression que les autres méritaient plus que moi, sans justifier pourquoi, ça a toujours été comme ça, c’était un manque de confiance parce qu’on m’a souvent rabaissé. Je n’avais pas le sentiment d’être un imposteur. Au contraire, j’ai fait de très, très grandes maisons, j’ai bossé avec les plus grands chefs du monde donc j’étais complètement légitime d’être là et de mériter cette victoire.

Quand vous pensez à Top Chef, quelle est la première chose qui vous vient en tête ?

Que c’était magnifique, ce sera un souvenir inoubliable. Au même titre qu’un mariage, on ne le vit qu’une fois dans sa vie. La demi-finale, quand j’ai soulevé la cloche, c’était très, très fort. J’ai eu une espèce de satisfaction, d’autant plus que j’étais qualifié alors qu’il y avait égalité pour les deux autres. J’étais content qu’il n’y ait pas de discussion, j’étais qualifié et c’était unanime.

Cette saison, vous gagnez aussi le titre de celui qui, parmi tous les candidats, a le plus de followers sur Instagram. Cela a-t-il une importance quelconque quand on est chef en 2021 ?

Bien sûr que ça a une importance. Mais ce qui compte, ce n’est pas le numéro mais tous les gens qu’il y a derrière. Ça veut dire qu’il y a un capital sympathie et que les gens vous apprécient et ça me touche. À travers tous les réseaux sociaux, les gens sont à fond avec moi. Avec le resto, je le vois. Dès que je sors, c’est de la folie. Je vis quelque chose de merveilleux, j’ai l’impression d’être une Miss France.

Vous avez ouvert un restaurant éphémère à Paris le 1er juin. Comment ça se passe ?

Ça se passe très très bien. Il s’appelle Manzili, ce qui veut dire « ma maison, mon chez-moi ». C’est un concept méditerranéen, on s’amuse. On a un joli mur de fleurs, du jasmin, des huiles d’olives, des boissons faites maisons qui représentent le bassin méditerranéen. La gaîté, la joie, le bonheur et la musique à fond le soir.

Quelle est la suite pour vous ?

D’abord, je suis sur le marathon des quatre mois [jusqu’à la fin du restaurant éphémère], on va essayer de tenir le cap jusqu’au bout. Je ferai un point à la mi-saison pour savoir ce que je fais après. Mais je vais d’abord me concentrer sur ça, on vient juste d’ouvrir. Chaque chose en son temps.

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