« Mon enfance a été pour moi une préparation à Koh-Lanta », confie Teheiura

  • Teheiura, qui a participé quatre fois à « Koh-Lanta », sort « Aventurier dans l’âme ».
  • Dans ce livre, il raconte notamment son enfance en Polynésie, son arrivée dans l’Hérault, à l’âge de 20 ans, ou ses épreuves d’immunité à l’autre bout du monde.

Il était l’un des « héros » du Koh-Lanta qui avait passionné les Français pendant le confinement.
Teheiura, qui a participé quatre fois depuis 2011 à la célèbre émission de TF1, raconte, dans le livre Aventurier dans l’âme, son enfance en Polynésie, son arrivée dans l’Hérault, à l’âge de 20 ans, ou ses épreuves d’immunité à l’autre bout du monde, qui l’ont fait rentrer dans le cœur des téléspectateurs. Le chef, qui office dans un food-truck à son effigie dans le Biterrois, a répondu aux questions de 20 Minutes.

Grandir en Polynésie, vous racontez dans votre livre que ça enseigne l’aventure.

Oui, vraiment. Je n’étais pas un élève modèle, j’étais beaucoup plus dans la brousse, avec mes copains, ou mes parents. Ça a été toujours été un kif pour moi. Adolescent, dans les camps de vacances, où j’allais, j’attendais avec impatience les épreuves de survie. Je le prenais vraiment à cœur. J’aimais manger ce que l’on pouvait trouver dans la nature, pêcher avec peu de moyens… J’étais, à l’époque, aide animateur. Il m’arrivait de montrer aux autres adolescents comment faire pour se débrouiller dans la nature.

Vous avez retrouvé, dans Koh-Lanta, ce qu’était la Polynésie de votre enfance…

Absolument. Mon enfance a un peu été une préparation à mes participations à Koh-Lanta. Le premier jour où j’ai mis le pied sur le sable, en 2011, je me suis senti comme chez moi, en Polynésie. J’ai accompli les mêmes gestes que j’accomplissais, plus jeune.

A l’âge de 20 ans, vous avez quitté la Polynésie pour gagner la métropole, à Montpellier. L’arrivée en métropole fut un choc pour vous ?

Le choc, ce fut l’aéroport, à Paris. Je suis arrivé en tongs, en short, avec un sweat, en plein mois de septembre. Ça caillait ! Sortir de 25 ou 30 degrés, et arriver à 18 degrés, c’est un choc, oui. Je me suis rapidement dit « Mais qu’est-ce que je fais là, je remonte dans l’avion, je repars tout de suite ? ». De la grande ville, je ne connaissais rien.

Vos camarades, au lycée Jean-Mermoz, à Montpellier, vous disaient « Mais qu’est-ce que tu es venu faire ici ? C’est le paradis chez toi ! ». Alors, qu’est-ce que vous êtes venus chercher en métropole ?

C’était vraiment le type de questions qu’on me posait tout le temps ! J’étais venu pour mes études. Je devais rester quatre ou cinq ans, pour passer un bac professionnel, puis un BTS. Et la vie a fait que j’ai rencontré Céline, qui est devenue ma femme. Et aujourd’hui, on a quatre enfants ensemble… Mais plus jeune, c’est vrai, lorsque j’étais interne au lycée, il m’arrivait d’avoir le mal du pays. Surtout lorsque le jour se couchait, à 17 heures ! Mais je me suis assez vite adapté, vite intégré, notamment à travers le sport.

La première fois que vous avez vu Koh-Lanta à la télévision, vous avez accroché tout de suite ?

La survie, les épreuves… C’était mon univers. Je me suis dit que c’était une émission que j’aurais aimé faire. Je n’osais pas postuler, je me disais qu’ils n’auraient jamais pris un gars des îles comme moi… Céline m’a poussé à le faire, en me disant que je n’avais rien à perdre. J’ai candidaté. J’étais très réservé, je me suis retrouvé face à un grand jury, avec une caméra braquée sur moi… Je n’arrivais pas à aligner une seule phrase ! J’étais persuadé que c’était foutu. Mais je n’ai rien lâché, j’ai repostulé, et ça l’a fait.

Quel souvenir avez-vous de vos premiers pas sur l’île, lors de votre participation ?

Quand j’étais dans mon canapé, que je regardais tranquillement l’émission, je me suis toujours dit « Mais pourquoi est-ce qu’ils ne mangent que des noix de coco ? Il doit y avoir autre chose ! ». Et, quand j’ai débarqué sur l’île, la toute première chose que j’ai mangé, c’est… une noix de coco. J’ai eu un fou rire, j’étais plié en deux !

Vous racontez dans le livre la fameuse scène de l’appel aux proches, qui déclenche à chaque fois des torrents de larmes… Vous critiquiez, dans votre canapé, les candidats, pensant qu’ils jouaient la comédie.

C’est exactement la même chose que pour la noix de coco ! Je me souviens que je me suis effondré quand j’ai eu Céline au téléphone, quand elle m’a dit qu’elle venait de déposer mon enfant à la crèche. Je n’attendais même plus sa voix, je pleurais.

Aujourd’hui, évidemment, on vous reconnaît dans la rue, votre visage était, en 2011, sur toutes les Unes des magazines TV…

Le fait de se voir sur les magazines, c’est un choc ! J’étais loin, loin, de tout ça. Quand on me reconnaissait, quand on m’appelait par mon prénom dans la rue, ça m’étonnait toujours. Mais ça a toujours été de belles rencontres. Je me souviens d’une dame d’un certain âge, dans un supermarché, qui m’a pris par la main, alors que je poussais mon chariot. Elle avait les larmes aux yeux, elle m’avait félicité. J’étais vraiment très touché.

Comment se porte votre food-truck, à Béziers ?

Ça va, ça roule très bien ! On a fait une très bonne saison, après le confinement. Et puis Koh-Lanta venait tout juste de se terminer, ça a sans doute aidé. L’objectif, aujourd’hui, c’est d’ouvrir un restaurant. Mais il y aura toujours un food-truck, car j’aime aller à la rencontre des gens, partager ma culture tahitienne à travers ma cuisine.

Pour finir, une bonne fois pour toutes, et après on n’en parle plus : pourquoi n’avez-vous pas sorti de collier d’immunité lors du dernier Koh-Lanta ?

(Il rit) Ce sont des choses qui arrivent dans la vie de tous les jours, on oublie des choses, même très importantes ! Je ne sais pas, il y a des choses qui nous perturbent, et c’est comme ça. J’étais vraiment concentré sur le fait que Charlotte [une candidate de la saison des héros] devait sortir le sien à ce moment-là. J’étais vraiment très déçu à la sortie, mais avec le recul, je n’ai aucun regret pour cette aventure.

Source: Lire L’Article Complet