INTERVIEW. Amandine Petit, Miss France 2021 : "Je suis blonde aux yeux bleux mais je ne suis pas une Barbie"

Le samedi 19 décembre, le destin d’Amandine Petit, étudiante en master 2 de Management des structures de gérontologie a basculé. Elle a été sacrée Miss France 2021. Interview d’une jeune femme spontanée, intelligente et drôle.

Vous étiez en larmes mais souriante au moment de votre sacre. A quoi avez-vous pensé en premier ?

Amandine Petit : Lorsque j’ai eu la couronne sur la tête, j’ai pensé que ma vie allait changer, qu’elle allait prendre un nouveau tournant. Sur le moment, j’étais juste envahie par l’émotion et j’avais oublié tout ce qui se passait autour de moi. D’ailleurs, c’était l’anniversaire de mon papa et pendant quelques secondes, je l’avais carrément oublié (Elle rit.)

Malgré les conditions sanitaires drastiques, vous avez pu recevoir les félicitations de vos parents ?

Oui, j’ai pu les voir juste avant de rejoindre ma chambre d’hôtel à Paris. Heureusement, cela aurait été compliqué quand même. Cela faisait trois semaines que je ne les avais pas vus. Ils étaient extrêmement contents. Ils m’ont toujours encouragée. Je n’aurais pas pu offrir un plus beau cadeau d’anniversaire à mon papa que de lui ramener cette merveilleuse couronne.

C’est le public qui a fait basculer les votes en votre faveur. Qu’en dites-vous ?

Ça me fait plaisir et cela montre à quel point les Français sont contents que je sois leur Miss France. C’est un soutien énorme. Un tel engouement de la France entière, c’est extraordinaire.

Vos discutiez beaucoup pendant les quelques secondes d’attente du verdict avec April Benayoum, votre première dauphine. Que lui disiez-vous ?

Je lui disais qu’elle avait été merveilleuse et qu’elle était très belle. Elle m’a répondu : toi aussi. C’était de jolis petits mots. Finalement, on ne s’en rend pas compte mais ces quelques secondes durent une éternité. J’avais l’impression que la caméra tournait, tournait… J’étais portée envahie par l’émotion avant d’entendre mon nom. Je commençais à y croire. Je lui serrais fort les mains avec un mélange de peur, d’angoisse, de stress, de gaieté, de joie, d’émotion, de fierté…

Votre aisance orale a pu faire la différence, non ?

Je pense que c’est ça qui a fait plus ou moins la différence. Déjà, pour Miss Normandie, c’était le cas. Parce que pendant le show, j’ai été pas mal gaffeuse ! Je me suis trompée à plusieurs reprises mais fondu dans l’ensemble des candidates, ça passait heureusement. Ça m’a aussi permis de garder le sourire toute la soirée car dès lors que je me trompais, ça me faisait plus rire qu’angoisser. Je me suis emmêlée les pieds par moment, ça glissait. Il y avait des endroits où il était moins facile de marcher. En maillot de bain, j’ai fait la moitié de la choré. Quand il y avait de la fumée, je perdrais tous mes repères. Je n’ai pas le vertige mais je ne faisais pas la maligne.

La perfection, c’est fatiguant aussi !

Tout à fait. (Elle rit) Bon, on a le souci du détail quand même. Le but reste de tout faire pour le mieux. J’ai réussi à décrocher ma couronne en faisant plein d’erreurs dans les pas de danse. Je m’en suis excusée auprès du chorégraphe.

Vous avez aussi fait un discours sur la femme moderne que vous souhaitez incarner, "une femme forte qui défend de belles valeurs (…), qui va de l’avant."

C’est sorti du cœur. On n’est pas préparé aux questions des internautes. Parmi les cinq dernières, j’ai été appelée en cinquième. Donc j’ai pensé que j’aurais du temps pour réfléchir. Or, j’ai été la première à devoir répondre. J’ai fait une réponse spontanée.

On a du mal à croire que vous manquez de confiance en vous…

C’est un travail sur le long terme. Quand on fait des études, qu’on arrive en Master 2, on nous demande de soutenir des thèses, de se présenter en public de faire des stages, de prendre part aux discussions dans le milieu professionnel. Ce déclic arrive quand on a plus le choix. Ma première participation à l’élection de Miss Normandie il y a cinq ans m’avait apporté beaucoup de la confiance en moi. Heureusement que je n’ai pas été élue. J’étais vraiment trop jeune. J’avais 18 ans. Il vaut mieux attendre ses 20-21 ans. Ce que je vis à l’heure actuelle, j’aurais eu plus de mal à le vivre à 18 ans.

Comment on vit avec "sa" beauté sinon ?

Je n’y pense pas trop mais dans la chambre d’hôtel ou je suis, au Royal Monceau, il y a des vitres partout. Même si je ne veux pas me regarder dans les miroirs, je suis obligée. C’est un peu la galerie des Glaces ici ! (Elle sourit)

Vous avez dit aussi sur scène : "Petite par le nom mais grande par l’ambition". Vous avez le sens de la formule !

Outre le clin d’œil à mon nom de famille, il fallait de l’audace et de l’ambition pour se présenter avec des talons d’une hauteur de 12 cm devant 8 millions de téléspectateurs et en maillot de bain. Dans mon quotidien, quand je vais à la plage,  je ne mets pas  de talons aiguilles et je ne fais pas de pose en bout de podium avant de me baigner ! (Elle rit.)

Votre première dauphine April Benayoum, Miss Provence a été la cible d’attaques antisémites. Choquée ?

Oui car ce sont des choses qui n’ont pas leur place au sein du concours Miss France. On est dans un concours bienveillant  qui n’a rien à voir avec ces propos antisémites. Ces commentaires désobligeants n’ont pas leur place au sein du Comité des Miss France. Je serai là pour soutenir April et Sylvie Tellier aussi.

Avant vous, Malika Ménard, ex Miss Normandie a été élue Miss France. C’est à elle que vous devez aussi un peu d’être là ?

On s’était croisées dans le centre-ville de Caen. Elle m’avait aperçue pendant séance de promo pour un magasin. J’ai pris une photo avec elle et elle m’a tout de suite dit de me présenter. Elle avait même soumis ma candidature au comité régional.

Qu’est-ce qui vous a poussé cinq ans après à recommencer ?

Le comité a été repris par une agence pour laquelle je travaille en tant qu’hôtesse. Ils m’en avaient parlé à la fin d’une mission que j’avais faite pour eux. Portée par ce renouveau, j’ai retenté ma chance et été élue Miss Normandie, le 26 septembre dernier.

Votre principale qualité ?

La spontanéité et l’authenticité.

Et votre plus gros défaut ?

Je suis bavarde et hyper gourmande.

Vous avez déjà déclaré vouloir œuvrer pour soutenir la recherche médicale sur la maladie d’Alzheimer et les proches des malades. Pourquoi ?

C’est quelque chose qui m’a énormément touché d’un point de vue personnel.

Dans votre famille ?

J’ai été au contact de personnes touchées. Je me suis rendue compte à quel point les proches aidants avaient aussi besoin de soutien.

Vos grands-parents en ont souffert ?

Ça fait partie d’un jardin que je garderai secret.

L’épidémie de Covid n’est pas terminée. Comment envisagez-vous votre année ?

Je sais à quoi m’en tenir a moins. S’adapter, sera le maître mot. Clémence a su le faire. On va marcher sur ses pas.

Vous disiez vouloir casser les codes, c’est-à-dire ?

C’est un bien grand mot. Je veux monter que la femme peut être audacieuse et simple. Je suis blonde aux yeux bleus mais je ne suis pas une Barbie. Ni une fillette. J’ai cette voix un peu cassée, ce franc-parler que je veux conserver.

Comme celles qui vous ont précédé, vous ne souhaitez pas dire si vous avez un homme dans votre vie ?

Exactement. Je veux garder une part d’intimité.

Pour vous séduire, quelles qualités faut-il ?

Beaucoup d’humour, de la spontanéité et de la sincérité.

Votre objectif désormais ?

Rester moi-même, garder les pieds sur terre, saisir toutes les opportunités. Croquer cette aventure à pleines dents en fait.

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