Couvre-feu et Cinéma : les salles demandent des dérogations pour les spectateurs

Vive inquiétude de la part du monde du cinéma suite à l’annonce de la mise en place d’un couvre-feu en Ile-de-France et 8 métropoles. La Fédération des salles de cinémas demande une dérogation. La ministre de la Culture s’est également exprimée.

Quel avenir pour les salles de cinéma et les sorties de films en France, suite à l’annonce de la mise en place d’un couvre-feu sur une partie de l’Hexagone ? Les professionnels du cinéma français s’interrogent et font part de leur inquiétude.

Nombreux sont les producteurs, distributeurs ou encore réalisateurs à avoir réagi sur les réseaux sociaux, témoignant de leur “colère” ou leur “abattement“. La FNCF, qui représente les salles de cinémas françaises, a partagé un communiqué pour alerter sur le fait que cette annonce du chef de l’Etat va “fragiliser terriblement l’activité des cinémas de la plupart des grandes villes de France”

Nos confrères de Box Office Pro relayent ce communiqué dans son intégralité. En voici un extrait : “En empêchant l’organisation des séances du soir, ce dispositif va fragiliser terriblement l’activité des cinémas de la plupart des grandes villes de France. En effet, avec une fréquentation déjà réduite de 50 à 70 % depuis de nombreux mois, les cinémas vont devoir se passer de ces séances qui représentent plus de la moitié de leur public.”

Le couvre-feu va toucher au cœur la fréquentation des spectateurs de cinéma. Depuis 2016, en moyenne 43.8% des entrées sont réalisées à partir de 19h et 58.3% à partir de 17h. @LeCNC #FNCF2020 #FNEF #cinema #covid #marketing #seance #CouvreFeu @R_Bachelot @mosebbag @vhadida pic.twitter.com/it7rHdXxND

De plus, par effet domino, les salles de cinéma craignent que de nombreux films soient déprogrammés, ne pouvant supporter une telle réduction de leur marché potentiel, poursuit la FNCF dans son communiqué. Les salles des zones non concernées par le couvre-feu pourraient alors en subir aussi les conséquences en ayant encore moins de films à proposer, et tout particulièrement les films les plus attendus. 

Par effet domino, les salles de cinéma craignent que de nombreux films soient déprogrammés

Il s’agirait alors d’un immense gâchis car, depuis leur réouverture, grâce à un guide sanitaire appliqué strictement garantissant la santé des spectateurs, ceux-ci se sont mobilisés pour venir voir les films à l’affiche. Les distributeurs et éditeurs de films français ont proposé de nombreuses œuvres, malgré l’absence de films grand public américains. L’annonce des modalités du couvre-feu risque cependant de mettre un coup d’arrêt à cette dynamique.”

Les salles de cinéma demandent aux pouvoirs publics de permettre aux spectateurs de rentrer chez eux après la séance au-delà de 21 h, “les salles pouvant ainsi assurer une exposition suffisante des films“. Le communiqué souligne également le respect des salles des gestes barrières : “Les salles de cinéma ont montré qu’elles appliquaient leur guide sanitaire, l’un des plus stricts, pour garantir des conditions sanitaires optimales pour leurs spectateurs afin de les accueillir pour la plus belle des expériences cinématographiques.”

Nombreux sont ceux à s’inquiéter des conséquences économiques et du risque de fermeture définitive des salles, suite à cette décision. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, s’est exprimée ce matin, dans un communiqué, en soutien au monde de la culture : “Le monde de la culture traverse à nouveau une terrible épreuve. Je tiens à dire aux acteurs culturels que je demeure à leurs côtés. Je travaillerai dès aujourd’hui avec les organisations représentatives, pour évoquer avec elles les dispositifs d’accompagnement indispensables aux secteurs du spectacle vivant et du cinéma, particulièrement affectés par le couvre-feu. 

Je tiens par ailleurs à saluer l’engagement et la responsabilité des professionnels pour assurer la sécurité du public dans les salles de spectacles et de cinéma, grâce à des protocoles sanitaires stricts, scrupuleusement respectés par les spectateurs.

Beaucoup de professionnels ont réagi sur les réseaux sociaux depuis hier soir :

Jean-Paul Salomé, réalisateur de La Daronne : “Pensées à tous ceux dont les films viennent de sortir ou vont sortir… et encore merci à @LabadieLePacte et au @Le_Pacte d’avoir sorti #LaDaronne qui a pu malgré tout rencontrer son public. Je ne suis pas abattu, je suis juste en colère.”

Pensées à tous ceux dont les films viennent de sortir ou vont sortir… et encore merci à @LabadieLePacte et au @Le_Pacte d’avoir sorti #LaDaronne qui a pu malgré tout rencontrer son public. Je ne suis pas abattu, je suis juste en colère.

Amel Lacombe, distributrice pour Eurozoom, qui a récemment organisé la ressortie d’Akira en version restaurée : “Moi je suis abattue après m’être battue avec mon équipe pour survivre à cette cata malgré un système qui aide des films français en n’oubliant que sortir des films étrangers quand on est un indépendant français, c’est aussi ds le périmètre du CNC

Moi je suis abbatue après m’être battue avec mon équipe pour survivre à cette cata malgré un système qui aide des films français en n’oubliant que sortir des films étrangers qd on est un indep français c’est aussi ds le périmètre du Cnc https://t.co/RQ3ikjfQVu

Jean Labadie, distributeur pour Le Pacte, qui a récemment distribué La Daronne : “Le couvre feu = fin des sorties cinéma sur les semaines qui viennent. Le fait qu’on ai le chômage partiel ne change rien à nos futurs difficultés.”

Le couvre feu = fin des sorties cinéma sur les semaines qui viennent

Le fait qu’on ai le chômage partiel ne change rien à nos futurs difficultés

Frédéric Jouve, producteur notamment de Rouge de Farid Bentoumi qui doit sortir le 25 novembre prochain : “Tuer les restaurants, les cinéma, les théâtres, les taxis, plutôt que de financer les hôpitaux.

Ça coûte moins cher de bricoler des aides pour quelques professions plutôt que de mettre en place une vraie gouvernance. Gouverner c’est prévoir. #EmmanuelMacron ne prévoit rien.”

Tuer les restaurants, les cinema, les théâtres, les taxis, plutôt que de financer les hôpitaux.

Ça coûte moins cher de bricoler des aides pour quelques professions plutôt que de mettre en place une vraie gouvernance. Gouverner c’est prévoir. #EmmanuelMacron ne prévoit rien.

Jeanne Balibar, comédienne et réalisatrice :

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Une publication partagée par @ jeannebalibar le 14 Oct. 2020 à 3 :19 PDT

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