M6 : pourquoi la chaîne n’est plus diffusée en Algérie ?

La chaîne M6 n’est plus autorisée à être diffusée en Algérie. Les autorités dénoncent les méthodes employées par l’équipe de tournage d’un reportage d’Enquête Exclusive. Explications

"Ce précédent nous conduit à décider de ne plus autoriser M6 à opérer en Algérie, sous quelque forme que ce soit", a indiqué le ministère algérien de la Communication dans un communiqué. Les Algériens ne pourront plus regarder leurs émissions favorites sur la chaîne, présidée par Nicolas de Tavernost. En cause, le reportage L’Algérie, le pays de toutes les révoltes diffusé le dimanche 20 septembre dans Enquête Exclusive sur M6. L’équipe de l’émission est accusée d’avoir travaillé "munie d’une fausse autorisation de tournage" à la réalisation de ces 75 minutes consacrées à l’Hirak, littéralement "mouvement" en arabe, terme employé pour désigner les manifestations qui ont lieu dans le pays depuis plus d’un an.

Selon Ammar Belhimer le ministre de la Communication et porte-parole, le documentaire portait "un regard biaisé sur l’Hirak" et le préjudice est tel qu’il a annoncé des poursuites judiciaires pour "faux en écriture authentique ou publique" précisant que "l’infraction au demeurant sévèrement sanctionnée restera inscrite au compte indélébile de ses auteurs."

M6 a aussi diffusé des images tournées en caméra cachée. Une méthode qui déplaît fortement au gouvernement qui commente dans un communiqué "un tournage clandestin supposé révéler "la face cachée" de notre pays s’est avéré être une somme d’anecdotes sans profondeur et sans rapport avec la réalité socio-économique (en amélioration constante) et politique (d’ouverture démocratique)".

Liberté de la presse

Incarcéré depuis le 28 mars, le journaliste Khaled Drareni, figure journalistique du pays, engagé dans l’Hirak, a été condamné en appel le mardi 15 septembre à deux ans de prison ferme par la cour d’Alger pour "incitation à un attroupement non armé et atteinte à l’intégrité du territoire national". L’homme "s’était vu intimer – par la Direction générale de la sécurité intérieure (qui dépend de l’armée)- l’ordre de mettre fin à ses activités et de s’abstenir de couvrir les manifestations comme les activités de l’opposition politique et associative" lit-on dans Le Monde.

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