Black Panther, Rogue One, Fast and Furious… Ces films qui prouvent que la diversité a plus de succès !

Marvel, Star Wars, Fast and Furious… Des grosses franchises qui ont su mettre en avant des castings diversifiés. Retour sur ces immenses succès, qui prouvent que le public veut du changement sur les écrans.

10 milliards de dollars. C’est la somme faramineuse que perd l’industrie du cinéma et de la télévision américaine chaque année par son manque de diversité, et de soutien de la diversité. Un chiffre révélé par la célèbre firme McKinsey & Company dans sa dernière étude sur la représentation – qui met en lumière une réalité terrifiante : en moyenne, ces 10 dernières années, 82% des rôles principaux de films américains ont été incarnés par des Blancs. Une aberration quand on sait que la population des États-Unis est composée de plus de 40% de personnes non blanches. Les auteurs de l’étude – Jonathan Dunn, Sheldon Lyn, Nony Onyeador et Ammanuel Zegeye – avancent même que l’industrie de l’entertainment américain est moins diversifiée que les secteurs de la finance et de l’énergie.

À se demander pourquoi Hollywood (et le reste du cinéma mondial) n’évolue pas plus vite. D’autant que les exemples de films diversifiés qui ont cartonné dans le monde ne manquent pas ! Petit tour de ces succès qui prouvent (une fois de plus) que le public est plus que prêt pour une évolution de la représentation à l’écran.

Creed (2015)

Pas évident de prendre la relève d’un personnage aussi iconique que Rocky Balboa. Un challenge accepté par l’acteur Michael B. Jordan, devenu la nouvelle incarnation de la franchise culte de boxe, avec Creed en 2015. Symbole de fierté de la communauté italo-américaine dans les années 70, la saga Rocky embrasse ici la cause de la communauté afro-américaine. Réalisé par Ryan Coogler (Fruitvale Station, Black Panther) le film est l’une des belles surprises de l’année 2015, avec 173 millions de dollars récoltés dans le monde, soit près de 5 fois son budget ! Ce reboot inspirera d’ailleurs une suite – Creed 2 – tout aussi couronnée de succès, et un 3e volet actuellement en préparation. Au-delà des chiffres, Creed aura surtout offert à toute une communauté un nouveau symbole de fierté. Tout comme Rocky en son temps.

Rogue One : A Star Wars Story (2016)

Un an après le succès planétaire du Réveil de la Force en 2015, Rogue One : A Star Wars Story avait la délicate mission de proposer une aventure qui n’était pas centrée sur la célèbre famille Skywalker. Pour cela, le film a misé sur un casting international inédit mené par Felicity Jones, et comptant dans ses rangs le mexicain Diego Luna, les acteurs chinois Donnie Yen et Wen Jiang, l’afro-américain Forest Whitaker ou encore le britannique d’origine pakistanaise Riz Ahmed. Un pari de la diversité qui s’est avéré payant puisque le film a récolté 1,055 milliard de dollars au box-office mondial, devenant ainsi le 4e plus gros succès de la franchise Star Wars. Plus que les cultes La Menace Fantôme et L’Empire contre-attaque !

Vaiana (2016)

La question de la diversité des princesses Disney a longtemps été une question tabou. Il a fallu attendre Aladdin (1992) et Jasmine pour voir la première princesse arabe, suivi peu après par l’amérindienne Pocahontas (1995), puis la chinoise Mulan (1998). Plus de 10 ans plus tard, c’est Tiana de La Princesse et la grenouille (2009) qui est devenue la première princesse afro-américaine. En 2016, cette grande famille des monarques Disney se complète avec l’arrivée de Vaiana. Cette jeune princesse du Pacifique nous introduit à la mythologie polynésienne, déjà entrevue dans Lilo & Stitch (2002), et qui a près de 4000 ans. Une plongée au cœur d’une culture méconnue, qui sera un gros succès avec plus de 645 millions de dollars au box-office mondial.

Get Out (2017)

Si vous avez crié d’effroi au cinéma récemment, c’est sans doute grâce à Jordan Peele. L’ancien comique de la série Key & Peele est passé à la réalisation en 2017 avec Get Out, un film d’horreur qui raconte l’histoire d’un jeune noir qui accepte de passer le week-end chez sa belle-famille blanche. Ou comment le racisme ordinaire peut être une source d’épouvante. Tourné avec un micro budget de 4 millions de dollars, Get Out fait l’effet d’une bombe à sa sortie aux États-Unis, au même moment où Donald Trump entre à la Maison Blanche. Au total, le film génère 255 millions de dollars dans le monde, et Jordan Peele devient le 1er afro-américain à remporter l’Oscar du Meilleur Scénario Original. Le second film du réalisateur – Us (2019) – connaîtra le même succès, et finira d’installer Peele comme le nouveau génie américain de l’horreur !

Coco (2017)

Les studios Pixar ont beau être les pionniers de l’animation 3D, il aura fallu attendre plus de 20 ans et 19 films pour que l’un de leurs longs-métrages ait un personnage principal racisé : Coco. Doté d’un budget XXL de 200 millions de dollars, Coco est devenu le premier blockbuster au casting (vocal) entièrement latino, emmené par l’acteur Gael Garcia Bernal. Une diversité accueillie à bras ouverts dans le monde entier – 807 millions de dollars au box-office – et particulièrement au Mexique, où le film est devenu le plus gros succès de tous les temps. Un succès public couplé à une reconnaissance critique, puisque Coco a notamment remporté 2 Oscars, un Bafta, un Golden Globes, et pas moins de 11 Annie Awards, les prix-références de l’animation mondiale !

Wonder Woman (2017)

Triste constat : la célèbre Wonder Woman a dû attendre 76 ans avant d’avoir un film à son nom au cinéma, quand Batman en est à sa 6e version sur grand écran. Et si la diversité ethnique est essentielle dans la représentation, celle de genre est tout aussi importante. 822 millions de dollars engrangés dans le monde : l’accueil reçu par Wonder Woman est une preuve de plus que le public veut plus de super-héroïnes. Un succès qui a d’ailleurs fait entrer la réalisatrice Patty Jenkins dans le club (trop) fermé des femmes à la tête de blockbusters, aux côtés notamment de Kathryn Bigelow (K-19 : Le Piège des profondeurs) et Ava DuVernay (Un raccourci dans le temps). Wonder Woman reviendra avec le même succès dans le Justice League, puis dans la suite à ses propres aventures, le récent Wonder Woman 1984.

Black Panther (2018)

Première adaptation cinéma du super-héros emblématique de Marvel créé en 1966, le film est un éloge de la culture africaine et afro-américaine, avec son casting de luxe réunissant des légendes vivantes et des jeunes pépites de la communauté noire : Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya, Angela Basset, Forest Whitaker… Moins célèbre que Captain America, Hulk ou Iron Man, le film a pourtant récolté plus de 1,3 milliards de dollars dans le monde, et est devenu le plus gros succès Marvel hors opus Avengers. Il est également devenu le premier long métrage de super-héros à avoir été nommé à l’Oscar du Meilleur Film.

Crazy Rich Asians (2018)

À sa sortie en 2018, Crazy Rich Asians était le premier film d’un gros studio hollywoodien comptant un casting majoritairement asiatique, depuis Le Club de la chance en 1993. Un film-événement donc, qui était apparemment attendu par le public : avec ses 238 millions de dollars récoltés dans le monde, Crazy Rich Asians est devenu la comédie romantique la plus populaire au box-office de ces dix dernières années, devant La Proposition (2009) et le film Sex and the City (2008). Pas mal du tout pour un film au “modeste” budget de 30 millions de dollars ! Un tel plébiscite ne pouvait évidemment pas s’arrêter là : une suite du film, toujours en écriture, est d’ores et déjà prévue !

Spider-Man : New Generation (2019)

Ça a été l’un des coups de cœur de l’année 2019 : un film d’animation au style unique, suivant le jeune Miles Morales mordu par une araignée radioactive, et qui prend la relève du célèbre Peter Parker. À son apparition en 2011 dans les pages des comics Marvel, ce nouveau Spider-Man aux origines latino et afro-américaines a été une véritable révolution dans l’univers de l’homme-araignée. Et cette adaptation cinéma a confirmé ce succès : le film a totalisé 375 millions de dollars dans le monde (multipliant par 4 son budget), et a remporté l’Oscar du Meilleur Film d’Animation au nez et à la barbe des films Disney et Pixar. Plus important encore : cette incarnation de Spider-Man réactualise enfin le super-héros pour la génération actuelle, offrant une nouvelle jeunesse à un personnage créé en 1962.

Fast and Furious (2001-2021)

Cela fait 20 ans et 9 films que Vin Diesel et sa bande joue de l’accélérateur et du frein à main sur grand écran, et la franchise Fast and Furious n’a jamais été aussi populaire ! Les 2 derniers films – Fast and Furious 7 et 8 – ont respectivement glané 1,5 milliard et 1,2 milliard de dollars au box-office mondial, faisant une entrée remarquée dans le top 20 des plus gros succès de tous les temps. Au-delà des chiffres, Fast and Furious c’est aussi et surtout un casting récurrent multiethnique : aux côtés de Vin Diesel et du regretté Paul Walker, on retrouve Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Chris “Ludacris” Bridges, ou encore Sung Kang. Une famille de cinéma qui reviendra dans Fast and Furious 9, prévu pour le 14 juillet sur les écrans français.

Au-delà de leur constat amer, les auteurs de l’étude McKinsey & Company apportent un début de solution pour enfin mettre plus de diversité sur les écrans : “De la même manière qu’une action collective est nécessaire pour faire progresser l’équité raciale dans les entreprises, un changement réel et durable dans le cinéma et la télévision nécessitera une action concertée et l’engagement conjoint des parties prenantes à travers l’écosystème de l’industrie.” En clair : engager des personnes de toutes origines derrière la caméra permettrait de voir plus de diversité à l’écran. Logique.

Une démarche déjà entreprise par exemple chez Lucasfilm, où sa présidente Kathleen Kennedy a engagé des femmes à plusieurs postes-clés, afin de dessiner l’avenir de l’univers Star Wars. Outre ce cas particulier, les deux prochains blockbusters Marvel – Shang-Chi et Eternals – auront des castings majoritairement racisés. Mais au-delà de la diversité ethnique, d’autres représentations comptent. Et si on se réjouit que les studios Pixar lancent le casting de leur première héroïne transgenre, on peut cependant regretter que les grands oubliés de cette représentation à l’écran restent les personnes non valides. Comme quoi, malgré des signes d’espoir, le chemin reste encore long.

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