L'auteur Gaël Faye surpris par la violence de « Petit pays »

  • Gaël Faye évoquait le génocide rwandais dans « Petit pays », prix Goncourt des lycéens en 2016.
  • L’écrivain approuve cette adaptation qui retrouve l’esprit de son roman.
  • La projection du film lui a causé un choc.

Le romancier, rappeur et scénariste franco rwandais Gaël Faye a reçu choc en découvrant Petit Pays d’
Eric Barbier et on comprend pourquoi. Le film est inspiré de son roman autobiographique, récompensé par le Goncourt des Lycéens en 2016, relatant son passé au début des années 1990 en plein cœur du
génocide rwandais.

Prévu en mars puis décalé pour cause de pandémie, le film sort ce vendredi pour coller avec sa présentation au Festival d’Angoulême. « J’ai beau avoir assisté au tournage, revoir tout cela sur grand écran m’a coupé le souffle comme si j’étais témoin de ma propre enfance. C’était aussi fort qu’anxiogène car Eric Barbier a su restituer l’atmosphère de mon livre tout en resserrant l’action », confie-il à 20 Minutes.

Un romancier en devenir

Cette période a été douloureuse pour Gaël Faye, alors préadolescent vivant au Burundi. Il a été confronté à la guerre et à la séparation de ses parents incarnés par Jean-Paul Rouve et
Isabelle Kabano. « Je me souviens avoir vécu dans l’insouciance comme tous les enfants de mon âge, déclare le romancier de 37 printemps. J’ai dû grandir vite et trop tôt. » Après avoir fait les quatre cents coups avec ses potes, le jeune héros découvre l’horreur d’une guerre fratricide et le déchirement de devoir s’exiler en France. « C’est aussi ce qui a nourri mon besoin d’écrire, avoue-t-il. Je n’aurais peut-être jamais été un artiste si je n’avais pas connu tout ça. »

Du soutien et de la liberté

Gaël Faye a soutenu à fond Eric Barbier dans son adaptation tout en lui laissant une grande liberté. « J’avais vu La Promesse de l’aube et je lui faisais donc confiance, dit-il. Ce film me touche évidemment de manière frontale mais je pense qu’il peut émouvoir tous les publics par la façon dont il montre comment on peut vite basculer dans la guerre civile. » Ce conflit, vu à hauteur d’enfant, décrit la situation entre Rwanda et Burundi en insistant sur l’incompréhension d’un héros trop jeune pour saisir la complexité de la situation politique.

L’image plus dure que l’écrit

« J’ai été surpris par la violence du film, explique Gaël Faye. L’image est plus dure que l’écrit pour la restituer. Elle fait appel à tous les sens pour prendre les spectateurs aux tripes. » L’auteur est fier de voir Petit pays sur grand écran. « On y parle de racines, d’exil et d’enfance, précise-il. Ce n’est pas que mon histoire car il me semble que ces sujets peuvent parler à tout le monde. » Le film comme le roman, lui donnent raison.

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