Et si la révélation de « La Fracture », c'était elle ?

  • « La Fracture » entraine les spectateur au cœur d’un hôpital après une manifestation de gilets jaunes.
  • Marina Foïs, Valeria Bruni-Tesdeschi et Pio Marmaï sont dirigés par Catherine Corsini qui parvient à faire sourire sur des sujets graves.
  • Aïssatou Diallo Sagna, aide-soignante à la ville, se révèle étonnante de naturel pour son premier rôle à l’écran.

Parvenir à faire sourire de l’état de l’hôpital public et du mouvement des gilets jaunes était une gageure. La Fracture de Catherine Corsini relève ce défi haut la main.
Valeria Bruni-Tedeschi et
Marina Foïs incarnent un couple de lesbiennes et
Pio Marmaï un manifestant blessé dans cette comédie récompensée par la
Queer Palm à Cannes.

Mais en réalité, les stars se font voler la vedette par une authentique aide-soignante de 38 ans, Aïssatou Diallo Sagna. « J’ai souhaité engager de vrais soignants, explique la réalisatrice, parce que je désirai donner une certaine vérité au film. Je savais que cela permettrait aux acteurs professionnels de mieux jouer car ils seraient confrontés à une autorité. » Catherine Corsini a donc pris le risque de confier à cette débutante le rôle de Kim, une infirmière débordée à la fois bienveillante et autoritaire, qui essaye de maintenir un semblant d’ordre au milieu du chaos.

Une nouvelle star en blouse verte

Aïssatou Diallo Sagna, mariée avec trois enfants, ne songeait pas une seule seconde qu’elle serait retenue quand elle a participé au casting avec une amie. « J’ai tenté ma chance comme on fait une blague et j’ai découvert que je prenais grand-plaisir à jouer la comédie. Catherine a su me faire exprimer des choses auxquelles je ne m’attendais pas », déclare la trentenaire. Elle est époustouflante dans le rôle d’une femme généreuse qui doit hiérarchiser l’urgence des soins tout en répondant aux demandes plus ou moins agressives des patients.

« Ce que montre le film correspond à la réalité, confirme Aïssatou Diallo Sagna. Catherine Corsini n’exagère rien, ni dans la dégradation des locaux, ni dans l’épuisement du personnel. » Face au capharnaüm qui engloutit malades et professionnels de santé, le delire est tel qu’il frôle l’absurde. Et le spectateur trouve la distance qu’il faut pour en rire. « Le rire est un bon moyen de faire prendre conscience de ce qui se passe », insiste la jeune femme. Plafond qui s’écroule, foules de visiteurs énervés et patients au bord de la crise de nerfs sont son lot quotidien.

Naissance d’une actrice

Aujourd’hui, Aïssatou Diallo Sagna a retrouvé son poste d’aide-soignante à Paris. « Vivre Cannes, le tapis rouge et les interviews était merveilleux, dit-elle. Mes collègues m’ont soutenue tout au long de cette expérience. » Poursuivra-t-elle sa carrière de comédienne ? Elle attend d’éventuelles propositions. On ne serait pas surpris que son talent tente d’autres cinéastes.

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