Ici tout commence (TF1) Francis Huster : "J’ai longuement réfléchi pour savoir comment revenir à la télévision"

Il dirige d’une main de maître l’Institut Auguste Armand, du nom de son personnage de chef étoilé. Un vrai rôle de composition pour le comédien. Entretien…

Hormis une apparition dans Nos chers voisins, en 2013, vous êtes absent du petit écran depuis longtemps. Qu’est-ce qui explique ce retour ? 

Francis Huster : Pendant dix ans, je ne voulais me consacrer qu’au théâtre. Sauf pour réaliser Un homme et son chien (2008), histoire de démontrer, une fois de plus, que Jean-Paul Belmondo était un acteur dramatique, comme dans À bout de souffle, Léon Morin, prêtre, Stavisky… et pas uniquement un cascadeur. Puis, j’ai longuement réfléchi pour savoir comment revenir à la télévision. Je voulais le faire d’une manière différente de ce que l’on connaissait de moi. Que ce soit sur le plan physique ou la façon de jouer. Sont alors arrivés les rôles d’Armand dans Ici tout commence, et de Malraux dans De Gaulle, l’éclat et le secret (France 2). J’étais convaincu que c’était le bon moment, et j’ai changé de physique dans les deux cas.

Où avez-vous puisé l’inspiration pour incarner Auguste Armand ? 

J’ai pensé à deux hommes : devant le miroir, je voyais Pierre Gagnaire, l’un des meilleurs chefs au monde. Donc, je me suis fait un peu son physique, avec sa barbe. Puis je me suis demandé qui était Armand… de l’autre côté du miroir. J’ai alors pensé au chef Bernard Loiseau, qui s’est suicidé. Je me suis dit que, pour Armand, ce serait pareil, qu’il pourrait vivre un drame de l’autre côté du miroir. 

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Au-delà du personnage, qu’est-ce qui vous plaît dans cette fiction ? 

Le fait d’être dans la transmission. Des téléspectateurs de 20-25 ans pourront se dire : « Quand tu as la passion d’un métier, tu peux devenir quelqu’un. Bats-toi pour ce que tu fais ! » 

Maître en art théâtral, l’êtes-vous en matière culinaire ? 

Je suis nul ! Je n’ai réussi que des oeufs au plat pour mes deux filles, quand elles étaient toutes petites. Sinon, je ne sais même pas manger : je mets du ketchup sur le poisson. La cuisine a même failli me tuer : allergique aux fruits de mer, j’ai goûté un jour une soupe de belons, croyant qu’il s’agissait d’un potage aux légumes. Des milliers de boutons ont aussitôt surgi sur mon corps, avant que je ne m’écroule en m’étouffant. Ça se passait au Fouquet’s, lors de la générale de la pièce Lorenzaccio (1976). Franco Zeffirelli, le metteur en scène, a alors eu le réflexe extraordinaire de prendre un couteau pour improviser une trachéotomie, sans quoi je serais mort. 

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Vous évoquiez vos filles. Que font-elles aujourd’hui ? 

C’est incroyable comme elles sont différentes ! Pas seulement physiquement. Toscane, qui a 17 ans, c’est Audrey Hepburn, elle vient d’entrer à l’université, à Londres, pour étudier les arts et les sciences. Élisa, 22 ans, c’est Marilyn ou Bardot, et elle est dans une école de journalisme et de communication. Son prénom est un hommage à Elizabeth Taylor, à qui Cristiana (Reali, ndlr), sa maman, ressemble. C’est fou ce que peut réserver le destin ! Ainsi, Toscane s’appelle plus précisément Toscane Rose. Rose, comme l’une de mes filles dans la série, interprétée par Vanessa Demouy. Pourtant, aucun auteur n’était au courant… 

Interview Frédéric Lohézic 

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