« Les Libanais ont besoin de sentir que les Français sont proches d’eux »

  • Ce jeudi soir, les antennes de France 2 et France Inter se mobilisent pour l’opération Unis pour le Liban, près de deux mois après l’explosion meurtrière à Beyrouth.
  • A 21h10, un concert caritatif sera retransmis en direct de L’Olympia afin de récolter des dons pour le peuple libanais.
  • A 20h40, la soirée sera lancée par un reportage d’une équipe d’Envoyé Spécial tourné à Beyrouth.
  • « Il y a une correspondance, une proximité, entre les peuples libanais et français. Il était important de donner des nouvelles de nos cousins libanais », a déclaré Elise Lucet à 20 Minutes.

Les antennes de France 2 et
France Inter se mobilisent ce jeudi pour le
Liban. Elles retransmettront dès 21h10 un concert caritatif en direct de L’Olympia pour venir en aide au peuple libanais victime de
l’explosion du 4 août à Beyrouth. Un appel aux dons sera lancé (voir encadré). En préambule du spectacle, parrainé par Ibrahim Maalouf, qui réunira des dizaines d’artistes dont Mika, Clara Luciani, Florent Pagny, Salvatore Adamo, Grand Corps Malade, Madame Monsieur, M, Yannick Noah, Sting ou Bernard Lavilliers, un reportage réalisé par l’équipe d’Envoyé Spécial sera diffusé.

Elise Lucet, qui s’est rendue dans la capitale libanaise en début de semaine, s’est entretenue avec 20 Minutes à son retour à Paris.

Il était important pour vous de faire le déplacement à Beyrouth ?

Je n’étais jamais allée au Liban et c’était un grand regret pour moi, ce pays m’a toujours beaucoup attirée. Là, ça a été malheureusement un voyage un peu express, mais oui, il était très important qu’Envoyé Spécial participe à cette soirée. J’y suis allée, ainsi que deux de nos reporters, Romain Boutilly et Baptiste Laigle. Ils se sont chargés du reportage à la rencontre des Libanais qui sera diffusé avant le concert et d’un autre consacré à l’enquête sur l’explosion qui sera programmé plus tard dans l’année. On se sentait concernés avant même que cette soirée spéciale soit mise en route à France Télévisions.

Avant le côté musical et festif, il était essentiel de rappeler les faits ?

Oui et je pense aussi qu’il y a une correspondance, une proximité, entre les peuples libanais et français. Il était important de donner des nouvelles de nos cousins libanais. Nous sommes allés à la rencontre de familles endeuillées, comme les parents de la petite Alexandra. Elle avait 3 ans et elle est morte alors qu’elle était en train de jouer dans sa chambre. Elle a été soufflée par l’explosion. Depuis un an, ses parents et elle étaient des personnages importants de la révolution libanaise. La petite fille allait dans les manifestations, elle était devenue le symbole de la révolte du peuple contre la pauvreté, la corruption…

Quelle était l’atmosphère sur place, à Beyrouth ?

Hier [mardi], on a croisé des gens qui sont encore beaucoup en état de choc, qui pleurent assez facilement. On sent qu’il y a un traumatisme profond. Ils sont désabusés, ils ont le sentiment que personne ne va les aider, en tout cas pas le gouvernement libanais. C’est quelque chose que j’ai entendu toute la journée d’hier. Les habitants sont devant leurs façades d’immeubles éventrées et ils n’ont reçu que quelques visites d’officiels depuis la catastrophe. Seules les ONG ou les jeunes volontaires libanais sont venus leur porter secours pour déblayer les gravats et essayer d’étayer au maximum les constructions. J’ai croisé des personnes me disant avoir perdu leur logement, leur travail, leurs voitures… On est entrés dans un salon de coiffure dévasté avec une petite dame adorable qui coupait encore les cheveux de certaines clientes. Dans la rue, des personnes errent en se disant que rien ne va se passer pour eux, qui sont dans un état de pauvreté absolue. C’est pour cela je pense qu’ils ont besoin de cette soirée de solidarité et de sentir que les Français sont proches d’eux. C’est extrêmement émouvant et frappant de voir à quel point ils se sentent laissés pour compte.

Que vous disait-il lorsque vous évoquiez cette soirée caritative, qui sera également retransmise à la télévision libanaise ?

Ils étaient reconnaissants et disaient que c’était formidable – ils sont très attachés à la France – mais en même temps, ils sont d’une très grande dignité. Quand je leur demandais de dire au Français ce dont ils avaient besoin, pour eux, c’était impossible, c’est comme s’ils faisaient l’aumône. Ce n’est pas envisageable dans l’état d’esprit libanais de tendre la main pour quémander quoi ce soit.

Appel aux dons

L’opération Unis pour le Liban vise a récolter des dons pour la Croix-Rouge française. Ceux-ci peuvent être versés par Internet, via le site croix-rouge.fr ou par  SMS, en envoyant le mot LIBAN au 92 200 pour faire un don de 5 euros. IL est aussi possible d’envoyer un chèque à l’ordre de : « Urgence Beyrouth 2020 » à l’adresse suivante :  Croix-Rouge française – CS 20011 – 59895 Lille cedex 9. L’intégralité des sommes récoltées sera reversée à la Croix-Rouge libanaise et  aux ONG mobilisées autour de la culture et du patrimoine libanais.

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