La Prochaine fois je viserai le coeur sur France 3 : qui était le Tueur de l’Oise, à l’origine du film avec Guillaume Canet ?

La Prochaine fois je viserai le coeur, diffusé ce soir sur France 3, revient sur la terrifiante histoire du Tueur de l’Oise qui a sévi dans les années 80. Guillaume Canet tient la tête d’affiche.

Le titre du thriller porté par Guillaume Canet n’a pas été choisi au hasard. “La prochaine fois je viserai le coeur et non pas les jambes” sont les mots adressés par Alain Lamare à la police dans l’une des lettres qu’il leur enverra. Car derrière ce long-métrage haletant diffusé ce soir sur France 3 se cache l’histoire d’un criminel qui a sévit dans l’Oise dans les années 80, s’attaquant à des auto-stoppeuses sans défense. 

Le premier fait a lieu le 23 juillet 78, lorsqu’une jeune fille de 17 ans est agressée par balles par un mystérieux assaillant : il lui tirera trois fois dessus, ne la blessant que légèrement. Malgré les recherches et le témoignage de la victime, qui décrit sa voiture, l’homme n’est pas trouvé. Moins d’un mois plus tard, le commissaire central de Creil reçoit une drôle de missive : dedans, un homme prétend être l’auteur de l’agression et fait d’autres aveux. La police parvient ainsi à faire le rapprochement entre cette affaire, le vol d’une voiture (par la suite abandonnée) en mai 78 et l’explosion d’une seconde, qui blessera un policier.

Un modus operandi bien réfléchi

Très vite, les policiers se posent des questions, comme le relaie cet article du Monde datant de 1979 : l’homme connaît trop bien leur fonctionnement, ainsi que les techniques policières utilisées pour l’attraper. Lorsque la gendarmerie met en place le dispositif “couverture de surface” (une battue aérienne et terrienne) après l’attaque d’une nouvelle victime, censé durer deux heures, le suspect se cache. Un autre détail leur met la puce à l’oreille. Dans les lettres envoyées à la gendarmerie, il utilise (intentionnellement ?) un langage policier. Le commandant de la compagnie de Clermont ose émettre ses doutes à haute voix, mais personne autour de lui n’ose croire que le criminel fait parti des forces de l’ordre. Et pourtant. L’homme qu’ils recherchent s’appelle Alain Lamare, il a 23 ans et fait parti du Peloton de surveillance et d’intervention de Chantilly. Un poste qui lui permet de participer aux recherches et de suivre l’enquête au plus près. Mieux, il arrive régulièrement le premier sur les scènes de crime.

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L’étau se resserre

L’homme fait peur et se fait de plus en plus menaçant dans ses lettres. Il attaquera deux nouvelles femmes au pistolet. Chacune d’entre elles en fait un portrait robot qui permet aux enquêteurs d’affiner leurs recherches. En décembre 78, Lamare met ses menaces à exécution (“la prochaine fois je viserai le coeur) et tue une auto-stoppeuse de 19 ans. L’arme utilisée, un Beretta 9 mm, lui a été prêtée par un collègue. Il récidive à la fin du mois. Le 29, il prend dans sa voiture la jeune Andrée, puis la menace, mais elle parvient à s’enfuir de la voiture : il lui tire dessus à plusieurs reprises. L’une de balles touche sa colonne vertébrale, la paralysant à vie. Son portrait robot sera décisif dans la capture du gendarme.

Car plusieurs personnes autour de lui commencent à se poser des questions. L’un de ses anciens supérieurs notamment, qui reconnaît dans les lettres le style de Lamare. L’analyse graphologique (qui compare les écritures), le portrait robot et le fait qu’il ne soit jamais en fonction les jours où les crimes ont eu lieu les poussent à convoquer le gendarme. Sentant l’étau se resserrer autour de lui, il se rend sur place muni d’un pistolet caché. Mais il est vite encerclé et menotté.

L’heure est à la confession

Lamare fera ses aveux. Une perquisition à domicile et ses empreintes trouvées sur les lieux du crime permettent de boucler l’affaire. Mais reste à comprendre pourquoi ce gendarme s’est transformé en tueur en série… Trois ans après, l’ancien gendarme sera jugé irresponsable de ses actes par des psychiatres, qui le considèrent comme schizophrène. ll est envoyé en hôpital psychiatrique, échappant donc à un procès…

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