« Je ne fais pas de la télé pour faire de la télé », dit Philippe Etchebest

  • Ce lundi, dès 18h40, M6 lance la diffusion de la sixième saison d’Objectif Top Chef.
  • À la fin du concours, le candidat qui aura convaincu le jury sera intégré à la brigade de Philippe Etchebest lors de la future édition de Top Chef.
  • « Maintenant, les candidats me connaissent par cœur, ça fait la différence », explique le chef.

Philippe Etchebest rallume les fourneaux. À partir de ce lundi, le chef s’arme de ses couteaux les plus affûtés et ses conseils les plus avisés pour dénicher les futurs talents de la cuisine dans Objectif Top Chef. Comme chaque année, celui ou celle qui remportera la compétition intégrera directement la prochaine saison de Top Chef, dans la brigade du meilleur ouvrier de France.

Cette sixième édition du concours réservé aux apprentis et aux amateurs passionnés de gastronomie a été tournée quelques semaines après le déconfinement. Au total, Philippe Etchebest a goûté les plats de 108 candidats, dont un quart d’amateurs, âgés de 16 à 50 ans. Cette saison, l’accent est mis sur le terroir, les producteurs locaux et une alimentation plus responsable. Le chef d’orchestre de l’émission fait le point sur les temps forts à venir.

Y a-t-il une dynamique, une tendance culinaire qui s’est retrouvée dans les assiettes des candidats cette année ?

Je me souviens d’une année où il y avait des cromesquis partout, une autre où c’était des pickles. Là, globalement, c’était homogène, il n’y a pas eu de préparation récurrente, c’était plutôt bien. Il y avait beaucoup d’audace, j’ai parfois goûté des choses vraiment improbables mais de qualité. Maintenant, les candidats me connaissent par cœur, ça fait la différence. Ils savent ce que j’attends donc il y a une évolution par rapport à ça aussi. Mais c’est bien, ils savent sur quoi je vais être pointilleux. Ils sont vraiment affûtés, ils se sont nourris de ces émissions, de mes jugements, de mes commentaires, donc ils s’adaptent. Ça a vraiment évolué.

Est-ce qu’Objectif Top Chef est l’émission dans laquelle vous prenez le plus de plaisir ?

Les trois programmes sont différents et justement, c’est parce que c’est différent que je prends du plaisir à chaque fois, parce que ma mission n’est pas la même. Cauchemar en Cuisine, c’est du coaching, c’est sauver des gens en difficulté. Objectif Top Chef, c’est la transmission, la formation. Top Chef, c’est l’excellence, le concours. Je rentre dans ces trois cases parce que je les connais parfaitement. Si c’était trois émissions avec les trois mêmes approches, ce serait chiant. Là, c’est segmenté.

Objectif Top Chef, ce n’est pas justement du coaching, de la transmission et de l’excellence ?

Il y a les trois mais le coaching n’est pas le même que dans Cauchemar en Cuisine, où c’est quand même plus violent psychologiquement. Je n’ai pas en face de moi des jeunes en difficulté ou au fond du gouffre, des gens qui sont au bout du bout. Ça reste quand même différent mais il y a plus une approche pédagogique avec Objectif Top Chef parce que je m’adresse à des jeunes cuisiniers qui sont en cours de formation. C’est un step différent de Top Chef, où j’ai des pros, donc je vais leur parler de pro à pro. Si le mec ne sait pas me faire une farce, je ne vais pas avoir le même discours qu’avec un apprenti. Donc je serais plus dur avec le pro.

Vous avez vu pratiquement 600 apprentis et amateurs. Qu’est-ce que vous gardez comme enseignement à leur contact ?

Il y a une jeunesse vraiment passionnée, une vraie population de jeunes qui sont investis, qui ont un vrai projet, avec de vraies valeurs de travail, et ça me touche énormément parce que je véhicule ces valeurs-là. Échanger avec eux, avec leur approche et leur vue très fraîche, presque innocente, ça me nourrit beaucoup. Je suis là aussi pour leur montrer la voie, leur faire part de mon expérience et leur transmettre mon savoir-faire. J’ai accepté cette émission dès le départ sans réfléchir parce que la transmission est extrêmement importante. En tant que meilleur ouvrier de France, c’est un devoir de faire part de toute mon expérience à cette génération qui va porter la gastronomie dans le futur.

Vous êtes un sacré comédien…

Je joue de ça pour faire monter la pression parce que c’est aussi pour moi un moyen de les jauger, par rapport à la maîtrise du stress et à la gestion de la pression. Tout ça est calculé, je veux les tester, un peu comme un entretien d’embauche. Je ne laisse rien transparaître quand je goûte, même si c’est sublime, pour qu’il y ait cette joie de mériter les cinq étoiles [les plats des candidats sont jugés sur une échelle d’une à cinq étoiles, N.D.L.R.]. Le plus difficile, c’est quand il y a une ou deux étoiles, parce que je dois argumenter. Et surtout les encourager à continuer. C’est une grosse pression que j’ai sur les épaules parce que mon verdict va engendrer des choix de vie pour certains. Je dois être le plus juste possible et trouver les bons mots pour apaiser, soutenir ou encourager.

En quoi est-il important pour vous, d’autant plus dans la situation actuelle, de montrer votre engagement à la télé ?

Cet engagement pour les agriculteurs est extrêmement important. Heureusement qu’ils étaient là pendant le confinement. Quand tout a repris son cours normalement, moins de gens allaient vers les petits producteurs et c’est bien regrettable. Ce sont des gens qui travaillent dur, ils font des journées de malades pour se verser de petits salaires. Il faut les aider et les mettre en avant. Si je peux le faire à travers Objectif Top Chef, tant mieux. Je fais de la télé depuis 11 ans. Je ne fais pas de la télé pour faire de la télé. Si je ne m’étais pas engagé auprès des restaurateurs dans mon discours, je n’aurais été crédible en rien. Je parle toujours de ma sincérité. Là, il n’y a pas de caméras, c’est la vraie vie, donc si je ne l’avais pas fait, qui l’aurait fait ? Je me devais de le faire. Ce que je fais à la télé, je le fais aussi dans la vie. On dit souvent que la télé fausse les choses mais ce n’est pas ça du tout. Je fais de la télé pour raconter la vraie vie des gens. L’image que je renvoie à travers la télé, c’est ce que je fais vraiment et c’est ce que je suis vraiment. J’y vais, je ne réfléchis pas, je fonce.

20 secondes de contexte

L’interview du chef Philippe Etchebest a été réalisée dans le cadre d’une table ronde virtuelle en compagnie de cinq autres médias.

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